Le hurlement de la Grenouille

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Le hurlement de la Grenouille / Daniel Castets / page 1
Vous en avez de la chance, soit vous venez de rentrer de vacances et vous êtes en forme; soit vous y êtes encore et vous êtes disponibles; soit vous allez partir et vous trouverez bien un petit moment pour lire cette Grenouille qui est, c'est mon avis et je le partage, la plus importante pour les photographes professionnels indépendants qui photographient le sport. Vous le savez, je suis gérant de l'Agence REGARDS DU SPORT que mon ami Gérard VANDYSTADT a initiée depuis 2005. 73 photographes indépendants déposent à REGARDS DU SPORT depuis 3 ans. A ce titre, je vois la situation difficile que vivent les photographes et surtout les jeunes. J'ai déjà exposé les raisons économiques liées à la baisse du droit d'auteur. Aujourd'hui, je pense décripter de ce qu'on pourrait appeler, “l'élimination préméditée” des photographes indépendants de sport.
Voilà pourquoi la Grenouille ne coasse plus, elle HURLE.
 
Qui sont ces professionnels à qui l'UJSF (Union des Journalistes Sportifs de France) interdit de photographier le sport ? 
Plusieurs d'entre vous (photographes professionnels indépendants) m'ont fait part de leur expérience quant au refus d'être accrédités pour de petites ou grandes compétitions au Stade de France, au Parc, à Bercy ou ailleurs.
La grande majorité n'a pas (ou n'a plus la carte de presse). C'est la principale raison du refus de l'UJSF. L'autre raison avancée est que le quota est atteint, même avec une carte de presse. Certains m'ont raconté des histoires croustillantes :
« Au Stade de France, je donne un boîtier à ma femme avec un 50mm, j'ai l'autre sur le ventre avec le 14mm, comme un touriste ; et le 5,6 de 400 avec la bouffe dans mon sac à dos. Je fais beaucoup d'illustration ; en fait, c'est ce que ne font pas les journalistes. Tu sais Daniel, je me suis rendu compte que plus on me mettait des barrières et plus je prends plaisir à les sauter et à créer. Bien entendu, je paye les entrée mais, nous, on paye tout ».

Ca, c'est un grand classique très connu, c'est pourquoi j'en parle. Je ne dirai rien des combines employées à Bercy sinon qu'elles sont cocasses et très efficaces.
« En tous cas, ce ne sont pas des professionnels indépendants qui ont vendu à 10 Euros les photos de la finale de la Coupe du Monde de Rugby l'année dernière. A ce prix, nous, on ne mange pas; ce sont des accrédités avec chasuble et carte de presse, qui étaient sur la pelouse, qui ont vendu anonymement sur le net. Le ver est dans le fruit, mais l'UJSF refuse de voir la réalité et nous fait payer à nous, indépendants, la conséquence de son incapacité à régler ses problèmes ».
Eh oui, l'UJSF n'a pas encore compris que le véritable danger ne vient pas des photographes indépendants qui ont tout intérêt à ce que les prix soient au plus haut et qui, de toute façon, ne font pas les mêmes photos. Les photographes de presse cherchent l'info pour consommation immédiate, le scoop. Les professionnels indépendants cherchent aussi l'info et le scoop, mais aussi la lumière, le cadre, le point de vue et aussi l'esprit du sport.
Donc au fond, cet ostracisme est ridicule, mais comment leur faire comprendre ?
Lorsque je dis que la vraie raison de nous empêcher de travailler est la peur de la concurrence, je n'invente rien, cela figure en toutes lettres sur la convention passée entre l'UJSF et la Ligue Nationale de Rugby :
« L'UJSF peut être amenée à tolérer la présence de photographes non détenteurs de la carte de sport-presse à raison d'un photographe par club (ainsi que d'un photographe de la LNR), à condition que celui-ci réserve sa production au seul club qui l'emploie et ne commercialise ses photographies en aucun cas »

Si vous n'avez pas compris, on vous fera un dessin.

