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| Mention rien : des diplômés option précarité / Guillaume Chauvin et Rémi Hubert remportent le Grand Prix de photoreportage étudiant Paris Match / qui est aussitôt annulé…
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| Deux étudiants Guillaume Chauvin et Rémi Hubert remportent le Grand Prix de photoreportage étudiant Paris Match pour un travail intitulé "Étudiants et SDF" réalisé à l’Université Marc Bloch de Strasbourg. Lors de la remise du Prix, ils révèlent avoir réalisé "une interprétation de la réalité, construite, maîtrisée, au même titre que la photographie et l’information interprètent des réalités". Le Grand Prix de photoreportage étudiant Paris Match a été aussitôt annulé par les organisateurs. Pourtant la démarche des jeunes photographes semble au contraire être judicieuse mettre en valeur la subjectivité du photojournalisme "qui se doit d’être responsable". Nous leur donnons la parole. |
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| « Je suis en conflit avec ma famille depuis que j’ai seize ans.
Même si je n’ai ni bourse ni aide parentale, j’ai toujours su me débrouiller seul. »
Armin, 23 ans, Master de sociologie |
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Mesdames, messieurs,
Tout d’abord, nous tenons à vous remercier pour cette récompense qui nous apporte bonheur et fierté, et qui souligne toute l’attention qu’un jury de professionnels a porté à notre travail photo graphique.
Désormais reconnus par l’obtention du Grand Prix Paris Match, nous allons vous révéler les motivations de notre démarche : notre statut d’étudiant nous aura permis de documenter un sujet grave et préoccupant qui nous entoure : la précarité étudiante. en remportant le Grand Prix ce soir, cette dure réalité existera un peu plus grâce à la très grande diffusion du magazine Paris Match. Car sans image, les faits n’existent pas.
En revanche, notre statut d’étudiants en école d’art nous aura permis d’adopter une posture originale pour ce concours. Pour témoigner au mieux, nous avons en effet interprété des histoires malheureusement vraies, puis construit des mises en scènes basées sur des codes photographiques reconnus. Nous proposons donc ici une interprétation de la réalité, construite, maîtrisée, au même titre que la photographie et l’information interprètent des réalités.
C’est bien là que sont nos sincères motivations : nous tenons à souligner que le faux ne s’oppose pas au vrai, mais qu’il permet de faire émerger les mécanismes du discours. Notre démarche, en tant que faiseurs d’images, est une tentative de remise en question : celle des rouages d’un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse. Grâce au Grand Prix Paris Match, nous souhaitons donc éveiller les consciences sur la fragilité, la force et l’ambiguïté des images d’information.
Le sujet de la précarité étudiante nous aura enfin permis de faire d’une pierre deux coups : mettre en lumière et vous rappeler deux vulnérabilités graves, celle de certains jeunes et celle de certaines images. Nous allons poursuivre cette démarche grâce à la présente dotation de 5000 euros.
Nous tenons à affirmer, pour conclure, que la photographie est pour nous une subjectivité qui se doit d’être responsable.
Merci à ceux qui ont permis ce travail, et merci de votre attention.
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A l’issue de la remise des prix de la 6ème édition du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant, Olivier Royant, Directeur de la rédaction du magazine et président du jury du Grand Prix, après avoir réuni le Comité des membres a décidé que la mise en scène photographique que les étudiants Guillaume Chauvin et Remi Hubert, de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg " avouent avoir faite à l’insu des organisateurs ", sur leur reportage consacré à la Précarité Etudiante pour illustrer avec des personnages fictifs la réalité des difficultés que connaissent aujourd’hui certains étudiants, " les éloigne du règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant (article 7) et de la philosophie que défend le magazine depuis 60 ans ". Olivier Royant a décidé d’annuler le trophée du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant en invoquant larticle 10 du règlement, stipulant que " l’organisateur se réserve le droit de modifier le concours… ". La somme de ce prix augmentera la dotation 2010. En revanche, le Comité du Grand Prix a souhaité maintenir la bourse de 5000 Euros destinée à l’Ecole Supérieur des Arts Décoratifs de Strasbourg où sont inscrits les deux étudiants, et participer ainsi aux soutiens nécessaires en faveur de ceux dont ils ont voulu raconter la vie. Olivier Royant rappelle que " Le succès du Grand Prix repose, depuis six ans, sur la confiance et l’attachement des participants aux valeurs du photojournalisme ".
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| Raconter une histoire personnelle |
Le règlement du Grand Prix Paris Match du Photoreportage Etudiant 2009 indique dans son article 7 le cahier des charges suivant :
- Le Photoreportage doit être publiable dans “Paris Match” au regard de la ligne éditoriale du titre.
- Le Photoreportage doit constituer un ensemble cohérent et raconter un événement d’actualité, un fait de société contemporain ou une histoire personnelle.
- Le jury notera autant l’intérêt journalistique que les qualités artistiques du Photoreportage.
- Le Photoreportage comportera une dimension humaine.
- Le Photoreportage doit être accompagné d’un texte d’explication en précisant le contexte et les faits (au moins 25 lignes dactylographiées soit 1500 signes). |
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| photographie.com : 2009-06-26 |
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