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| Bourse du talent #25 / Voskopoja, "Ubi bene ibi patria" / Franck Vogel
/ Présentation
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| Les foins en famille |
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Voskopoja, "Ubi bene ibi patria"
La plaine des bergers Vlachs
En juillet 2004, l’association Patrimoine sans frontières m’a proposé de photographier bénévolement son programme de restauration patrimonial à Voskopoja en Albanie. Trois semaines plus tard, j’immortalisai les fouilles archéologiques et le chantier-école de restauration de peintures murales d’une des 5 églises Orthodoxes rescapées des attaques endurées les deux derniers siècles. C’est à ce moment là que j’ai découvert l’existence des les Vlachs ou Aroumains, minorité européenne en voie de disparition, et l’histoire tragique de Voskopoja, la deuxième ville de l’Empire Ottoman au 18e siècle ! Fort de mes entretiens avec Dohri Falo (79 ans), ancien instituteur du village et parfait francophone, je me suis passionné pour ce peuple nomade descendant des légionnaires de l’Empereur Trajan (2e siècle), qui a du émigrer suite aux invasions (Ottomanes, Italiennes et Nazis) vers tout le reste de l’Europe et même jusqu’aux Etats-Unis. Ce premier reportage, « Voskopoja, Ubi Bene Ibi Patria » leur est dédié, et a été exposé à Lille et Arras dans le cadre de l’exposition « Instantanés d’Albanie » (Avril-Mai 2005) en présence de l’Ambassadeur d’Albanie en France et du Président des Vlachs en France.
Cette histoire d’amour avec ce peuple, je souhaite la poursuivre aujourd’hui afin de rendre hommage à cette diaspora. C’est pourquoi je continue mon travail d’investigation afin de retrouver les descendants à travers le monde. A ce jour, je suis en contact très avancé avec quelques Vlachs en France, aux Etats-Unis (Connecticut) et en Albanie afin de retracer l’histoire de ces anciens bergers nomades, ayant fait fortune pour certains grce à la laine de mouton à partir du 17e siècle. Par exemple, la famille Sina, originaire de Voskopoja, évoluant dans le monde bancaire, s’est énormément enrichi et a personnellement financé le pont suspendu à Budapest. On dit même que Mère Teresa aurait eu des origines Vlachs, mais cela reste très polémique chez les Albanais malgré un article publié en 2003 par Dr Aurel Plasari, éminent professeur albanais, dans un grand quotidien national (Shekwu).
La Bourse du Talent serait un réel tremplin pour mon avenir photographique et me permettrait de poursuivre et de promouvoir mon travail photo-journalistique sur ce peuple que je vais réalisé en Europe (Roumanie, Grèce, Macédoine, Albanie, Autriche et France) et aux Etats-Unis. Mon objectif principal est de faire connaître l’histoire, les traditions et la culture des Vlachs/Aroumains au monde entier par l’intermédiaire de publication dans des journaux et magazines. Un certain nombre de Vlachs à travers le monde sont déjà très motivés pour m’aider dans mes démarches.
Je repartirai cet été à Voskopoja avec Patrimoine sans frontière afin de compléter le reportage par des images complémentaires.
Perché à 1115m dans les montagnes du Sud-Est de l’Albanie, se trouve Voskopoja (Moskopolis), symbole de la réussite des bergers Vlachs / Aroumains. Venus de leur Dacie natale au 13e siècle, les descendants des légionnaires de l’Empereur Trajan (2e siècle), se sont installés dans cette région montagneuse riche en pturages. Au fil des siècles, Voskopoja devint un arrêt principal sur la route des Caravanes reliant Constantinople à Venise ce qui permit à ces nomades de faire fortune grce au commerce de la laine de mouton. A son apogée au 18e siècle, la population de Voskopoja comptait plus de 15 000 habitants ainsi que 26 églises Orthodoxes, une université (la « Nouvelle Académie » fondée en 1744), une bibliothèque, un hôpital et la seule imprimerie des Balkans qui publia au moins 21 ouvrages en langue Grecque. Après 5 attaques – trois ottomanes au 18e, une italienne en 1916 et une allemande en 1943 qui détruisirent la majorité des monuments – et 50 années de régime communiste, Voskopoja renaît de ses cendres : l’ONG française, Patrimoine Sans Frontières, lança en 1998 un programme international de restauration de peintures murales dans les 5 églises Orthodoxes restantes. En deux ans, la population a doublé pour atteindre aujourd’hui 1000 habitants. Voskopoja continue d’entretenir son héritage culturel en conservant la langue Aroumaine, qui est la plus proche du Latin ancien.
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Les mémoires de Vasil
Il y a cinquante ans, avant le régime d’Enver Hoxha, les mouvements saisonniers du bétail et des troupeaux vers différents alpages – la transhumance – illustraient la façon de vivre de Vasil et du peuple de Voskopoja.
Vasil Zguri, 72 ans, habite à Voskopoja et fait parti de l’ethnie Vlach. Bien que sa famille ait construit une maison à Voskopoja dans les dernières années de la décennie 1920, ils ont continué à transhumer avec 2000 moutons, jusquà céder sous les pressions du gouvernement en 1948. « Ils ne nous ont donné aucune raison. Le régime de Enver Hoxha (Président communiste albanais) a confisqué purement et simplement notre troupeau. Dés lors, nous n’avions plus de raison de nous déplacer ». Vasil raconte que les communistes ont traité les Vlachs, dans le village, comme des «citoyens de seconde zone», et que «le régime et les habitants non Vlach nous considéraient comme des ennemies». Les Vlach de Voskopoja s’interrogent toujours sur le destin de leur bétail et se demandent s’ils n’obtiendront jamais de compensation. Mais, raconte-t-il, «personne ne nous répond jamais».
Ses souvenirs sont plus parlant lorsqu’il me montre une photo de lui accompagné de son chien : sur l’image, je vois un berger de 20 ans portant son Krabe (le bton traditionnel du berger sculpté dans le bois et la corne de mouton) et aimant son travail.
Dohri Falo et Mère Thérésa
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| photographie.com : 2005-06-01 |
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