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| État des lieux / Le tirage numérique / par Thierry Dehesdin
/ Introduction
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| © Thierry Dehesdin |
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Une des conséquences les plus fondamentales de la révolution numérique (et sans doute une des moins évoquées), cest quavec le numérique les fichiers que nous enregistrons avec nos nouveaux jouets ne sont plus quune approximation du résultat final…
La photographie numérique reste virtuelle tant quelle nest pas imprimée sous une forme ou sous une autre.
Avant je travaillais quasi exclusivement en inversible, et ce que jattendais dun tirage cétait quil soit le plus fidèle possible à ma diapositive (compte tenu des limites induites par la technologie propre au tirage argentique et elles sont nombreuses).
La diapositive c’était ma photographie et je jugeais de la qualité de sa reproduction en la confrontant avec l’épreuve imprimée ou le tirage argentique qui en avait été réalisé.
A l’inverse le fichier raw enregistré sur ma carte mémoire nest quune image en devenir dont laspect sera radicalement différent selon le logiciel que je vais utiliser (et la façon dont je vais lutiliser) pour en faire une photographie. Et cette photographie, tant quelle nest reproduite que sur mon écran dordinateur, nest quun fantôme fugitif susceptible dêtre modifié à tout instant. En un sens on rejoint le peintre dont la toile ne sera finie que lorsquelle sera vendue. La comparaison a cependant ses limites car contrairement au peintre, je pourrai le lendemain ou dans 10 ans, reprendre mon fichier raw et créer une image identique (à supposer que les procédés d’impression n’aient pas connus trop de bouleversement dans l’intervalle) ou totalement différente selon mon humeur.
Ca ne veut pas dire pour autant que les ingénieurs qui conçoivent les appareils numériques sont des faignants qui nont pas fini leur boulot, par opposition à largentique qui serait le lieu et linstant dune reproduction photographique idéale, absolue et définitive. Cest simplement quen argentique les sorciers de Kodak, Fuji ou Agfa (pour les plus anciens) touillaient dans leurs chaudrons une mixture qui supposait quils aient fait à notre place toute une série de choix qui sont aujourdhui devenus nôtres.
En même temps et parce que les services marketing ne sont pas fous, tous les appareils modernes produisent des fichiers dans un format fini, le jpeg, où la maîtrise de ces choix est dévolue à lappareil en fonction des décisions opérées conjointement par le service marketing et par les ingénieurs qui l’ont conçu. Le jpeg permet de retravailler dans une moindre mesure son image, mais il ne sagit alors que de modifier, en essayant de limiter les dégâts, limage délivrée par lappareil. Limage affichée à lécran nest encore que virtuelle mais, à supposer que lespace couleur de son écran recouvre à lidentique lespace couleur du fichier Jpeg, on peut admettre, au moins intellectuellement, que lon est en présence dune relation au tirage comparable à celle de la diapo, visualisée sur une table lumineuse à 5000 °K et non plus sur un écran, qui pourra donner lieu à un tirage plus clair ou plus sombre.
Mais travailler en jpeg, quand on est professionnel, ça me semble quand même faire preuve dune sacré résistance au passage au numérique. D’une semaine pour les plus doués à un mois pour les plus résistants me semblent des délais raisonnable pour maîtriser suffisamment un des derawtiseurs du marché pour délivrer au client des images largement supérieures à ce quelles auraient été en réalisant sa prise de vue en JPEG et ce, sans pénaliser son flux de travail.
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| photographie.com : 2007-02-19 |
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