[Magazine]
[portfolio]
( archive portfolio)


Les naufragés de Malte
> Présentation
page 2
page 3
page 4
page 5
page 6
page 7
page 8
page 9
page 10
page 11
page 12
page 13
page 14
page 15
page 16
page 17
page 18
page 19
page 20
page 21
page 22
page 23
page 24
page 25
page 26

En savoir plus :

Pierre Le Tulzo

événement
Bourse du Talent #34
Sélection Bourse du Talent #34 / Les naufragés de Malte / Pierre Le Tulzo / Présentation
© Pierre Le Tulzo 

Paradis touristique pour ceux qui arrivent par les airs, la petite île de Malte peut ressembler à un bagne pour ceux qui arrivent par la mer.
Malgré le déploiement de Frontex, le programme européen de surveillance des frontières, ils sont près d’un millier à venir s’échouer chaque mois sur l’île. Bloqués sur cette île de quelques centaines de km2, le quotidien de ces naufragés de fortune est bien loin de leurs rêves initiaux.
Mal acceptés par la population, ballottés entre centres de détentions et centres ouverts, contraints aux travaux journaliers, les réfugiés s’accrochent tant bien que mal à leurs rêves d’ailleurs.


Tous ont traversé les déserts et la Méditerranée pour fuir leur pays et tenter de rejoindre l’Europe. Ils viennent pour la plupart d’Afrique de l’Est; de Somalie, d’Ethiopie, d’Erythrée ou du Soudan même si tout le continent, et en particulier l’Afrique des conflits, y est représenté.
Embarqués depuis les côtes Libyennes, où la traversée pour rejoindre l’Italie ou la Sicile sur des embarcations surchargées se négocie aux alentours de mille dollars, ils échouent à Malte faute de se rapprocher plus près du cœur de l’Europe, l’Eldorado convoité. Pénuries d’essence, pannes de moteurs, tempêtes, gardes côtes et bien souvent naufrage, mettent fin à la quête d’une vie meilleure. 
© Pierre Le Tulzo  

Dès leurs naufrages sur l’île, hommes, femmes et enfants, sans distinctions, sont enfermés de longs mois durant dans les sordides centres de détentions Maltais, là où les médias ne sont jamais autorisés à pénétrer, là où détention rime avec surpopulation, malnutrition, insalubrité et parfois violence sur les détenus. À la fin de leurs séjours en détention, tous se voient attribués un statut (réfugié, statut humanitaire…) avant d’êtres placés dans des centres « ouverts », où les perspectives d’intégration semblent extrêmement incertaines.  C’est dans deux de ces «centres ouverts» que j’ai pu me rendre pour travailler:
`    
D’abord en Octobre 2007; à « Marsa Open Centre » qui accueille entre 600 et 700 personnes dans une ancienne école publique (qui ne répondait plus aux normes de sécurité) d’un des faubourgs de La Valette; Marsa. Seul centre de l’île à être administré par une ONG (Suriet-Il-Bniedem), « Marsa » à acquis une véritable dimension social avec ses « restaurants » Soudanais, Ethiopien, Erythréens ou Somalien, son centre Internet et son petit centre de formation ou les réfugiés peuvent y apprendre l’anglais. Même le centre fait figure d’exemple parmi les autres centres, la surpopulation et l’insalubrité  rendent la vie dure aux résidents. Situé près du port de la ville -par ailleurs un lieu connu de prostitution- les rats sont omniprésent dans la zone du centre. C’est aussi dans ce secteur que d’innombrables réfugiés attendent tous les matins les camionnettes qui passent prendre leur main-d’œuvre journalière et bon marché.
Je suis revenu en Février 2008 afin de poursuivre mon travail  à « Hal-Far Open Centre »; le « village de tentes » où les conditions sont beaucoup plus difficiles. Logés sous des tentes militaires, les réfugiés se plaignent du froid, de l’humidité et de l’isolement du centre. Seule une tente fait office de restaurant et de lieux de vie, une autre de mosquée. Des sacs de sables sont là pour empêcher, en vain, l’eau de rentrer dans les tentes.  Pour aller chercher du travail le matin à Marsa, les hommes se lèvent à quatre heures du matin. L’hiver, tous ici rêvent d’une place dans un dortoir de « Marsa Open Centre » avant de rêver d’une vie dans un autre pays européen.
Le résultat de ces deux séjours est rassemblé dans deux livres (non publiés), un pour chaque centre mais inséparables l’un de l’autre. On y trouve non seulement tout le travail photographique mais aussi une dizaine d’entretiens, réalisés en anglais, dans lesquelles les réfugiés reviennent sur les raisons qui les ont poussées à quitter leurs pays, les difficultés de leurs périples et leur vie bloqué à Malte dans des conditions déplorables.

Pierre Le Tulzo. 
Produits Kodak Professionnal utilisés 
Films Kodak Portra 160 NC, 400NC et 800NC 
photographie.com : 2008-04-11

1 / 26

page suivante >

recherche