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| Rencontres Arles 2006 / Les lectures américaines /
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| Arles et ses Rencontres attisent depuis toujours les passions. Après les broncas des années tomates, la carotte qui cet été fait l’affiche du festival, alimente les conversations sur les nouvelles lectures de portfolios mises en place aux Ateliers SNCF. Celles-ci sont structurées et payantes ce qui soulève une polémique sur l’évolution du plus ancien festival dévolu à la photographie. Arles perdrait-il ses photographes et son me ? Au contraire, réagit François Hébel qui veut une photographie vivante dans un festival vivant. |
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Portfolios review en français sous l’image
Pour comprendre le débat actuel sur les consultations de portfolio, et le situer entre tempête dans un verre d’eau ou manif anti-CPE place du Forum, il est intéressant de faire un sérieux retour en arrière. Si Pedro Meyer de Zone Zero pense que la plus célèbre revue internationale de portfolio est née à Houston lors de FotoFest, pour y être élevée au rang de ‘fine art’ et copiée sur toute la planète (PhotoEspana à Madrid, Rhubarb Rhubarb à Birmingham, Contact à Toronto ), Fred Baldwin – le créateur de FotoFest – rappelle que l’idée est française, et quil la tient de lexpérience vécue aux Rencontres dArles de 1983. Avec sa compagne Wendy Watriss qui venait d’obtenir le World Press et le Prix Oskar Barnack, il découvre le principe des lectures de porfolios par Jean-Claude Lemagny, le Conservateur de la Bibliothèque Nationale, et d’autres spécialistes (éditeurs de presse et commissaires d’expositions venant d’Allemagne, Belgique, France, Italie et Hollande), qui se réunissent de manière informelle à l’Hôtel d’Arlatan pour examiner le travail de photographes. « Un petit groupe se formait pour observer le déroulement. Lorsqu’il devenait trop important, les consultations de portfolio se déplaçaient dans le jardin. Il n’y avait aucune organisation ni participation financière. Le fonctionnement reposait davantage sur une tradition de la présence de Lemagny que sur une organisation. C’était incroyablement charmant, et tout reposait sur un seul homme qui adorait regarder des tirages et pouvait en discuter à l’infini avec un artiste. Il en achetait parfois, ou acceptait des dons pour la collection qui est l’une des plus importante au monde. Presque tous ceux qui l’ont rencontré pouvaient se dire que leur travail se trouvait à la Bibliothèque Nationale de France. Tous l’adoraient. » Résultat de leurs participations aux lectures de portfolio, Fred et Wendy vendirent des tirages, eurent des photos publiées et obtinrent de nombreux contacts avec des commissaires, éditeurs et de nombreux photographes. À leur retour, ils décidèrent de créer à Houston les Portfolios review sur le modèle d’Arles au sein d’un festival FotoFest qui verra le jour en 1986. Il faut ajouter que celui-ci est basé sur une autre idée française, celle du Mois de la Photo créé par Jean-Luc Montérosso qui reçoit en 1985 les clefs de la ville de Houston. Pour lancer le projet, ils invitent Helmut Newton, William Klein, Franco Fontana, et Ikko Narahara, à Houston afin de photographier le Houston Rodeo and Livestock Show.
François Hébel qui les a rencontrés lorsqu’il s’occupait des Rencontres Internationales de la Photographie en 1986, se souvient que « ce qui les intéressait à Arles, c’était un sponsor qui s’appelait Kodak, et la consultation de portfolio. Ils ont importé cela, mais ils l’ont fait à l’américaine en le professionnalisant. Ils ont investi en organisant les voyages, les hôtels. Ils ont dit aux photographes : « si vous voulez rencontrer des gens importants, vous payez, et vous les rencontrerez chez nous dans de bonnes conditions, confortablement, dans un hôtel » et cela fait 20 ans que cela marche du ‘tonnerre de Dieu’, qu’il y a des gens qui vont d’Europe à Houston. À Houston, le festival lui-même - qui était très bon pour la première année en 1986- a perdu Kodak »
Les Rencontres Internationales de la Photographie sont devenue les Rencontres d’Arles dirigée par François Hébel depuis 2002 (l’année du piment). Il estime - qu’hormis le Off de Christophe Laloi - les lectures de portfolio à Arles avaient perdu de leur intérêt. « Les gens de qualités qui peuvent vraiment apporter quelque chose gr ce à leur fonction et venaient regarder les portfolios à Arles et donnaient l’espoir à certains d’être édités, exposés, collectionnés
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Deux visions d’Arles
De nombreux acteurs du monde de la photographie ont réagit négativement à lannonce des lectures payantes. À mi-parcours entre Paris et Arles, Catherine Derioz qui dirige à Lyon la galerie Le Réverbère, est incontestablement celle qui, avec fougue, se bat le plus pour ses photographes et ses collectionneurs. Elle a refusé de participer aux lectures payantes. Elle craint que le but ne soit de concurrencer le festival Off et regrette lépoque où professionnels, galeristes, journalistes, artistes se rencontraient en toute convivialité et simplicité au festival. Elle sinterroge aussi sur la précipitation à mettre ce système lucratif en place dans aucune concertation préalable et sur lutilité réelle pour les photographes qui vont payer... Marché de dupe ? Odile Andrieu, la créatrice des très réussies Promenades photographiques de Vendôme, partage cette crainte que cela ne s’adresse qu’aux amateurs fortunés et non plus aux artistes et aux professionnels.
