Transport - Portraits de comédiens à leur sortie de scène

Bourse du Talent #29 - Le Portrait dans tous ses états /
Transport - Portraits de comédiens à leur sortie de scène / Stéphanie Jayet / Présentation
Le projet 
Photographier les comédiens dans leur loge, tout de suite après leur sortie de scène, capter quelque chose de ce passage de la scène au réel, de cet état, de ce moment. J'ai travaillé pendant dix ans pour le thétre, côtoyé des comédiens, je suis maintenant photographe et je cherchais depuis un moment à “relier “ ces deux univers qui me sont proches, sans pour autant passer par la photo de scène habituelle, que je pratique par ailleurs, dans le cadre de commandes. Je ne me suis imposée aucune contrainte, ni de cadre, ni de lumière : simplement prendre le plaisir d'un travail personnel, en dehors de la commande. Saisir quelque chose de très simple au final, une espèce de relchement, de béatitude, d'excitation, de fatigue, parfois d'hallucination. Il y a, sur chaque portrait, sur chaque rencontre, quelque chose à raconter, qui n'est pas du domaine du spectaculaire : je ne veux pas “fabriquer“ ces portraits, ni être dans le démonstratif en dirigeant les acteurs comme je peux le faire sur d'autres prises de vues. Je les laisse libres, à l'intérieur du cadre. Il s'agit là d'un moment furtif d'intimité... ...Le choix de la “distribution“ est purement personnel et ne dépend que de mes goûts et de mon parcours professionnel passé : artistes très connus ou en passe de le devenir, le plus difficile étant, de passer les barrages : les refus, très peu nombreux pour le moment, ne venant pas des artistes eux-mêmes. Pour chaque portrait, l'organisation est simple : j'arrive à l'entrée des artistes, une personne m'emmène jusqu'à la loge, commence alors la déambulation dans les couloirs, c'est magique de se retrouver dans le labyrinthe d'un thétre comme l'Odéon ou de la Colline, en pleine représentation, de croiser parfois un comédien qui attend son entrée en scène. Arrivée dans la loge, je découvre l'endroit, habité, j'entends le retour son de la pièce qui se joue. Je m'adapte au lieu en le découvrant, la loge de thétre est un endroit souvent improbable, petit, mal éclairé. Je m'installe, je dispose d'une demi-heure avant la fin de la représentation, cela me laisse le temps de m'imprégner et de profiter de ces moments uniques.Dès que le comédien arrive et sort de scène, c'est la rencontre : pour la plupart, on ne se connaît pas. Je ne leur laisse pas le temps de se changer, ni de se démaquiller. La séance dure très peu de temps : 3 ou 4 minutes maximum, une bobine, dés fois moins et je m'éclipse...  
Transport 
[...] Comédien désincarné, C'est quand tu n'es plus toi-même, mais seulement le mannequin, ce vide, ce creux, inconscient, et conscient de cette inconscience, de cette modestie, de cette servilité humble - vide-toi de toi-même ; c'est le commencement de cette pratique [...]. C'est de cela qu'il faut profiter, de cette pureté, de ce vide de soi qu'aucun autre ne peut atteindre sauf le mystique, sauf le fervent, sauf l'illuminé. L'illumination du thétre, ce n'est pas celle de la rampe, mais des mes. [...] Extraits de Le Comédien désincarné. Louis Jouvet / Flammarion 1954 
Films Kodak Professionnel utilisés 
Portra 400 NC en format 120 
photographie.com : 2006-06-14

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