[Magazine]
[Selectionnés]
( archive Selectionnés)


L’Image numérique comme outil de fabrication d’un tableau
> Présentation
page 2
page 3
page 4
page 5
page 6
page 7
page 8
page 9
page 10
page 11
page 12
page 13
page 14
Biographie

En savoir plus :

Guillaume Dimanche

événement
Bourse du Talent #24

En savoir plus
Bourse du Talent #24 / L’Image numérique comme outil de fabrication d’un tableau / Guillaume Dimanche / Présentation
Lyon : hiver 2003/04
Un parcours dans une ville entre deux grands fleuves. Un jour, comprendre son habitation, sortir sous les ponts magnifiques, modernes, bétonnés. La nuit, se faire surprendre par Bonaparte, encore un pont, des flèches d’églises. Les reflets dans la Sa?ne font lever les yeux : Ave Maria ! Lumières blanches, vertes et jaunes. Les sous-bois de la ville, rues sombres faibles éclairages blancs. Par une entrée, le traboule rouge, des arbres à escargots, des escaliers cinématographiés. Le ciel est enfermé dans son écrin. La grande roue s’installe sur la place. Elle est en morceau, vertébrée sans vie, encore squelettique. Objet mort déjà, avant de tourner des nuits durant sur la grande place, ou les faisceaux atteindront parfois des couches sous les étoiles.  
L’image numérique comme outil de fabrication d’un tableau 

Saisir avec une caméra photographique (still camera) des séries complexes d’images, les juxtaposer puis les superposer pour reconstruire un champ de vision vécu et mémorisé. Imaginer à nouveau pour montrer un objet complexe, une histoire. Prendre la caméra vidéo comme source d’images fixes, Ç la réalité 25 fois par seconde È (J.-L. Godard). En perŸant le cadre de l’objet vu avec le film rapproché, le zoom permanent sur ses parties constituantes va jusqu’à l’abstrait, il disparaît pour laisser apparaître les détails prenant tellement d’ampleur qu’ils sont le sujet lui-même. Parmi le millier d’images fixes qui sort d’une séquence filmée, un dixième sont sélectionnées pour se joindre dans un tableau d’une autre dimension. Des lignes et perspectives jouées pour rythmer l’intérieur du cadre, certaines abondances, des manques, des détails, des parties pour signifier les mélanges et les absences fabriqués par la mémoire. Le point de vue général est serré. Le regard large est possible en de rares occasions o? l’esprit sera suffisamment dégagé pour prendre en compte tous les éléments qui composent le champ de vision. Impossible de voir un paysage dans sa totalité. La vue est fabriquée par les neurones en successions de petites images, point de vue unique, recomposée par le gélatineux cerveau. La caméra est toujours en main. Absence de stabilité ; la caméra, les mouvements d’images transmettent les vibrations de l’environnement, même en cas de déplacement mécanique d? par n’importe quel moyen de transport. Par ce biais, saisir la poésie et donner des sensations physiques. Figurer l’oeil dans ses mouvements. Dans les plans larges on ne distingue qu’une partie d’un ensemble. L’Ïil ne capte pas les détails. Les petits éléments parfois en mouvement viennent composer les formes de l’objet. Les images vidéo montées donnent à voir une scène à temps variable. Elles se superposent sans se mélanger les unes aux autres, apparaissent par divers liens dans l’image, le son, ou encore de manière impromptue et aléatoire. Toutes désignent la complexité du sujet désigné. Plusieurs objets sont inclus dans un film pour donner un maximum de points de vue sur celui qui sera définitif. Montrer la globalisation des charges qui pèsent dessus. La construction, la gestion qui est faite implique des résonances sur l’alentour général, imperceptible. Si la qualité du support digital est utilisée, dans un travail de frottement, de compression, en faisant sortir la matière qui le compose, c’est pour rendre sensible la puissance agressive de ces outils, leur surabondance dans notre environnement, la déformation de l’information d?e aux réseaux, l’absence de fiabilité dans le temps. 
photographie.com : 2004-12-01

1 / 15

page suivante >

recherche