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| Coup de Coeur BT #31 / « Mon Oncle », Saigon, Viêt-nam (2006) / LÊ Chau-Cuong
/ Présentation
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Mon oncle vit à Saigon. Mon oncle ne sort pas de chez lui, reste cloîtré dans notre demeure familiale, arpentant les 2 étages à longueur de journée, quelque soit les saisons et les soubresauts de la ville ou de la vie quotidienne. Cela fait plus de 30 ans qu’il en est ainsi.
Mon oncle a perdu la vue et a été défiguré, brûlé à près de 80 % après avoir reçu de l’acide chlorhydrique au visage. Si les raisons et les motifs en sont personnels, ils s’inscrivaient à l’époque dans un contexte historique difficile et d’instabilité (la guerre du Viêt-nam dans les années 1970 qui opposait les représentants des Viêt-cong au gouvernement du sud en place, soutenu par les Etats-Unis)
La femme responsable de ce geste passionnel et déraisonné fut arrêtée à l’époque. D’autres actes similaires furent répertoriés au cours de cette période et les coupables emprisonnées également. Mais, l’arrivée au pouvoir des Viêt-Cong permit à ces femmes d’être libérées après qu’elles eurent défendu leurs gestes comme « patriotiques », institutionnalisant ainsi leurs crimes ; les victimes étant souvent des membres ou des sympathisants de l’ancien gouvernement vietnamien.
Au-delà du lien familial qui peut m’unir à mon oncle, je me suis intéressé à lui car je vois un homme exclu depuis plus de 30 ans, de sa vie rêvée, qui cache ses possibles souffrances et désillusions en silence, derrière un enthousiasme en chaque chose. Son espace vital est réduit à la grande demeure familiale, son quotidien est rythmé par les soins prodigués à ma grand-mère alitée depuis 5 ans, l’entretien du jardin sur la terrasse, et l’écoute assidue de la radio. Parfois la cigarette qu’il s’octroie sur le balcon vient couper ce quotidien.
Je me suis laissé à l’observer, discutant longuement avec lui, dans le but de montrer la solitude que peut connaître cet homme, mais surtout pour témoigner de sa dignité.
Démarche :
Le reportage est construit sous la forme de diptyques : la photo de gauche montre un détail de l’environnement de mon oncle. Image en couleur pour montrer ce quotidien immédiat, ces ustensiles qui peuvent nous être familier, qui rattachent mon oncle à l’existence.
L’image de droite associée est en noir et blanc, montrant avec pudeur mon oncle dans ses postures et retranchements. Du noir et blanc pour se raccrocher inconsciemment à sa vision, à sa solitude. Son visage si possible effleuré pour le préserver.
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Chau-Cuong Lê Du jeudi 04 décembre 2008 au lundi 22 décembre 2008 27-29, Rue Yves-Toudic, Paris, France |
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| photographie.com : 2007-05-09 |
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