Pierre Gassin, le directeur de l’école Centre Iris, qui participait activement aux lectures de portfolios de la dotation Photo-Service et en appréciait l’état d’esprit et le professionnalisme, propose une troisième voie avec des lectures indépendantes du In et du Off. « Le but étant que les lectures payantes fassent faillite ! »
Une guerre des anciens et des modernes ? François Hébel ne lécarte pas : « A l’origine, il y avait Arles, il n’y avait pas d’autres festivals. Si on refaisait le Arles d’origine, cela ennuierait tout le monde. Arles a été copié, Arles a copié les autres. Ce sont des collègues, on se parle, on se connaît. Perpignan à copié le modèle d’Arles et au début, ils ont pris les équipes d’Arles. C’est moi qui ai présenté Abax [ndlr : l’équipe de génie qui réalise les projections à Visa] à Michel Decron, à l’époque (1). On a envie de créer des cabales, mais cela n’existe pas. Si Iris monte un truc à Arles, ce n’est pas à moi qu’ils porteront un préjudice. C’est d’autant plus absurde, car contrairement à ce que tout le monde pense, Christophe Laloi et moi, nous sommes très copains. J’avais un grief avec le Off, qui avait la plus belle cour de la ville et [les Rencontres avaient ] un endroit minable pour accueillir. La Mairie nous a donné un très beau lieu depuis. Je n’ai vraiment aucun problème avec le Off. C’est fondamental et je suis ravi qu’il y ait un Off. Plus il y aura de Off et plus les lignes seront valorisées. » Hébel pense que cela va faire venir dans la Cour de l’Archevêché des photographes qui iront aux deux. « Les photographes sont opportunistes. Lorsqu’il y a des choses à prendre, ils le trouvent. Ils iront au Off pour voir s’ils ne peuvent pas glaner quelques rendez-vous. Il faut utiliser l’ambition et le faire correctement. Quand on dit aux photographes, il faut que vous preniez votre billet d’avion il faut que vous preniez une chambre d’hôtel, que vous alliez à Arles, que vous vous organisiez, que vous y consacriez du temps, nous devons à l’arrivée et livrer quelque chose de sérieux. Quand on annonce aux photographes l’offre dun service supplémentaire, il faut qu’il soit intéressant. Les photographes sont malins, si une opportunité se présente, ils vont en profiter. »
(1) Voir la mise au point de Jean Lelièvre.
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Le juste prix
Les lectures aux Ateliers, ajoute Clémentine Aubry des Rencontres d’Arles, « ne se placent pas du tout en concurrence avec ce qui a été fait auparavant, dans la mesure où nous créons un événement nouveau, il y a des dimensions tout à fait spécifiques. Photo Folio Review & Gallery s’adresse à tous les photographes déterminés dans leur démarche photographique. Si les photographes s’inscrivent ici ou ailleurs, c’est qu’ils y voient le moyen de faire le tour du monde en un même lieu et de rencontrer des personnalités pouvant les aider alors que la plupart de nos confrères sont assez inaccessibles dans leurs activités habituelles. Au cours de 10 séances de 20 minutes, ils recueillent une appréciation critique de leur travail, ainsi que divers conseils et contacts utiles à leur pratique photographique et à la diffusion de leurs images. Cela, pour le même coût journalier qu’un stage aux Rencontres. Certains photographes choisissent de faire trois demi-journées, en payant davantage : 10 sessions coûtent 220€, pour 15, c’est 330€. Ce tarif est loin dêtre exorbitant par rapport à dautres festivals, il nous permet de rentrer tout juste dans nos frais, et vraiment tout juste ». Clémentine précise qu’elle n’a reçu aucune plainte de photographes quant à la tarification, chaque inscrit se souciant plutôt d’obtenir des rendez-vous avec les experts avec lesquels il juge les entrevues les plus profitables. Mais elle reconnaît toutefois n’avoir pas prévu, par exemple, de tarifs destinés aux étudiants. « Nous avons pensé nous adresser à des photographes, qui, de toute façon, dépensent Lorsque lon est photographe, on a tout de même un certain budget, que ce soit en frais technique, en matériel, à investir sur cette discipline. Nous nous sommes posé la question de la tarification en nous disant que cela pouvait être une forme de discrimination
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Lectures américaines
Alors Arles perdra t-elle son me avec ces rencontres encore davantage professionnelles en version américaine ? Un bilan sera bien sûr dressé à l’issue de la semaine professionnelle. Mais pour un projet lancé il y a tout juste quelques semaines le résultat semble fonctionner pour les Rencontres : plus d’une centaine de photographes – pour moitié français et étrangers - se sont déjà inscrits aux différentes sessions d’une soixantaines de lecteurs internationaux. Et il n’est pas trop tard pour sinscrire aux sessions vacantes des Rencontres qui affirment ne pas vouloir rivaliser avec les lectures de portfolios libres et ouvertes, gratuites et informelles qui auront lieu dans toute la ville. La lecture sera très certainement le temps fort de ces rencontres d’Arles. Le Off fait toujours partie de lanimation du festival pendant la semaine douverture. Le Centre Iris sinstalle à lEspace Van Gogh au point de rencontres Leica et la galerie Chambre avec vues organise ses lectures rue Robert Doisneau
François-Marie dAndrimont
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Soirée Le samedi 08 juillet 2006 Maison des Rencontres d'Arles, Arles Cedex, France |
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11ème édition - L'Afrique en face Du mardi 04 juillet 2006 au samedi 08 juillet 2006 26 ter rue Raspail, Arles, France |
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Du 4 juillet au 17 septembre 2006 Du mardi 04 juillet 2006 au dimanche 17 septembre 2006 Maison des Rencontres d'Arles, Arles Cedex, France |
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| photographie.com : 2006-06-28 |
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