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Antonyme de la pudeur

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Ulrich Lebeuf

/ Antonyme de la pudeur / Ulrich Lebeuf / Myop

C’est en se rendant au salon de l’érotisme alors qu’il poursuivait un travail sur les salons, temples de la consommation, qu’Ulrich Lebeuf a découvert l’industrie du X, avec ses acteurs, mais aussi leurs fans. Dans ce milieu au contact facile mais aux promesses peu fiables, Ulrich Lebeuf a fait face aux réticences pour initier un travail sur les coulisses du film X. Depuis un an et demi, le photographe membre de l’agence Myop s’est alors rendu sur les tournages de films pornographiques pour y photographier l’envers du décors, aidé par son passé de photographe de plateau. Ce travail, toujours en cours, a donné lieu à “Antonyme de la pudeur”, pour lequel il est à la recherche d’un lieu d’exposition mais aussi d’un éditeur.
Au gré des rencontres, Ulrich Lebeuf a découvert Émilie, dite Liza del Sierra, star montante du X qui a accepté de se faire photographier. Humainement intéressée par cette jeune femme qui partage avec nous sa vision de métier, Ulrich Lebeuf prévoit de suivre le quotidien de la jeune femme pour en faire un sujet photographique à part entière.
 

A l’écran, un homme et une femme. L’homme seul prend l’initiative de la parole : il s’adresse à la femme à l’impératif «lève-toi», «tourne-toi», fait les questions et les réponses, «tu aimes ça ?», «ouiiiii», l’insulte, «chienne», «salope»… Aujourd’hui l’image de la pornographie est banalisée, elle nourrit l’imaginaire sexuel collectif. La démarche d’Ulrich Lebeuf est complexe et délicate, il désire la photographier en la pensant différemment.
« Antonyme de la pudeur » pose un regard distancé sur le monde de l’industrie du sexe. Un hors champs photographique qui va à l’encontre de ce monde virtuel qui permet à chacun de fantasmer. L’homme n’y est plus désiré dès qu’il se présente et les femmes ne se précipitent plus sur son sexe. Les failles transparaissent.
Sans le vouloir, ce photographe casse les stéréotypes d’un genre cinématographique à part entière. Les scènes de films ne sont plus caractérisées par l’absence d’intime et l’identité des personnes ne se réduit plus à une suite d’actions.
Ulrich Lebeuf révèle l’actrice et déshabille le porno. Exit l’excitation, les cris et la performance. L’actrice est humanisée, elle ne s’abandonne plus à la jouissance.
La pornographie est replacée dans un contexte sentimentale, elle se détache des sensations du X pour s’attarder sur l’émotion.
 «Antonyme de la pudeur» est un retour au réel, à la réserve et au trouble. Il nous invite à réfléchir sur l’expression de certains aspects du jugement moral.
 
Wilfrid Esteve. 

Pour visionner le portfolio intégral merci de cliquer-ici.
 
Agence MYOP
29 quai Saint Michel
75005 Paris, France

www.myop.fr
photographie.com : 2008-05-21