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Le Nikon D3
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Fiche technique
/ Le Nikon D3 / par Thierry Dehesdin / page 1

Le Nikon D3 est le premier boîtier Nikon numérique full frame : un appareil équipé d’un capteur dont la surface est identique à celle d’un négatif 24x36. 
Louvre – Nikon D3 – 14/24 mm – f/2,8 14 mm – 400 Iso – 1/200 sec – F/7,1 © Thierry Dehesdin 

Canon ayant introduit sur le marché son premier appareil full frame dès la fin de 2002, une éternité à l’aune du numérique, cet appareil était attendu avec impatience par les photographes professionnels équipés d’objectifs Nikon.


1) Format FX, Format DX :

Ces deux abréviations se réfèrent à la superficie des capteurs utilisés par Nikon. 
Nikon D2x – 14 / 24 mm f/2,8 14 mm – 800 Iso – 1/30 sec ΰ f/2,8 © Thierry Dehesdin 

Le format DX :
Le format DX désigne chez Nikon un capteur numérique de 24x16 mm. Sa surface est donc égale à la moitié de la surface d’une photographie au format 24x36. C’était jusqu’à présent le format utilisé par Nikon dans tous ses boîtiers numériques et c’était souvent perçu comme un compromis, une solution transitoire, par de nombreux photographes.
La plupart des fabricants d’appareils 24x36 produisent des boîtiers numériques reflex compatibles avec leur gamme d’objectifs argentiques, mais équipés d’un capteur numérique dont la surface est plus petite que 24 x 36mm, la norme des appareils argentiques dont ils sont les successeurs. L’explication en est à la fois économique et technique.

Le prix de revient d’un capteur n’est que marginalement impacté par le nombre de pixels qui sont gravés dessus. Par contre, il croit de façon exponentielle avec sa surface. C’est ce qui explique, en partie, que l’on peut trouver des téléphones portables, à des prix défiants toute concurrence, dotés de capteurs minuscules mais offrant une résolution de 5 ou 6 mégapixels et qu’inversement le coût des dos moyen format numérique soit aussi élevé.
De plus, certains objectifs qui donnaient d’excellents résultats en argentique, sont devenus médiocres avec le numérique. L’incidence des rayons lumineux par rapport au plan du capteur soulève un problème spécifique, particulièrement sensible avec les objectifs grand angle, qui n’existait pas en argentique, et que le format DX permet de réduire ou même d’éviter dans la mesure où l’objectif ne couvre que le centre du capteur.
Enfin, les lois optiques font que moins le couverture d’un objectif est grande (la taille de l’image projetée par l’objectif sur la surface sensible) et plus sa conception est simple et économique. Ce nouveau format a donc permis de fabriquer une nouvelle gamme d’objectifs, donnant d’excellent résultats parce qu’ils ont été développés spécialement pour le numérique, moins lourds, moins encombrants et moins coûteux à produire que s’ils avaient été développés pour des capteurs 24x36. 
Deauville Morny – Nikon D3 – 24/70 mm f/2,8 35 mm – 3200 Iso – 1/100 sec ΰ f/5 © Thierry Dehesdin 

Tout le monde n’a pas été pas également impacté par ce nouveau format. Les photographes qui utilisent essentiellement des téléobjectifs, pour la chasse photographique par exemple, y ont même trouvé leur compte. Généralement, à qualité comparable, un téléobjectif sera d’autant plus coûteux que sa focale est longue. Or avec le format DX, un 200 mm devient l’équivalent d’un 300 mm en 24x36. Mais à l’inverse, les photographes qui affectionnent les objectifs grand-angle voient avec consternation leur 20 mm devenir un 30 mm. Pour contourner cette difficulté, différents fabricants d’optiques ont lancé assez rapidement des optiques grand-angle optimisées pour la photographie numérique au format DX, telles que l’AFS DX 12-24 F/4G Nikon (équivalent d’un 18-36 mm en 24x36), pour réconcilier les amateurs d’objectifs grands-angulaires avec ce nouveau format.
Dans la pratique, les boîtiers au format DX ont gardé l’aspect et l’encombrement des appareils argentiques, ils sont compatibles avec les optiques développés avant l’invention du numérique, mais l’angle de champ des objectifs est affecté par la réduction de la surface sensible comme je l’explique de façon détaillée dans mon cours

Le format FX :
    Le format FX désigne le nouveau capteur d’une surface de 24x36mm qui équipe le Nikon D3.  Il a gardé son attractivité pour un grand nombre de photographes. D’une part les photographes sont gens d’habitudes. Ainsi bien que je travaille depuis plusieurs années avec des boîtiers DX, je réalise toujours la conversion vers le format 24x36  pour apprécier la focale d’un objectif. C’est un syndrome équivalent à celui vécu par de nombreux européens qui continuent de convertir mentalement les prix dans leur monnaie nationale malgré le passage à l’Euro… Retrouver le format 24x36 en numérique a sans doute une dimension symbolique, réconfortante dans un univers où tout c’est profondément modifié. D’autre part, à technologie égale, pour un nombre de pixels donnés, plus grande sera la surface du capteur et meilleur sera la qualité de l’image. C’est ce qui explique par exemple que les photographies réalisées avec les derniers téléphones portables et leurs capteurs minuscules mais dotés de 6 mégapixels, ne sont en rien comparables avec les photographies que l’on peut réaliser avec un appareil photo doté du même nombre de pixels tel que le Nikon D70. 
Chalutier – Nikon D3 - 24/70 mm f/2,8 24 mm – 3200 Iso – 1/50 sec ΰ f/3,5 © Thierry Dehesdin 

Nikon a préservé la compatibilité du Nikon D3 avec les objectifs développés pour le format DX et l’on peut donc utiliser ses optiques DX sur le D3. Cependant, il n’y a pas de miracle, seule la surface équivalente au format DX est alors utilisable, et le nombre de pixels utiles pour la photographie est réduit de moitié.
Le Nikon D3 permet de choisir entre un recadrage automatique ou l’enregistrement d’une image plein pot qu’il faudra recadrer à l’editing. Avec le recadrage automatique,  l’appareil reconnaît automatiquement les objectifs au format DX, le viseur s’obscurcit en périphérie pour ne montrer dans le cadre que ce qui est réellement photographié et l’appareil enregistre une image de 2784 x 1848 pixels (photo de gauche). Si on utilise la totalité de la surface du capteur, on fait apparaître un vignettage spectaculaire comme dans la photo de droite. Sa forme étrange a été générée par le pare soleil de l’objectif.  Nikon a eu raison de laisser la possibilité à l’utilisateur d’utiliser toute la surface du capteur dans la mesure où, selon l’optique, le diaphragme et la présence ou non d’un pare-soleil, la couverture de l’objectif pourra être supérieure à ces 2784 x1848 pixels. 
Dx sans vignettage | Dx avec vignettage © Thierry Dehesdin 

La reconnaissance des objectifs DX associée au recadrage automatique est une façon élégante de se concilier les possesseurs d’optiques DX qui souhaiteraient acquérir aujourd’hui un boîtier FX sans verser de larmes sur leurs investissements passés. Malheureusement, il est devenu  commercialement presque impossible de livrer aujourd’hui,  une image de ce poids à un client.  Par contre si la rumeur qui monte aujourd’hui sur Internet, à savoir un boîtier Nikon FX équipé d’un capteur 24 mégapixels, se confirmait,  les objectifs DX permettraient d’obtenir sur ce boîtier des photographies de plus de 10 mégapixels, et l’utilisation des objectifs DX avec des boîtiers FX deviendrait une réelle alternative. 
photographie.com : 2008-05-23

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