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Anne de Mondenard
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[Les Transphotographiques 2005]
Transphotographiques 2005 / Anne de Mondenard / Commissaire d'exposition / page 1
Le festival des Transphotographiques 2005, aborde cette année la question du territoire. Il s’inscrit dans une réflexion sur la photographie de paysage amorcée en 1984, lorsque la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) a invité 29 photographes a s’intéressé au paysage français. Cette vaste entreprise prenait exemple sur la Mission Héliographique (1851), première commande publique dans l’histoire de la photographie, à laquelle Anne de Mondenard a consacré un ouvrage, en 2002. Historienne de la photographie et responsable du fonds photographique de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine (ministère de la culture), elle est cette année commissaire du festival. Nous l’avons rencontrée. 

« Ce que je traite dans la photographie ancienne, à travers l’architecture, c’est un état des lieux du territoire en France. Je me suis rendu compte de la nécessité d’aborder aujourd’hui l’architecture par rapport à son environnement, tandis que les photographes du XIX° siècle ne la traitaient que pour elle-même. La Datar a eu une importance considérable. S’en sont suivis de nombreuses autres commandes publiques. Elle a voulu, au milieu des années quatre-vingt, trouver une voie pour la photographie, entre le photoreportage et la photographie plasticienne. Vingt ans après, cette manière de photographier a pris une importance considérable. J’ai voulu rendre compte d’une approche du paysage et du territoire qui, dans cette lignée-là, n’était ni du photoreportage ni de la photographie plasticienne. J’ai donc travaillé en amont de la Datar.» Seules deux séries sont antérieures aux années 80. L’exposition de Manuel Litran, « La zone rouge, cinquante ans après la bataille de Verdun», montre un travail effectué dans les années 60, pour le compte de Paris-Match et qui n’a jamais été publié. Le photographe a sillonné cette zone abandonnée, délimitée par des fils barbelés pour cause danger de mort et où des villages entiers furent totalement détruits durant la première guerre mondiale. 

«Olivier Mirguet m’avait montré des photographies qu’il avait faites dans cette région à peu près au même moment. On s’aperçoit que la forêt, qui a eu énormément de mal à repousser, a fini par le faire. Ce que Manuel Litran a vu ce sont surtout des broussailles, une forêt inexistante et surtout une terre qui recrache tous les débris de la première guerre mondiale. Quand on n’a plus de représentation d’un territoire, on finit par oublier qu’il existe et ce à quoi il ressemble.» L’autre série est de Jean-Philippe Charbonnier, disparu l’année dernière. Anne de Mondenard a voulu lui rendre hommage. Après avoir voyagé pendant plus de 20 ans dans le monde entier, ce photoreporter se tourne vers Paris dans le milieu des années 70. Il photographie alors les habitants de son quartier, soit le IV° arrondissement de Paris et aborde ce sujet sous l’angle de l’exotisme. « Il a été le premier à comprendre ce que le tourisme allait modifier sur l’ensemble de la planète. Comparé aux photographes « humanistes » des années 50, le regard de Jean-Philippe Charbonnier est beaucoup plus dur, sans être méchant. Au fond, le titre de l’exposition de la Tate Modern lui va bien : Cruel et tendre. » 
Hors Circuits
Du mercredi 25 mai 2005 au samedi 25 juin 2005
18 rue Frémy, Lille (Fives), France

photographie.com : 2005-06-10

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