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| Coup de Coeur Bourse du Talent #34 / Les paysans des villes / Boris Svartzman
/ Présentation
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Les migrants Chinois découvrent leur nouveau statut de citadins en même temps que les villes se construisent.
Depuis l’ouverture économique de 1992, l’urbanisation a radicalement changé le visage de la Chine. Et la Ville engloutit quotidiennement des masses de travailleurs venus des quatre coins d’un pays qui reste malgré tout à 60% rural.
Shanghai, première ville industrielle chinoise construite par les colons occidentaux à la fin du 19ème siècle, est aujourd’hui la ville phare du développement économique. Deux phénomènes concomitants à son urbanisation sont à noter. Le premier touche à la désertion des villages périphériques. À l’image des campagnes chinoises qui doivent céder du terrain à l’urbanisation galopante, la plupart des villageois ont quitté leurs maisons pour trouver du travail en ville, préférant sous-louer leurs champs à des maraîchers, encore plus pauvres qu’eux, venus des régions alentours.
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Le second phénomène concerne les ouvriers qui recyclent les matériaux sur les chantiers de quartiers traditionnels détruits. Ils sont eux-mêmes, en majorité, des paysans fuyant l’expulsion de leur village ou en quête d’un travail moins misérable que dans les champs. Tout aussi marginalisés qu’à la campagne, ces ouvriers vivent sur les chantiers où ils travaillent. Cachés derrière des panneaux publicitaires ventant l’urbanisation du pays, ils sont sommés de se montrer le moins possible en ville, car ils « font sale ». Exilés des campagnes, isolés en ville, ces « paysans des villes », ces « ouvriers de la campagne » sont tenus à l’écart du regard du public.
Ces citoyens de « seconde zone », dépourvus de toute reconnaissance légale, subissent le rythme de changement de décor dans lequel ils luttent pour survivre. Ce n’est qu’en saisissant la nouveauté de l’environnement urbain et son influence sur la population qu’il est possible de comprendre ce que les travailleurs chinois vivent au quotidien. En ville comme à la campagne, ces deux moments de vies périurbaines, ou de non vie aux yeux du gouvernement chinois, sont un instantané de ceux qui à la périphérie de l’urbanisation auront bientôt disparu de la périphérie du réel : une fois les travaux finis.
Et pourtant, sans cette face cachée de la Chine, le développement économique s’arrêterait… à ce simple slogan, que nous entendions résonner quand le ciel était rouge. Le passage d’un monde rural à un monde urbain en dit long sur les espoirs de libéralisation politique, quand la modernisation s’est fusionnée avec le « pouvoir d’urbaniser ».
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| photographie.com : 2008-04-21 |
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