Une réinvention de la photographie

Conférences HP à Arles /
Une réinvention de la photographie / Henry Wilhelm / page 1
Henry Wilhelm réalise des recherches sur la permanence de l'image sur les tirages depuis les années '60. Il a donc suivi toutes les évolutions techniques de la photographie depuis les papiers argentiques noir et blanc, tout d'abord en baryté puis sur support RC ; enfin les halogénures argentiques (la couleur chromogène) ; jusqu'à la technologie du tirage numérique de tous types. Il ne cache pas son bonheur de vivre cette « période extraordinaire et excitante » de la photographie avec le basculement qui vient de se produire. Nous sommes passés de la technologie aux halogénures argentiques à la fois pour les films de prise de vue et la réalisation de tirage vers la capture numérique, vers PhotoShop qui l'agrandisseur idéal dont nous rêvions, et le tirage numérique qu'il considère comme « le plus grand changement que la photographie n'ait jamais connu ». Ce bouleversement a plus de répercussions que le passage du noir et blanc à la couleur et son importance est similaire à une réinvention de la photographie. C'est une chance de vivre cette période.  
Les secrets de l'argentique 
Dès la première publication en 1983, de son livre devenu référence « The Permanence and Care of Color Photographs : Traditional and Digital Color Prints, Color Negatives, Slides, and Motion Pictures », il lui anticipe le passage de toute l'industrie photographique –particulièrement pour la couleur - vers le tirage numérique. Il faut se souvenir que le tirage de couleur sous l'agrandisseur n'offrait aucun contrôle sur le contraste [ce qui nous paraît un aspect essentiel du tirage numérique] ni sur la saturation des couleurs qui est une variable importante, sans oublier ces petits problèmes de points et taches blancs [noirs pour l'inversible] causés par les poussières À cette époque, il n'existait que peu d'informations sur la conservation de la photographie couleurs. Lorsque dans les années '40 Kodak et Agfa introduisirent la photographie couleur chromogène, les deux firmes comptaient sur un basculement du public du noir et blanc vers la couleur considérée comme plus lucrative et destinée à un marché de masses. Pourtant la conservation à la fois des films et des tirages couleurs était considérablement inférieure au noir et blanc qu'ils étaient censés remplacer. Pour néanmoins encourager la transition, Kodak, Agfa ainsi que toutes les sociétés travaillant sur la couleur, ont préféré garder confidentielles les informations sur la permanence de la couleur Il n'existait aucun groupe d'experts indépendants pour tester la permanence de la couleur, ni même dans les institutions gouvernementales ou universitaires. Cette ignorance a persisté jusqu'en 1978 lorsque la Society of Imaging Science and Technology réunit sa première session technique lors de sa conférence annuelle et des informations commencèrent à circuler. Il est donc très rassurant, observe l'expert, que la photographie numérique s'est, au contraire dès son émergence, immédiatement préoccupée de la permanence des tirages.  
Nouvelle technologie, nouvelles solutions 
Le tirage numérique a connu des problèmes inédit tels qu'une nouvelle technologie peut rencontrer dans l'industrie. En particulier, la disparition de certaines couleurs à la lumière [appelé effacement catalytique dû à des conflits entre les colorants] n'avait pas été rencontrée auparavant. À la suite de l'introduction des encres multiples, le domaine d'analyse de l'effacement catalytique devient beaucoup plus complexe. Le laboratoire Wilhelm a dû renforcer ses méthodes d'analyse de la détérioration au bord des zones de couleur. Ce qui fonctionnait pour la photographie argentique chromogène comme la mesure de la bascule de couleurs des chartes de gris [composés à parts égales de Cyan Magenta et Jaune] devenait insuffisant avec les encres multiples [couleurs diluées, noir, rouge, vert, bleu etc]. Avec ces encres modernes comme l'ensemble pigmentaire Vivera utilisé dans le B9180, où l'on trouve des niveaux multiples de gris et de noirs fabriqué essentiellement à partir du carbone [qui est extrêmement résistant à la lumière], il devient impossible de mesurer le changement de couleur sur des chartes de gris. Wilhelm a donc introduit des chartes d'analyse bien plus sophistiquées. Celles-ci intègrent également un aspect essentiel pour les photographes amateurs et professionnels avec la prise en compte des tonalités de peau humaine [80% des photos prises comprennent des humains]. Henry Wilhelm participe ainsi aux comités techniques en charge d'établir les différentes spécifications concernant le tirage numérique dans son ensemble. 
Sous-comités ISO WG5/TG3 Tech.  
. Stabilité en intérieur (includes “Home Display") [Henry Wilhelm, Wilhelm Imaging Research] . Vieillissement thermique (Archivage en obscurité) [Doug Nishimura, IPI/RIT Rochester Institute of Technology], ce sous-comité défini les normes concernant la stabilité temporelle des papiers (résistance au jaunissement). . Résistance au gaz [Paul Wight, Avecia], spécifique au jet d'encre sur les dommages causés par l'ozone. . Spécifications (niveau de lumière, limites, etc.) [Nils Miller, HP] . Résistance à l'humidité [Mark McCormick-Goodhart, Wilhelm Imaging Research], spécifique au jet d'encre. . Durabilité à l'extérieur [Rita Hofmann, Ilford] . Résistance à l'eau [Larrie Deardurff, HP], spécifique au jet d'encre. 
Les encres pigmentées destinées aux professionnels et aux amateurs de haut niveau - telles que les encres Vivera d'HP, K3 d'Epson et Lucia de Canon - ont de nombreux avantages Ils ont le potentiel d'une très haute stabilité à la lumière, ils sont moins sensibles à l'ozone que les encres à colorants et sont insensible à l'humidité. Les tirages aux encres pigmentées sèchent très rapidement et se stabilisent en termes de couleur et de densité. Cette dernière propriété est essentielle en production. 
Intervenant : H. Wilhelm
Le mardi 04 juillet 2006
26, rue du Sauvage, Arles, France

Du 4 juillet au 17 septembre 2006
Du mardi 04 juillet 2006 au dimanche 17 septembre 2006
Maison des Rencontres d'Arles, Arles Cedex, France

photographie.com : 2006-08-10