Comme je l'ai déjà indiqué, l'exigence de la carte de presse n'est en vérité que le prétexte de ne pas avouer la vérité, car cette vérité est nauséabonde.

Continuons le raisonnement. …

La véritable raison n'est donc pas d'empêcher de photographier, mais d'empêcher de vendre en éliminant un maximum de photographes, et donc de dire que la seule façon de distinguer un photographe professionnel d'un non professionnel (?) est d'être titulaire de la carte de presse.

Cela voudrait dire que seuls les titulaires de la carte de presse sont des professionnels ? !

Après une longue conversation avec un responsable d'une fédération sportive qui n'a jamais entendu parler de l'UJSF (si, ça existe, jusqu'à certains présidents de Fédérations) et qui organise personnellement de grandes rencontres internationales des meilleurs athlètes mondiaux, il m'a semblé nécessaire de faire le point de la situation, afin d'informer toutes les fédérations du problème afin de trouver des solutions. 

Les photographes professionnels en France : 
Selon les chiffres de l'INSEE/DEPS concernant l'emploi dans les professions culturelles, il y a en France :
13000 photographes professionnels, dont :
- 38 % sont des salariés (journaux, mags, collectivités territoriales, etc ..),
- 62% sont des non salariés (auteurs, artisans) qui vivent uniquement de la photographie,
- 8% seulement ont une carte de presse (statistiques IJBA).
Si on ajoute à ces professionnels de la photo, les auteurs qui vivent principalement d'un autre métier mais qui diffusent leurs photos en droits d'auteur, on peut facilement doubler le nombre d'auteurs photographes.
Si on examine les statistiques de l'INSEE, on remarque que parmi toutes les professions culturelles, les photographes sont les plus âgés. En effet, 62% ont plus de 40 ans.
Cela montre la crise de la photographie, où les jeunes ne peuvent se faire une place. Je n'ai pas de statistiques pour ce qui concerne la photo de sport, mais je suis convaincu qu'il y encore beaucoup moins de jeunes photographes tant les barrages économiques et de toute nature sont importants.

- Le photographe de Presse a pour mission de rendre compte par l'image des événements quotidiens. Il peut être salarié d‘un quotidien, d'un magazine, d'une Agence, des trois à la fois (Voir le groupe l'Equipe, quotidiens, magazine et Agence Presse Sport). Il travaille en fonction de l'actualité, est soumis aux directives de son employeur. Il est payé en salaire et bénéficie d'une convention collective. Il est syndiqué (ou pas). Il n'a pas le choix des photos publiées.
Il y en a d'excellents, des bons et des moins bons. Ils sont tous censés avoir la carte de presse.
Leur statut de salarié leur interdit (en principe) de commercialiser en direct avec les organisateurs, les Fédérations et les sponsors. Il y en a de moins en moins, car les journaux licencient et les agences disparaissent.

- Le photographe auteur indépendant photographie ce qu'il veut, quand il veut, comme il veut. Il y en a de plus en plus.
S'il est excellent et travailleur, il gagne correctement sa vie, mais de plus en plus difficilement.
S'il est excellent et flemmard, il mange des sardines.
S'il est moins bon, il n'est plus photographe.
Il est payé en droits d'auteur et essaye de faire quelques piges en salaire pour arriver à passer le cap des 600 Euros /mois (seuil minimun pour l'obtention de la carte de presse).
Il cotise aux AGESSA pour avoir une couverture sociale de misère.
Les droits d'auteur ayant considérablement baissés, il pratique souvent un second métier pour s'assurer une base économique afin de garantir l'avenir de sa famille. Cette tendance devient quasiment la règle. Tout cela étant parfaitement légal, il cotise et paye ses impôts.
Ils sont de moins en moins nombreux à avoir la carte de presse. On peut prévoir que dans moins de 5 ans, il n'y en aura plus si les Fédérations Sportives, le CNOSF, Le Ministère des Sports et celui de la Culture, ne mettent pas bon ordre à l'expansion et aux folles prérogatives de l'UJSF.
Les statistiques de l'AGESSA montrent une progression des photographes auteurs de 300% entre 1993 et 2005.
Les photographes auteurs représentaient en 1993, 10% des cotisants à l'AGESSA.
En 2005, ils représentaient 30% des cotisants. Et cela continue.
Le photographe auteur fait des expositions, des livres, travaille pour les sponsors, pour la pub. Il fait donc des photos sans être sûr de les vendre (les droits). Il paye de ses deniers ses déplacements, son matériel, etc…
Enfin il est propriétaire des droits moraux, patrimoniaux et commerciaux de ses photos. A l'inverse des photographes salariés il peut vendre ses photos a qui il veut.
Voilà pourquoi il est éliminé des stades. En fait, tout le monde a besoin de ses photos, mais les « hommes libres » font peur à certains groupes de presse et quelques uns de leurs séides !

