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| Sélection Bourse du Talent #35 / Les français à table / Stéphanie Lacombe / PictureTank
/ Présentation
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| © Stéphanie Lacombe |
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Je mange, tu manges, il mange, nous mangeons tous.
Mais nous ne mangeons pas tous de la même manière.
Je mange différemment si je vis seul ou au sein d’une famille nombreuse, si je vis à la campagne ou en milieu urbain.
Je mange différemment si je suis au chômage ou cadre d’entreprise, si j’ai grandi en corée ou au Maroc et que je vis en france.
Je mange différemment si je suis mère au foyer ou femme d’affaires, si je suis végétarienne, au régime minceur ou anorexique.
Je mange différemment si je suis musulman, boudhiste ou chrétien…
Le repas est l’acte par lequel l’être humain se nourrit. Cet acte est codifié, rempli de symboles, de rituels et de coutumes et s’est modifié au courant des siècles. Au moyen âge, la fourchette fait tout juste son apparition, les nappes ressemblent à de sanglantes tables d’opération. Au 17ème siècle, la vie domestique se passe dans une pièce commune : on dort, on travaille et mange ensemble près du feu. Les légumes terreux du potager sont jetés par terre près de la cuve et les paysans consomment en fonction de leur récolte. Le 19ème siècle est probablement le moment le plus riche de l’art de la table et de la cuisine : le mot « gastronomie » est inventé. Dans les tableaux on découvre la naissance de la salle à manger comme pièce spécifique de l’appartement Haussmannien. On se délecte des premiers pas de l’industrie alimentaire avec l’invention de la boîte de conserve qui demeurera un produit de luxe jusqu’à la fin du 19ème . Dans les années 1960 apparaît la « nouvelle cuisine » qui se traduit comme une alternative à la manière bourgeoise des années 50, du « copieusement manger » qui suivit les années de disette de la France sous l’occupation. C’est alors qu’on annonçait pour le 21ème siècle, des menus composés uniquement de pilules…
Manger est la première préoccupation de l’homme. Il est démontré qu’à travers le repas, les habitudes alimentaires racontent notre mode de civilisation. Ma photographie observe l’ordinaire pour faire ressortir l’extraordinaire d’un instant banal. Je n’oriente pas mon travail sur la nourriture mais plutôt sur le comportement à table de nos concitoyens, chez eux, dans leur intimité. La société de consommation conditionne et inculque un goût de l’uniformité, tout est standardisé et labellisé : de la voiture à la purée lyophilisée, de notre salon à nos habits de marques. Du repas chez soi qui semble banal parce qu’il est
répété trois fois par jour tous, (on dîne à la même place, même heure, même assiette) naît un instant unique. En brisant l’anonymat, en ouvrant de nouvelles lucarnes sur l’intimité, agrégat de solitudes, de démons et de beauté, comment raconter la vie ordinaire des habitants, en donnant à voir la matière unique des êtres ?
Ces images dévoilent la manière dont nous vivons dans notre sphère intime et familiale dans un pays ou le repas à table est encore sacré.
Stéphanie Lacombe
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Picture Tank Source photographique indépendante et collective L'Ancienne Imprimerie 19, rue Bisson
75020 Paris, France www.picturetank.com
Du vendredi 19 décembre 2008 au dimanche 22 février 2009 Quai François-Mauriac, Paris Cedex 13, France |
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| photographie.com : 2008-06-23 |
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