Christine, cinquante ans, est sans domicile fixe depuis 2002. En France, parmi les 100 000 SDF recensés par la fondation l’Abbé Pierre (à partir d’une étude de l’INSEE), 18% sont des femmes. Parmi elles, il y a Christine. Elle vit dans une cabane, isolée sur un terrain vague de banlieue parisienne.
D’après une étude récente de la Mission d’Information sur la Pauvreté et l’Exclusion Sociale (MIPES), le sans-abrisme qui touche les hommes est souvent lié à l’emploi tandis que celui qui affecte les femmes trouve souvent sa source dans la rupture des liens familiaux.
Il y a sept ans, le compagnon de Christine, est parti du foyer avec leurs deux fils, lui reprochant de ne pas s’occuper de leurs enfants. Seule, elle a augmenté sa consommation d’alcool, jusqu’au point de non-retour, celui de la perte de son emploi et de son appartement.
Si le nombre des femmes SDF a tendance à augmenter ces dernières années, celles-ci restent minoritaires comparativement aux hommes. La rue met à mal leur sécurité. C’est la raison pour laquelle Christine n’est jamais seule. Son quotidien est rythmé par les relations qu’elle entretient avec ses mecs.
Olivier, trente-sept ans, est le premier qu’elle a connu. Puis elle a rencontré Michel, cinquante-deux ans, qu’elle fréquente quotidiennement depuis qu’ils sont voisins de cabanes. Quand les soirées dégénèrent avec l’un des deux, elle appelle au secours, Ludo, trente-quatre ans, qu’elle a rencontré aux Restos du Cœur.
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