- Le photographe artisan ou commerçant a souvent une boutique qui lui permet d'exposer son travail de création ou de commande. Il fait des rapports d'entreprise, des mariages, des commandes d'entreprise ou de particuliers. Il a donc un statut d'artisan. Il émet des factures. Certains ne sont que des vendeurs de matériel, d'autres sont aussi des artistes. 

92% des photographes professionnels sont exclus par l'UJSF. 
On peut donc constater (à 2 ou 3 % près) que 9 photographes professionnels sur 10 n'ont pas de carte de presse (ils ne la revendiquent pas).
L'UJSF a donc décidé arbitrairement de les exclure, des stades, des gymnases, des piscines, etc …
Au nom de quoi, au nom de quel principe républicain une seule catégorie de photographes aurait-elle le droit de photographier une compétition sportive publique organisée par une fédération sportive sous tutelle d'un ministère de la République ?
 
Comment faire une exposition, un livre, une commande pour une fédération sportive, pour un sponsor, pour la pub etc… si on ne peut faire de photos, comme l'indiquent avec force les dirigeants de l'UJSF, sans le « sésame indispensable pour entrer dans les stades et enceintes sportives sur tout le territoire » que représente la carte SPORT-PRESSE (quadri-annuelle et payante) de cet organisme, délivrée aux seuls détenteurs de la carte de presse.
La carte de l'UJSF prétendrait-elle se substituer un jour à la vraie CARTE DE PRESSE de la CCIJP ?
Alors là, ce serait la mort certaine en France de la photographie sportive.
 
J'ai passé 3 heures à la FNAC au rayon des livres de sport et plus particulièrement des livres photos. J'ai constaté (avec étonnement) que plus de 90% des photos étaient produites par les photographes indépendants (livres d'actualité).
J'ai interrogé deux d'entre vous (merci à Pierre et Raymond), qui connaissent bien le milieu sportif.  
Qui réalise des expositions de photos sportives ? Il n'y a que des indépendants.
Qui aide les clubs dans les départements à promouvoir le sport ? Les indépendants.
Qui aide les ….Fédérations Sportives ? etc ..
 
C'est tout à fait compréhensible, les photographes salariés sont aux ordres de leur patron et sont payés pour photographier ce qu'on leur demande de photographier, et les patrons de presse ne sont pas, dans la situation actuelle de crise de la presse, enclins à faire des cadeaux à qui que ce soit.
 
