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Public school
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Stéphanie Cardon

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[Bourse du Talent #25]
Bourse du talent #25 / Public school / Stéphanie Cardon / Introduction

Public School est une série sur l’adolescence vécue dans un pensionnat anglais. Ce contexte particulier m’interessait par sa nature close et protégée. Au lieu de traiter uniquement de l’ado moderne, j’étais curieuse de voir comment des jeunes s’affirment au sein d’une institution où, en plus d’y poursuivre leur scolarité, ils sont invités à vivre selon une tradition et un règlement stricte. J’ai choisi de photographier les moments de recréation ou de pause entre les cours, instants de la journée qui appartiennent aux pensionnaires. On s’aperçoit que les adolescents ne quittent finalement jamais un uniforme, qu’il soit imposé par l’école, dans les activités sportives ou militaires, ou dicté par les publicités et célébrités affichées dans leurs chambres. Pour le pensionnaire, le désir d’individualité passe d’abord par des modèles et des contre-modèles (étudiants, acteurs, professeurs, parents). L’étudiant doit intégrer un groupe, une communauté, avant que ceux-ci ne le distinguent comme individu. Malgré leurs sentiments parfois ambigus pour le pensionnat, entre dépendence et rejet, les étudiants s’approprient l’institution pour lui inventer une histoire et des traditions officieuses. Une identité de groupe vient supplanter l’affirmation individuelle. Les étudiants se regénèrent sans cesse comme des types que nous reconnaissons : les sportifs, les timides, les sexuellement précoces, les doués. Ils se lèguent des surnoms (Peewee allant systématiquement au petit de taille). Des traditions muettes s’établissent, transmises par imitation d’année en année, des lieux de rendez-vous clandestins à la façon de laisser les livres le long d’un muret pendant l’assemblée du matin. Tous les espaces absorbent et racontent l’histoire des gestes répétés et les traces de passages successifs. L’accumulation de ces traditions étudiantes et leur enchevêtrement avec l’histoire officielle de l’établissement a construit un environnement en relation au monde extérieur contemporain mais obéissant à son propre code. Le pensionnat opère comme un microcosme intemporel grce à ce mélange et s’alimente du jeu de rôles qui s’établit tous les ans. En adoptant ces rôles, officiels ou sociaux, les pensionnaires assurent la perpétuité d’un rituel et fondent le passage constant et toujours renouvellé de l’adolescence.  
photographie.com : 2005-05-31

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