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Juillet 2002 / Collectif ITEM
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[Présidentielles 2002]

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/ Juillet 2002 / Collectif ITEM / Bertrand Gaudillère & Fred Gayral / Samir Khamassi
En suivant l’actualité Lyonnaise de l’entre deux tours des présidentielles 2002, item a rencontré différents acteurs de la vie politique et associative locale. Parmi eux, Samir Khamassi. Avec Marta de Tena, journaliste indépendante et collaboratrice régulière d’item, nous avons suivi sa campagne pour les législatives. 
Lyon, mard i 13 mai, rue St Jérome, 18 H, Samir récupère son camion de campagne. ©Bertrand Gaudillere / item 

Samir Khamassi, né à Tunis il y a trente-trois ans, est élu à Vaulx-en-Velin (Rhône) depuis plus d’un an. Lors des dernières élections législatives, il se mesurait à deux figures nationales, Charles Millon et Jean-Jack Queyranne. Avec 3,31% des voix, sa course à prit fin le 9 juin, soir du premier tour. L’Assemblée, ce n’est pas pour tout de suite. Il ne cache pas sa déception, sa peine de constater une abstention record, même par ce temps de FN. Fatigué mais vaillant, c’est aujourd’hui que sa campagne pour les législatives 2006 commence. « Quelque part j’ai gagné, parce que je me suis mis sur la place publique et que je me suis engagé sur le long terme. Le but n’était pas d’être député aujourd’hui mais de faire bouger les choses.» Au PS on le trouvait impatient. Il est parti. « Pressé, moi ? Les techniciens du système font constat sur constat, mais personne n’agit. La situation n’a pas changé depuis vingt ans. Et aux gens qui attendent dehors, je leur dis quoi ? » "Pas un seul député maghrébin, pas un seul maire arabe en France!" L’indignation de Samir se renouvelle à chaque fois qu’on aborde le sujet. Sa participation à la vie politique était une suite logique à son militantisme associatif «parce que les leviers de commande sont dans la politique.» Il voudrait dire à l’Assemblée « comment les gens de nos quartiers vivent, de quoi ils vivent et de quoi ils souffrent » La banlieue, le terrain, Khamassi s’y connaît. « J’ai un parcours qui ne peut pas mentir : CAP mécanique générale, chômage, intérim. Le lot d’un enfant d’immigrés. Il y a cinq ans personne n’aurait cru que je pouvais créer ma propre entreprise Pub et Com, - 69000 euros de chiffre d‚affaires - avoir une maison. Ensuite, après les émeutes de 95, je me suis investi dans une assoce locale d’entrepreneurs. Je voulais montrer que l’origine ne compte pas, qu’on peut être arabe, jeune, travailleur, et chef d’entreprise »  

Il se bat pour changer l’image des banlieues. « Quand on parle de nos quartiers, on pense au 10% qui foutent la merde. Je ne veux pas attendre que ce problème soit résolu pour m’occuper des autres 90%.» Ses propositions sortent tout droit du «Parlement des banlieues», une initiative de l’association «Agir pour la citoyenneté» (APC) dont il fait partie. « Il faut casser les ghettos, dans l’urgence. Les gens ne sont pas libres d’habiter où ils veulent. Quand on dit des zones de non-droit, il faudrait comprendre qu’on a enlevé aux habitants tous leurs droits. On veut que les demandes de logement soient anonymes, que la sélection se fasse uniquement sur des critères sociaux. Même topo pour les entreprises et les demandes d’emploi par l’ANPE» . Son cheval de bataille est la participation. Khamassi s’insurge « On ne fait pas confiance aux gens, on gère, on gère, on leur dit, vous avez d’autres soucis, comme s’ils étaient des incapables. Il faut convaincre les gens qu’ils font partie de l’équipe de France des citoyens.» Sa première action comme élu municipal à l’environnement est allée dans ce sens.« Les Ambassadeurs du tri de déchets n’osaient pas aller dans la ZUP, de peur de se faire agresser. J’ai dit, je viens avec vous. On a organisé des réunions de quartier, un passage des ambassadeurs dans les apparts, un camion sur les marchés ! Le même traitement qu’à Lyon. Sur les premières semaines on a eu des meilleurs chiffres de tri à Vaulx qu’ailleurs ». Politique d’intégration ? « Nous sommes déjà chez nous, c’est un mot que je refuse complètement. Je crois plutôt en une politique d’affirmation d’une appartenance ». Samir Khamassi est français officiellement depuis 98, il a voté pour la première fois en 99. Il voudrait simplifier la procédure de naturalisation, «pour les résidents en France qui font le choix volontaire d’adhérer aux valeurs de la République.» Le FN dans sa circonscription avait remporté 21% des suffrages lors des dernières législatives. « Avec APC, on n’a pas attendu le séisme des présidentielles pour faire agir les gens. On a entamé en décembre une opération d’inscription sur les listes électorales, on a insisté entre les deux tours et on reprend en septembre prochain.» Et surtout, il cherche la distance zéro entre électeurs et élus.« Si j’ai un mandat je veux qu’on puisse venir me dire, mais tu avais promis ça. C’est le droit que je donne à chaque personne que je rencontre ». Marta de Tena 
photographie.com : 2002-07-16

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