Donc pour résumer, je ne remets pas en cause la carte de presse. Je le précise à nouveau, car certains voudraient m'entraîner dans cette voie. Je remets en cause l'abus de pouvoir d'une association qui s'est autoproclamée « gendarme des photographes sportifs » et cela avec comme seul objectif d'éliminer la concurrence.
D'éliminer 92 % des photographes professionnels. D'éliminer les créateurs. 
Gérard Vandystadt : l'homme à abattre : 
J'aurai bien voulu exposer dans la Grenouille plusieurs exemples afin de soutenir mon propos. Un seul a accepté de témoigner à découvert.
D'autres parmi vous, m'ont donné (résumé) la raison suivante : « J'arrive encore à faire des compétitions Foot, Rugby, de Basket et de Handball en me faisant tout petit pour passer entre les mailles, si je me fais remarquer ….. »
Seul Gérard Vandystadt m'a donné des éléments et l'autorisation de rendre son cas public. Je dois dire que le dossier constitué ces 2 dernières années est impressionnant. Je n'ai retenu que les exemples de ces dernières semaines.
Gérard Vandystadt a envoyé un mail à des centaines journalistes sportifs de sa connaissance et bien entendu aussi aux dirigeants de l'UJSF ainsi qu'à de nombreux responsables sportifs français, afin qu'ils soient au courant de sa démarche.
Dans ce mail, il critiquait sévèrement les agissements de l'UJSF qui lui interdit de faire son métier de photographe car pour des raisons techniques et administratives, sa carte de presse (qu'il a eue pendant 27 ans) n'a pas été renouvelée pour 2008.

Vous trouverez ci dessous 2 mails de 2 dirigeants nationaux de l'UJSF :

De : "Bernard LEMAURE" bernard.lemaure@mc-doualiya.com
Date : 30 juin 2008 11:59:13 HAEC
À : "AGENCE REGARDS DU SPORT"
gerard.vandystadt@wanadoo.fr
Objet : RE: # 1 - Communiqué IMPORTANT de Gérard Vandystadt / affaire UJSF

Cher Gérard

C'est très bien d'en appeler aux journalistes sportifs, encore faut-il mériter ce titre!
Tu te présentes comme photographe de sport, donc pas journaliste; tu n'as d'ailleurs plus de carte professionnelle depuis un certain temps !.
Donc, pas de carte, pas d'accréditation; à quel titre te la donnerait-on?
Le débat est clos.
Cordialement.

Bernard LEMAURE
Vice-président national de l'UJSF, en charge des syndics de presse
Syndic de presse du Parc des Princes et du Stade de France

Que dire d'un tel terrorisme de la non pensée, d'une telle inculture ?
Que dire d'un tel autoritarisme bête et méchant ?

Vous avez bien compris, le débat est clos.
Avec ces gens-là, Monsieur, on ne discute pas. Avec ces gens-là, Monsieur, on doit s'écraser (en silence).
Si ce dirigeant responsable était photographe de sport, ou, a minima, connaissait un tant soit peu l'histoire de la photographie sportive, il saurait :

  • Que Gérard Vandystat a créé l'une des plus belles Agences photographiques de Sport de la planète et ce, en France.
  • Qu'il a diffusé et fait publier des centaines de milliers d'images sportives pendant 28 ans.
  • Qu'il vient d'initier la création de REGARDS DU SPORT où déposent 73 auteurs photographes professionnels indépendants. Le voilà le concurrent.
  • Qu'il y a en matière de photo de sport en France, un avant-Vandystadt et un après-Vandystadt.
  • Que tous les photographes qui ont travaillé et travaillent avec lui le reconnaissent comme leur maître et le font figurer sur leur CV.

 

- Avez-vous lu le Numéro 19848 du 24 Mai dernier du Figaro Magazine concernant le tennis à Roland Garros ?
Il y a une seule double page de …..Gérard Vandystadt.
La pleine page d'ouverture est de ….Gérard Vandystad
Sur les 68 photos qui composent le sujet, 10 viennent de REGARDS DU SPORT (sa nouvelle Agence)
Au fait Gérard Vandystadt a toujours été normalement accrédité au tournoi de Roland Garros. Le contraire eût été dommage car sur le site Internet de REGARDS DU SPORT, Roland Garros est représenté à hauteur de 6000 photos (gênantes pour qui ?).
http://www.vandystadt.com

- Le 28 Juin dernier, Gérard Vandystadt a été interdit de Stade de France par l'UJSF pour la finale du TOP 14 entre TOULOUSE et CLERMONT parce qu'il n'avait pas la carte de presse à jour pour 2008.
- Quelques mois plus tôt, il était accrédité pour la Coupe du Monde de Rugby par l'International Rugby Board (Fédération Mondiale).

