Interpréter les propos

Visa pour l'image Perpignan 2006 /
Interpréter les propos / Edito du 6 septembre 2006
© Bruno Stevens 
La tarte à la crème à la mode, c'est accuser les photographes de manipulation. Forcément, avec le numérique, ils ne pensent qu'à ça. La guerre de contrôle médiatique qui accompagne le conflit Israël/Hezbollah au Liban a fait rebondir Bruno Stevens qui est à l'honneur à Visa. Il rappelle avec force la qualité essentielle des photographes de news, l'honnêteté. Et celle-ci, va de pair avec la colère qui l'anime lorsqu'il prend son appareil en main. Il était à Beyrouth lorsqu'un ensemble de 11 immeubles de 12 étages a été réduit en poussière en 3 minutes. Il a fait la photo du premier corps sorti du cratère. Une fillette qui 10 minutes avant jouait et était pleine de vie. À force de hurler au loup contre les photographes, on court le risque de détruire l'action des hommes d'images qui est essentielle à l'information. Mais c'est sans doute le but souhaité. C'est une bêtise sinon une erreur tactique comme semblent - au contraire - avoir compris les politiciens français qui accourent à Visa. Le président de la région Languedoc-Rousillon, Georges Frêche avait méprisé Visa pour l'image considéré comme un petit événement local ! Il vient de mettre au pot et donner une subvention sur 3 ans au festival de Jean-François Leroy. Entendu dans les ascenseurs du Palais des Congrès : "Il y avait Frêche à Perpignan pour Visa. - Ah, celui qui a traité les Harkis de sous-hommes ? - Oh, je ne sais pas. On a du mal interpréter ses propos." 
18ème Festival International du Photojournalisme
Du samedi 02 septembre 2006 au dimanche 17 septembre 2006
Hôtel PAMS, Perpignan, France

photographie.com : 2006-09-06