[Magazine]
[news]
( archive news)


Entretien avec Spencer Platt

En savoir plus :

Spencer Platt

Les stéréotypes de la guerre / Entretien avec Spencer Platt / Lauréat du World Press Photo 2007
Spencer Platt 

Comment as-tu plongé dans la photographie ?
« Je collabore avec Getty depuis maintenant plusieurs années. Auparavant, je travaillais pour quelques petits quotidiens américains. J’ai toujours eu un vif intérêt pour le journalisme et c’est ce qui m’a réellement aidé dans ma carrière photographique, en me donnant un sens de l’imagination pour prendre des images marquantes. »

Des références photographiques ?
« Je pense être assez traditionnel. Quelques personnes qui m’ont inspiré, sont Eugene Smith, le photographe de Life, et Larry Burrows, un photographe anglais tué durant la guerre du Viet-Nam. Tous deux ont pris des instants importants de manière claire et simple. C’est quelque chose que je cherche à rejoindre dans on travail. »

Comment te considères-tu vis-à-vis du ’photographe de guerre’ ?
« Je suis tout d’abord photojournaliste mais d’aucune façon un photographe de guerre – ce qui est dépassé et une notion romantique. Pour vivre de la photographie dans la société d’aujourd’hui, on doit être capable de tout photographier. J’ai de la chance que Getty me permette de travailler ainsi pour montrer la vie de ses meilleurs aspects aux plus bas. Par exemple, j’ai pris l’autre jour des photos d’un bal viennois qui se tenait à New York, ce qui est très différent de mon travail au Liban. »

Des photographies de sang et de larmes sont-elles nécessaires pour parler d’une guerre ?
« Les bains de sang sont une part inévitable de la guerre. Toutefois, je ne le recherche pas à moins que cela ne se passe en face de moi. Au Liban, il y a eu de nombreux carnages qui montrent ce qui s’est passé. C’est une triste réalité que les gens soient maintenant saturés de la guerre, mais une image étonnante peut réellement réveiller et attirer l’attention. Comme les jeunes gens ne lisent plus nécessairement les quotidiens, les images jouent un rôle important pour les informer sur le monde ou sur les événements locaux. »

Il y un Liban Hollywood…
« Tous ceux qui se sont rendu au Liban savent qui il y a un contraste gigantesque – un instant ce peut être une explosion de balles, et la suivante on est dans un hôtel confortable équipé WiFi. Trop peu de la couverture médiatique a montré ce contraste. Il y a une partie très riche du pays dont on n’a pas vraiment parlé. »

"Ma photo s’oppose à ces stéréotypes
sur ce qu’est en fait une victime de guerre
et même sur ce qu’est la guerre"


Une image ironique est-elle plus efficace pour informer ?
« La guerre est complexe, et l’on aime la réduire à des images de bain de sang. On ne peut pas vraiment comparer le Liban avec l’Irak ou l’Iran, car ce sont des pays complètement différents. Ma photo [du WorldPress] contient l’ensemble du Liban avec toutes ses ironies, des fabuleuses élites aux pauvres. Beaucoup de gens créent des stéréotypes sur cette partie du monde – mais ce sont des gens comme nous. ‘Est-ce le Liban ?’ est souvent la réaction que je reçois pour cette photo. Cela s’oppose à ces stéréotypes sur ce qu’est en fait une victime de guerre et même sur ce qu’est la guerre. » 
Getty Images France
4, boulevard Poissonière
75009 Paris, France

www.gettyimages.fr
Getty Images UK
101 Bayham Street
NW1 0AG  London, Angleterre

www.gettyimages.com
photographie.com : 2007-02-16
recherche