Gérard Vandystadt peut travailler les plus grandes instances mondiales, mais pas avec les Français de l'UJSF. Marrant, non ?
Là aussi, REGARDS DU SPORT héberge 3500 photos de la Coupe du Monde de Rugby et plus de 20.000 en deux ans pour l'ensemble de la discipline (gênantes pour qui ces bonnes photographies ?)

- L'Académie des Sports créée en 1905 pour garantir l'éthique du sport.

Elle compte dans ses rangs les plus grands sportifs de la planète mais aussi des personnalités influentes, amoureuses du sport comme Jean DURRY, Monique BERLIOUX, Arnaud LAGARDERE, Serge KAMPF, Maurice DRUON, Jean Claude KILLY, Pierre MAZEAUD, Christian PEUGEOT, Henri SERANDOUR et bien d'autres …

Leur photographe choisi par les Présidents de l'Académie depuis plus de 10 ans est …. Gérard VANDYSTADT. Il ne leur est pas venu à l'idée de lui demander s'il avait ou non la carte de presse. Et comme par hasard, ils n'ont pas choisi le plus mauvais. 

La photo ci-dessus est construite et réalisée par Gérard VANDYSTADT et Christian PETIT le 27 Mai dernier, lors de la remise des prix à l'Académie des Sports.

Trois jours plus tard, l'UJSF refusait à Gérard VANDYSTADT l'entrée du POPBercy où jouait tout simplement, l'Equipe de France de Handball.

C'est incroyablement drôle, non ?

Pour couronner le tout, Gérard VANDYSTADT a reçu les félicitations personnelles de Juan Antonio SAMARANCH (alors Président du CIO) et du Président CHIRAC pour ses talents de photographe et sa contribution au développement du mouvement sportif international.
J'ajoute qu'il a couvert 12 Jeux Olympiques, des dizaines de Championnats du Monde, etc …..

Le 1er Prix Sport du World Press Photo (Single)
Le World Press a été créé en 1955.

Il y a en France un seul photographe de PRESSE (de sport) qui a reçu le 1er prix Sport du World Press Photo (Single) et cela en plus d'un demi siècle.

C'est …… Gérard Vandystadt (en 1990) 

A l'époque on n'avait pas Photoshop pour redresser et retoucher …..


Une autre, aussi de l'UJSF, la plus récente :

De : jeanfrenault@hotmail.fr
Objet : ujsf
Date : 7 juillet 2008 09:05:39 HAEC
À : regardsdusport@wanadoo.fr
Cc : ujsf@ujsf.fr

Gérard,

Je ne vais pas répondre à ta logorrhée mégalomaniaque.
Tu n'as que mépris pour ceux qui essaient, bénévolement, de faire respecter des règles acceptées par tous (et les organisateurs à travers les conventions et les journalistes). Mépris pour leurs carrières, il est vrai minables par rapport à la tienne qui a débouché sur ce que l'on sait. Mépris pour tes collègues photographes, qui ne sont évidemment pas des "photographes-créateurs" comme toi, mais qui ont néanmoins leur carte de presse. Mépris pour cette carte de presse que tu trouves "chiant" de demander. Alors, fais donc des mariages le samedi, tu ne viendras pas te mêler à la populace.
Evidemment, l'UJSF ne changera pas d'attitude à ton égard. Au contraire!

Jean-François Renault
Secrétaire général de l'UJSF
Ancien directeur adjoint de la rédaction de l'Equipe

