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| Camden, NJ - Jean-Christian Bourcart
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| / Camden, NJ - Jean-Christian Bourcart / 40 ans de Ruptures
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Camden, NJ - Jean-Christian Bourcart
40 ans de Ruptures
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Exposition :
Du mardi 07 juillet 2009 au dimanche 13 septembre 2009
Ça me touche, les invités de Nan Goldin
Auteurs : Jean-Christian Bourcart.
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CAMDEN, N.J.
Cela semble un peu absurde, mais jai juste cherché sur le Web « the most dangerous city in the USA ».
Peut-être, je voulais retrouver cette étrange énergie qui se dégage des lieux où les règles et les contraintes sociales sont abolies ou affaiblies. Un sentiment de liberté mêlé à lexcitement du danger.
En tête de liste, jai trouvé Camden, New Jersey, à deux heures de New York. En y allant, jai découvert le visage de la pauvreté ordinaire cachée derrière les stigmatisations médiatiques. Les gens sont durs, mais les sourires édentés réchauffent le cœur, et quand je me suis fait dévaliser par une prostituée, elle ma rendu dix dollars pour ne pas me laisser dans le pétrin.
La ville a deux plans superposés, entremêlés, intriqués, lun évident, géométrique, exotérique, celui des rues, des voitures, des rares boutiques et des industries toxiques. Lautre est celui des maisons éventrées ou des usines squattées pour se défoncer ou pour le commerce du sexe.
Au début je photographiais les « crackheads » (personnes dépendantes au crack) dans la rue pour deux dollars la séance. Le prix dun petit cailloux de crack. Et puis jai rencontré Suprême, que je paie 20 dollars chaque fois quil mintroduit dans une maison. Pendant que je shoote, il baratine les gens, prétendant être un étudiant en art ou un flic « undercover ».
Jy retourne régulièrement, ramenant et distribuant les photos déjà prises. Je suis devenu une sorte de photographe de quartier, ce qui me force à considérer quelle image je donne à voir de mes modèles. Jessaie de ne pas faire de style, de prendre de belles photos de famille.
Ce qui mintéresse cest ce que nous avons en commun avec les gens de Camden. Mais à la fois, on photographie toujours une différence. Coincé entre « Regardez comme ils sont pauvres, déchus. Contemplez comme vous avez de la chance de ne pas leur ressembler » et « Regardez, ils nous sourient, ils ne sont pas si malheureux », je ne sais pas ce que je veux raconter. Je me demande si cela sert encore à quelque chose de rajouter du spectacle au spectacle. Peut-être, il sagit juste de donner à penser au sujet de la grosse machine économique et sociale qui nous embrasse et nous répudie et sur les interstices de liberté et de chaleur que les humains se débrouillent toujours à préserver face à elle. Peut-être est-ce juste pour vérifier qu’il est toujours possible d’aller vers l’autre, aussi éloigné, étranger qu’il nous paraisse. Peut-être est-ce même l’action la plus nécessaire, indispensable : un devoir pour nous qui ne sommes pas bloqués dans des ghettos aux murs invisibles.
Jean-Christian Bourcart
Tirages réalisés par Janvier, Paris.
Encadrement par Jean-Pierre Gapihan.
Courtesy galerie VU’, Andrea Meislin Gallery.
Représenté par l’agence Rapho, Paris.
L’auteur tient à remercier Olympus
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| photographie.com : 2009-07-07 |
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