C'est un reportage réalisé en Pologne dans une mine de charbon située à Ruda Slaska, en Silésie(au sud de la Pologne), entre 2001 et 2004.
Ces photos représentent avant tout une volonté d'aller à la rencontre de ceux qui travaillent sous terre.
Le Choix de présentation en diptyque permet, pour moi, d'accentuer la subjectivité de ce travail.
J'ai réalisé ces photos presque hors contexte, sans véritable documentation sur le sujet. Je pense qu'elles montrent juste des hommes fiers de leur métier dans un environnement de travail dur et austère, avec des conditions précaires, qui conservent une certaine noblesse dans leur attitude ainsi qu'une ouverture d'esprit vers les autres.
En effet si j'ai pu obtenir les autorisations nécessaires pour réaliser ce travail c'est parce que certains m'ont beaucoup aidé et lors des prises de vues, aucun n'a refusé d'être pris en photo.
Par ailleurs, la situation actuelle dans le secteur minier est telle que je pense nécessaire de la préciser : la politique ultra-libérale en matière économique mise en place par les frères jumeaux Kaczynski (président et premier ministre de Pologne)dégrade les conditions de travail des mineurs.
Ces politiques rejettent cette «industrie sale» et donc également leurs acteurs en dépit d'une augmentation de la demande en charbon(+1.8% par an, prévision de +60% pour 2030).
Aujourd'hui, la loi interdit au mines d'embaucher de nouveaux mineurs, les mines contournent alors la loi, en faisant appel à des sous-traitants qui payent deux fois moins cher les mineurs pour le même travail.
Le projet de privatisation des mines, le choix à terme de les fermer au lieu de les moderniser, le gel des salaires alors qu'on enregistre des bénéfices record pour ce secteur (en 2004 +2 milliard d'Euros),ainsi qu'une répression accrue et musclée envers les mouvements syndicaux, après une première vague de licenciements massifs par la droite entre 1998 et 2002, sont autant de signe du mépris du gouvernement vis à vis de cette catégorie de travailleurs.
Ce travail est quelque part un hommage.
Julien Guezennec