Répondre à des questions précises par une tirade insultante, imaginée de toutes pièces, est une bien triste idée, bien connue lorsqu'on est à cours d'argument. On botte en touche en tentant d'humilier le contradicteur et d'éviter ainsi d'aller à l'essentiel. Terrible, venant d'un Secrétaire Général.
Faire respecter les « règles acceptées par tous » est moins évident si l'on considère que 9 photographes sur 10 sont exclus par les règles et que ces règles ont été établies unilatéralement par ceux qui les font appliquer. Imaginons cela en politique.
Je ne suis pas sûr que les fédérations qui ont signé cette convention aient bien compris jusqu'où cela pouvait aller, dans quelles voies elles s'engageaient et quelles responsabilités elles prenaient.
« Mépris pour les photographes », c'est dire n'importe quoi pour blesser, quand on sait les carrières qu'il a suscitées et aidées. Que certaines personnes ne peuvent le voir en photo, c'est ben possible. Peut être bavent ils d'envie devant son travail d'Agence (s) et de photographe.
« Mépris pour la carte de presse », certainement pas. Ca fait 30 ans qu'il les collectionne précieusement avec des milliers d'accréditations (certaines pièces sont au musée national du sport).
Nombreux sont les photographes indépendants qui « font des mariages le samedi ». Il y en a de fabuleux.
Qui méprise qui ?
J'ai fait dernièrement le mariage de mon neveu et je témoigne que c'est souvent techniquement et physiquement plus difficile qu'un match de foot du PSG au Parc !
Que « l'UJSF ne changera pas ». On l'avait compris. Quel aveu !
Le « au contraire !» est inquiétant et intéressera certainement le juge.

Cette lettre est un monument de méchanceté et comme dirait mon psy, un cas typique de transfert.
« On n'est pas sorti de l'auberge » !

Ce Monsieur (fort vulgaire ma foi), aurait pu se poser la question de savoir pourquoi à 59 ans, Gérard ne demande tout simplement qu'à pouvoir travailler et réaliser des photographies de sport, sous les pluies de Février et les giboulées de Mars, la nuit, avec 20 Kg de matériel sur le dos, au Parc ou au Stade de France 

La der des ders si si ! 
L'UJSF a interdit le Stade de France à Gérard Vandystadt pour le match anniversaire de la victoire de l'Equipe de France de Foot en 1998. C'était le 12 Juillet dernier.
Motif : pas de carte de presse à jour.
Gérard a produit 40 livres (trop pour certains) dont 3 sur l'Equipe de France de Foot de 1998, dont l'un a été réédité à la demande du Consortium du Stade de France pour être offert à des invités de marque. 
Là aussi, comme au Rugby, on fait appel à celui que l'on considère comme étant le meilleur dans sa catégorie. Photographe de sport et … éditeur en la circonstance.
Il paraît que ses livres ont fait beaucoup d'ombre à ceux qui s'estiment être les détenteurs officiels de la vraie photo et des vrais textes de sport, du type de ceux qui s'impriment principalement sur papier journal.
 
Décidément, le talent et le bon travail leur sont insupportables, surtout s'ils ne viennent pas de chez eux !
 
il y en a encore une autre de très drôle (Je suis incorrigible).
L'un de vous, avec carte de presse à jour, et donc accrédité, a envoyé la photo ci dessous à Gérard Vandystadt. Il paraît que ce n'est pas la seule. 
Comme le montre la photo ci-dessus (dessous), du Match anniversaire du 12 Juillet dernier, ils sont 7 accrédités à faire des photos sur les bancs photographes avec un téléphone portable, plus deux qui ne font rien. Cela prouve au moins une chose, il restait de la place pour de bons photographes.
Il n'en manquait qu'un, et deux, et trois ? ………. et bien entendu, beaucoup d'autres consignés devant leur TV.
Pour Gérard, photographe de 16/18 matchs (dont la finale), cet anniversaire lui laissera un goût …d'égoût. 
Si vous voulez rigoler un bon coup, allez sur Google. Tapez Gérard VANDYSTADT et notez le nombre de liens. Tapez ensuite Bernard LEMAURE, Jean François RENAULT, André DECARNELLE ou tout autre dirigeant du Bureau National de Paris et comparez 
Et bien non ! 
Voilà que Jacques GODDET s'en mêle. Un « Moussu » (grand monsieur), comme on dit dans le Gers, qui avait sa place réservée à Bercy. Il venait toujours serrer la main des photographes avant de s'asseoir, mais aussi discuter photo pendant les pauses. « Total respect » 
Je ne résiste pas au plaisir de mettre la légende de cette photo.
 
