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| Sélection Bourse du Talent #25 / Le couloir de loubli / Terry Pollack
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Les enfants de la rue en Roumanie
Aujourd’hui, ils sont des milliers d’enfants à vivre dans les rues de Bucarest, la capitale de la Roumanie. Quinze années après la Révolution qui a renversé le gouvernement communiste, subsiste encore le problème de ces enfants vivant dans les rues et les égouts. A l’époque de Ceaucescu, l’ancien dictateur communiste obligeait les femmes à donner naissance à cinq enfants minimum, toutes formes de contraception étant interdites. Aussi les femmes célibataires de plus de 25 ans et les couples sans enfants étaient-ils lourdement imposés. Tandis que Ceaucescu dépouillait son pays sur le plan économique, des familles, dans l’impossibilité de subvenir aux besoins de leurs propres enfants, étaient réduites à abandonner des milliers d’entre eux. Beaucoup de femmes mourraient en couches du fait de la malnutrition et des conditions médicales déplorables qui régnaient dans le pays. D’où cet héritage des orphelins roumains.
Actuellement, les orphelinats ne valent guère mieux qu’à l’époque du communisme. Les enfants abandonnés y sont souvent livrés à eux-mêmes, et beaucoup meurent. Dans la plupart des cas, ils fuient la violence des orphelinats et des foyers d’enfants pour se retrouver dans la rue. Privés d’amour, ils deviennent souvent violents et leur colère se retourne contre la société qui les a abandonnés. D’autres ont fui des foyers désunis et des situations où l’on abusait d’eux. Pour ces enfants et ces jeunes adultes, il n’y a nulle part où aller. Mais ce que ces enfants désireraient vraiment, c’est une famille aimante et un foyer à eux.
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A présent, la plupart des enfants et des jeunes familles vivent dans les égouts, les rues et les squats. Des villas, merveilleuses à leur époque, mais actuellement en ruines, servent d’abris aux familles indigentes qui cherchent à donner au moins un toit à leurs enfants. Depuis l’époque de Ceaucescu, le manque d’éducation influence le destin d’êtres innocents et il y a encore beaucoup d’enfants abandonnés à la naissance. Si la camaraderie prévaut parmi les enfants de la rue, de nombreux dangers les menacent. Les plus jeunes et les filles sont des proies faciles pour les cercles de prostitution et de pédophilie. Ainsi nombreux sont ceux qui s’exposent au HIV. Les grands se servent des petits afin de gagner de l’argent pour se procurer de la drogue. La plupart des enfants inhalent de la peinture dans des sacs plastique, moins cher que la colle. Elle sert de coupe-faim et cache leur honte face à la société. De l’inhalation de la peinture à la consommation de l’héroïne il n’y a qu’un pas, un engrenage vers une délinquance grandissante.
En 2004, lors de mes premiers voyages à Bucarest, aux côtés de ces enfants et de leurs jeunes familles, j’ai découvert un monde sombre, laissé dans “le couloir de l’oubli”. Mon objectif est de créer un livre et des expositions qui illustrent et dénoncent la tragédie de ces jeunes gens qui meurent dans l’oubli tous les jours.
Terry Pollack - 2005
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| Films Kodak Professional utilisés |
| TriX - Tmax 3200 en format 135 |
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| photographie.com : 2005-06-01 |
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