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Cette usine a une ame...
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Bourse du Talent #29 - Le Portrait dans tous ses états / Cette usine a une ame... / Isabelle Vaillant / Présentation

A Belle-Isle en Terre, il y a une énorme ruine. Ce sont les restes des Papeteries Vallée.... Cette usine à une me ................ Les Papeteries habitent les mémoires et ce sont ces mémoires qui permettent de comprendre ce qui s’est vécu ici. Les anciens, sont comme ils le disent : "Restés les ouvriers de l’usine". En les écoutant, les papiers sont là, le bruit des machines, les sabots, les vélos... Ils parlent d’amitié.de travail, de souvenirs heureux. Emballer des tonnes de papiers pour huit heures de travail... Mais, il y a les yeux qu’on jette pendant que les filles sont sous la douche, les cigarettes achetées avec les truites, la jeunesse. Les personnes qui ont vu l’usine en activité gardent d’étonnantes images, telle la sortie à vélo, les femmes vêtues de noir, te bruit des claques, la sirène. Pour les plus jeunes, les restes du passé ont évoqués des histoires parfois terrifiantes, parfois romanesques. "Une sorte de Titanic habité par des fantômes". C’est pourtant là, loin de tous, qu’ils venaient fumer leur première cigarette, braver l’interdit. "Faire nos première conneries". Et pour les enfants, les Papeteries sont devenues " Une usine à Mûres " J’ai trouvé l’empreinte des Papeteries sur des mains, dans les yeux, dans la voix. 
J’ai demandé aux personnes de me conduire à un endroit de l’usine où elles avaient un souvenir particulier et d’y replonger. Debout, les yeux clos, le temps d’un instant avoir 20 ans, chanter derrière le mur, retrouver collègues et ateliers, courir dans l’allée, enfourcher sa bicyclette, avoir les mains bleues, rencontrer son amour, éteindre la machine, regarder la buée s’envoler... 

Ecrire sur les murs, courir sur les toits, s’asseoir sur les machines, allumer une première cigarette, embrasser une fille, manger des mûres... Le coeur de la Papeterie bat toujours, dans la pierre, mais aussi chez les gens. Certaines empreintes sont restées. Ce sont celles des Histoires passées. En voyant une rampe d’escalier, un reste d’atelier, un tag, un chemin, je pouvais imaginer la vie.. C’est ainsi que les ruines de la Papeterie sont devenues pour moi, un extraordinaire terrain d’aventures humaines. 
Films Kodal Professionnel utilisés 
Kodak Tri-X en format 120 
photographie.com : 2006-06-15

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