JACQUES GODDET, FONDATEUR DU JOURNAL SPORTIF L'EQUIPE, DIRECTEUR DU TOUR DE FRANCE DE 1936 A 1987, AVEC GERARD VANDYSTADT, PHOTOGRAPHE DE PRESSE  DEPUIS 1978, FONDATEUR ET DIRECTEUR DE L'AGENCE DE PRESSE VANDYSTADT, A PARIS, FRANCE.

JAQUES GODDET AIMAIT LE TRAVAIL PHOTOGRAPHIQUE INNOVANT DE GÉRARD VANDYSTADT ET DE SON AGENCE DE PRESSE POUR LE SPORT. IL EST VENU EN "PAIR" ET... GRAND-PERE AFFECTUEUX LE LUI DIRE DE VIVE VOIX. L'ENCOURAGER À POURSUIVRE LONGTEMPS, ET ENTRE AUTRE, IL LUI A FORMULE LE SOUHAIT DE DECORER SON BUREAU À L'EQUIPE, AVEC QUELQUES-UNES DE SES MEILLEURES PHOTOGRAPHIES.

PHOTO RÉALISÉE AU SIEGE DE L'AGENCE DE PRESSE VANDYSTADT (DANS LE BUREAU DE GERARD VANDYSTADT), 61- 63, RUE DES ENTREPRENEURS À PARIS XV, FRANCE, en 1988. 

l'UJSF est-elle utile aux photographes professionnels ? 
Rappelons que cette Union a été créée par Félix LEVITAN en 1958 pour garantir aux journalistes les moyens matériels de leur travail. Elle a aussi permis et permet encore de choisir qui peut ou ne peut travailler.
Faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain ?
Non, pas complètement. Une organisation est indispensable pour que les photographes professionnels, avec ou sans carte de presse, puissent faire leur métier correctement dans les meilleures conditions possibles.
D'autre part les places pour photographier ne sont pas extensibles à l'infini dans certaines structures. Tout le monde ne peut rentrer et il est évident qu'il faut faire des choix.
Souvenons-nous qu'il y avait, quand même, 400 photographes en 1998 pour la finale de la Coupe du monde au Stade de France. Il n'y en avait que 90 dans le même stade pour la finale du TOP14 en Juin dernier.
Quand on voit certaines accréditations pour la finale du TOP 14, on se rend compte qu'il y a problème sur les aptitudes de certains à faire du Rugby.
Pour savoir qui est apte ou ne l'est pas, encore faut-il avoir une culture photographique, une connaissance du milieu. Or, au sein de la direction de l'UJSF Nationale à Paris, non seulement il n'y a pas de photographe sportif, mais il n'y a pas de photographe du tout. J'ai demandé à deux « accrédités permanents » pourquoi ils n'étaient pas volontaires.
La réponse est d'une évidence telle que je n'y avais pas pensé ; je la résume :
- « On est salarié, donc on est payé pour faire des photos, on ne peut pas être au four et au moulin ».
- « Tu veux pas qu'on se mette des copains à dos, on est toujours les mêmes sur les stades ».
- « On n'est pas d'accord avec les critères de choix, comment veux-tu qu'on les applique ? ».
- « C'est un job pour les retraités, nous, il faut qu'on bosse ».

En résumé, avec des arguments divers, pas un seul photographe salarié avec carte de presse, ne veut s'impliquer dans le fonctionnement de l'UJSF. C'est une réalité.

La question primordiale étant « qui peut photographier et qui ne peut pas ? ».

Il me semble que la meilleure solution est d'accorder les accréditations à l'année. C'est comme cela que pratique la F1, et ça fonctionne.

