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Le Nikon D3X
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Fiche Technique : Nikon D3X
/ Le Nikon D3X / Test par Thierry Dehesdin / A/ Introduction

De nombreux tests ont déjà été réalisés sur le Nikon D3X. Cependant aucun de ces tests ne me permettait de répondre aux 3 question que je me posais avant d’envisager d’investir 7000 euros TTC dans ce nouveau boîtier :

− Le Nikon D3X est-il de nature à améliorer significativement les fichiers que je délivre aujourd’hui à mes clients ?
− Peut-il réellement concurrencer les dos moyens-formats ?
− Dans un contexte économique extrêmement difficile, est-ce le bon moment pour réaliser un investissement d’environ 5800 euros H.T. (7000 TTC) dans un nouveau boîtier?


Pour ce faire, j’ai testé le D3x (capteur FX d’une surface de 24x36mm et d’une résolution de  24 Mégapixels, 6048x4032 pixels) en le comparant au Nikon D300 (capteur DX de 23x15 mm, d’une résolution de 12 Mégapixels, 4288x2848 pixels), au Nikon  D700 (capteur FX d’une surface de 24x36mm et d’une résolution de 12 Mégapixels, 4256x2832 pixels), et à un dos Leaf Aptus 65 (capteur de 44x33 mm d’une résolution de 28 Mégapixels, 6048x4550 pixels) monté sur un Mamiya RZ II Pro.

J’ai cherché à mettre en évidence 3 éléments pour comparer ces capteurs:
La définition (la capacité de chaque capteur à reproduire les détails les plus fins);
La dynamique (l’écart que l’appareil est capable de reproduire entre les valeurs les plus claires et les plus sombres de l’image);
Le gamut (la subtilité et l’étendue des nuances colorées que le capteur est capable de reproduire). 
Le Nikon D3X 
Le protocole: 

Mes clients ne me commandent pas des photographies pour les afficher à 300% sur leur écran, mais pour les imprimer sur des supports divers. De ce fait, la comparaison à 100% à l’écran d’images issues de ces appareils n’a, à mes yeux, guère de sens.  Pour une même utilisation, un fichier issu du D3x sera toujours 2 fois moins agrandi que celui d’un D3 ou d’un D300. Plutôt que d’augmenter ou de réduire la résolution d’origine des fichiers pour les afficher à l’écran dans un rapport identique, j’ai réalisé des tirages des photographies pour me rendre compte du moment où la résolution supérieure du D3x faisait (ou non) la différence.
    Pour que cette comparaison soit valide, il me fallait faire en sorte que le cadrage soit identique. Ce n’est pas l’appareil, mais le sujet qui détermine mon cadrage. J’ai également utilisé autant que possible les mêmes optiques, pour juger les capteurs et non les optiques. Et enfin j’ai toujours essayé d’utiliser ces optiques entre 8 et 11 pour travailler avec l’ouverture qui permettait à l’objectif de donner le meilleur de lui-même. La surface du capteur de Nikon D3x étant deux fois plus grande que celle du D300, pour maintenir le cadrage, j’ai soit déplacé l’appareil lorsque j’utilisais une focale fixe, soit fait varier le zoom lorsque je ne pouvais pas me déplacer. J’ai également utilisé un pied à l’ancienne (lourd et stable...),  le retardateur et le relèvement du miroir, pour éliminer tout bougé à la prise de vue.
    Faire un tirage suppose que l’on gonfle ou que l’on réduise le fichier source en fonction de la résolution d’impression appropriée à la taille du fichier source et à la résolution d’impression adaptée au format du tirage. Les écoles sur ce sujet sont diverses.      J’ai respecté mon workflow habituel qui me donne toute satisfaction. Mes prises de vue sont réalisées en raw, et je sauvegarde mon image en tif 16 bits dans sa résolution native avec un petit coup de « Smart Sharpen » dans Photoshop avant de lancer l’impression avec Qimage http://www.ddisoftware.com/qimage/ qui gère de façon transparente ces problème de résolution de fichier source et de résolution d’impression. J’ai utilisé du papier HP Premium Instant Dry Gloss Photo Paper et mon imprimante HP Z3100. Ce n’est pas ma surface préférée en matière de texture, mais c’est sans doute une de celles qui donnent la meilleur définition.
    Bien que pendant les 20 premières années de ma carrière, j’ai utilisé presque exclusivement  le 4x5 ’’, l’évolution récente de mon travail et de ma clientèle a fait que je n’ai pas d’expérience pratique du moyen format numérique. Pour être certain de ne pas réaliser d’erreurs qui désavantageraient le moyen-format, je me suis fait aider pour tester le dos Leaf, par Vittorio Bergamashi, qui réalise principalement des natures mortes pour la publicité et travaille essentiellement en moyen format numérique. ( www.vittoriobergamaschi.com
Le workflow : 

Pour réaliser ce test qui ne considère que la qualité des images, j’ai utilisé exclusivement le format raw. Pour ouvrir les raws, je me suis servi de Photoshop CS4 ( avec Adobe Camera Raw) ou de Nikon Capture NX2.
    Avec des fichiers Nef compressés sans perte d’environ 30 Mo qui vont peser 140 Mo une fois ouvert en 16 bits dans mon logiciel de traitement d’image, les ordinateurs sont soumis à rude épreuve.   Photoshop CS4 a plutôt bien réagi à condition de ne pas ouvrir trop d’images simultanément dans l’espace de travail. L’utilisation de l’utilitaire Adobe Camera Raw (ACR) reste fluide. NX2 par contre, qui supportait déjà mal la comparaison avec ACR pour ouvrir mes fichiers de 12 Mégapixels, est devenu une vraie punition avec ma machine et les fichiers du D3X. Le traitement d’une image est possible, mais le temps que prend chaque intervention sur un fichier raw est vite insupportable et je n’ose pas imaginer ce que donnerait mon workflow habituel, lorsque je rentre d’un reportage avec plusieurs centaines d’images.
    En ce qui concerne la définition, je n’ai pas vu de différence entre les images dérawtiser avec Photoshop et celles qui l’étaient avec NX2.
    Par contre, le rendu en termes de contraste et de colorimétrie est nettement différent. NX2  (Espace colorimétrique: Adobe RGB, Optimisation d’image: standard ) donne des résultats plus flashy, plus séduisants mais sans doute moins fidèles qu’Adobe Camera Raw (espace colorimétrique Pro RGB, camera profile: Adobe standard). On pourrait comparer cela à la différence entre la Velvia et l’Ektachrome en argentique.
    J’aurais sans doute pu modifier cette situation en changeant « l’ optimisation d’image » dans Nx2 ou le « camera profile » dans ACR. Mais ce n’était pas les dérawtiseurs que je voulais tester, et ce test m’a semblé déjà suffisamment long et compliqué comme cela.
J’ai utilisé, selon les cas, NX2 ou ACR pour ouvrir les fichiers raw, mais bien entendu à chaque fois que je compare le rendu de 2 boîtiers sur une prise de vue, c’est en utilisant le même logiciel pour ouvrir les raws. 
Site Web de Thierry Dehesdin : www.dehesdin.com 
photographie.com : 2009-03-24

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