Il faut créer une vraie commission démocratique des accréditations qui statue à l'année pour choisir les photographes professionnels, avec ou sans carte de presse, aptes à photographier et cela dans chaque discipline et seulement pour les grandes compétitions nationales ou internationales.
Une réunion trimestrielle peut examiner les nouvelles demandes.
Bien entendu, la carte de presse n'est plus le seul critère exigé sous peine d'exclure 92% des photographes.
Les photographes candidats à l'accréditation doivent s'engager à suivre un minimum de compétitions par discipline qu'ils souhaitent couvrir.
Il y a besoin de faire de la place aux jeunes photographes. Ceux qui sortent des écoles de photo n'ont aucun débouché (voir statistiques)
Il faut les laisser rentrer sous conditions sur les compétitions locales ou régionales afin qu'ils puissent apprendre à photographier le sport et se constituer un book qu'ils présenteront à la Commission Nationale. Bien entendu, cette Commission Nationale élue par les photographes est composée, entre autres, de photographes salariés journalistes et d'auteurs photographes professionnels indépendants.
Bien entendu, des ajouts de photographes pourront être effectués en fonction des demandes des journaux locaux, sponsors, organisateurs, etc …
Le syndic de presse (un photographe) sera mandaté démocratiquement pour prendre les décisions.
Il ne devra pas y avoir de syndic permanent, mais un syndic différent à chaque compétition importante au sein de la même discipline. Ce syndic sera choisi parmi les photographes régulièrement accrédités. Son rôle sera de représenter les photographes auprès des organisateurs mais aussi de faire respecter les règles par les photographes.
Il ne s'agit pas de remplacer une dictature par une autre dictature, mais de prendre le maximum de garanties (démocratiques et … intelligentes) pour assurer la liberté du travail de professionnels pour un rendu maximum au bénéfice de TOUS les médias, des organisateurs et des athlètes et donc du sport.
Ces quelques idées sont le fruit de discussions, depuis plusieurs mois, avec de nombreux photographes sportifs salariés et indépendants. Elles méritent d'être examinées. 

Les Fédérations sportives : 
Certaines fédérations sportives ont signé une Convention avec l'UJSF, où est laissé à cette dernière le soin de décider, au final, arbitrairement, de la totalité des accréditations. C'est à partir de cela que les problèmes sont survenus. Le fait que les photographes indépendants et spécialisés dans des disciplines qu'ils connaissent parfaitement soient exclus, porte préjudice à ces Fédérations, aux organisateurs, aux sponsors et aux sportifs.
Bien entendu, ces photographes professionnels en subissent de graves préjudices matériels et moraux.
Les exclure des stades, c'est vouloir les faire disparaître. Est-ce l'intérêt des Fédérations sportives et du sport en général ? 
Aux auteurs photographes professionnels indépendants : 
La gravité de cette affaire justifie qu'elle soit portée devant la justice Française et si besoin devant la Cour de Justice des Communautés Européennes.
Donc si vous vous sentez concernés et si vous souhaitez défendre sérieusement votre droit au travail, n'hésitez pas à prendre contact avec moi (je ferai suivre) pour un premier recensement des problèmes et besoins. Comme pour Gérard, vos témoignages (récents ou anciens) sont également les très bienvenus.

Une dernière réflexion : Aujourd'hui, tu es photographe journaliste, salarié ou indépendant (avec carte de presse), et demain ?
Si l'UJSF ne trouve rien d'autre à faire de plus utile pour la photographie de presse et de sport en général, que de s'amuser à avoir la peau de Gérard Vandystadt avec le palmarès qu'il a, que feront ils de toi ? 

Il y a encore un truc qui me démange. 
« Au lieu de combattre l'envahisseur (1), ils tuent leurs frères ».
d'un résistant du « bataillon d'Armagnac ».
  (1) Getty ou Corbis

« De même répétait-il souvent : « La France vacharde »  Cela voulait dire qu'elle tombe dans la veulerie et qu'elle cherche à donner le coup de corne ou le coup de pied de l'animal rétif à ceux qui veulent la faire avancer »
de Philippe de Gaulle dans « de Gaulle mon père »
 
Ca y est, j'ai fini …pour aujourd'hui. 

Regards du Sport Agence photographique
127, rue du Faubourg Saint-Antoine
75011 Paris, France

www.vandystadt.com
photographie.com : 2008-07-22