Pour faire honneur à la tradition arlésienne, ces rencontres ont entraîné de nombreuses polémiques…autour de la programmation des expositions d’une part, puisqu’on a reproché à Gilles Mora ses choix hétéroclites ; autour des soirées avec le film de Bergala, le diaporama de Jean-Michel Alberola, ou encore avec la soirée en direct " On Air " de Valery Grancher…
Chaque jour à midi, les festivaliers ont pu s’exprimer sous le micocoulie
r.

 

[direction] le sens du festival

La presse a reproché à la programmation de cette année d’être hétéroclite, soit, une nouvelle fois décousue et peu cohérente.
A ces critiques, Gilles Mora répond qu’une fois de plus, sa programmation est construite autour d’une problématique précise. En l’occurrence, celle de la photographie traversée, celle du métissage des genres, des technologies. " Chaque partie de mon festival correspond à une autre. " Et on retrouve l’idée de métissage dans chacune des thématiques de soirées. Pour Sommer, on parle d’un artiste polyvalent, le film sur Weston et Modotti fait appel à un réalisateur de cinéma, Alain Bergala, la première soirée, faisait appel à un peintre, Jean-Michel Alberola. " Tout cela a un sens. Et si ce sens, on n’arrive pas à le rendre sensible, c’est que j’ai un problème de communication. "


[bruit] un son abrutissant


Un journaliste américain, et d’autres personnes parmi lesquelles Willy Ronis, se sont plaints du trop grand volume sonore lors des projections. Un son qui a forcé le public à garder ses mains sur les oreilles pendant toute la soirée.
Gilles Mora a répondu à cela en expliquant que comparé aux salles de cinéma américaines dans lesquelles il a l’habitude de se rendre, le son n’était pas fort.

[image] le travelling sur Tina Modotti


Willy Ronis a regretté le balayage sur les photographies de Tina Modotti, qui empêchait le public de pouvoir apprécier réellement les photos. Il trouve cela intéressant, parce que cela prouve que l’image est riche, qu’elle contient quantité de points intéressants, " mais je trouve que cela n’est justifié que lorsque l’on met l’image en entier soit avant l’exploration, soit à son terme, . Et bien souvent vous ne l’avez pas fait. C’est dommage…."
Pour Alain Bergala : " toutes les images qui ont été ainsi détaillées, ont auparavant été montrées en entier dans le film de Gilles Mora, quelques minutes plus tôt " (en préambule du film, dans un déroulé rapide de toutes les images, ndlr). Gilles Mora : " Tina Modotti n’avait, aucun a priori, quant à la présentation de ses photographies. On pouvait les présenter à l’endroit, à l’envers ; ce n’était pas son problème. "

[discount] "à combien le charter pour Mexico ?"

Le film d’Alain Bergala sur la " Romance à Mexico " consiste en un dialogue entre deux comédiens sur leur approche de l’œuvre et de l’histoire d’Edward Weston et de Tina Modotti. Entre deux scènes, on entend –très fort- des injonctions familières ou des phrases telles que " aujourd’hui j’ai trouvé sur internet un charter à 2500F pour Mexico. "
Annick Benoist, de l’AFP,estime que s’il était effectivement nécessaire d’avoir des commentaires pour comprendre le travail de Frederic Sommer, cela était inutile pour les photographies de Tina Modotti et d’Edward Weston. " Elles n’ont pas besoin de ce verbiage de la veillée des chaumières. On prend les gens pour des cons et je suis désolée qu’on ait pu imposer cela aux gens. C’est scandaleux. "
Face à cela, Gilles Mora défend le scénario d’Alain Bergala. " A aucun moment je ne me désolidariserai d’Alain Bergala que j’ai fait venir. Si vous estimez que cela est du verbiage alors dans ce cas, c’est tout le système dans lequel nous vivons qui en est rempli. Le dialogue de cette " Romance " n’a rien à voir avec le verbiage qu’on vous présente en continu sur les émissions qu’on vous présente sur Arte, sur les commentaires débiles qu’on vous fait sur les planches-contact sur Arte ou sur d’autres chaînes. "

[pédagogie] le respect (du) public


Une voix dans l’assistance sous le microcoulier : " vous méprisez le public ".
Alain Bergala : " Si je méprisais le public, j’aurais fait une soirée académique sur Weston avec un diaporama classique, mais cela ne m’intéressait pas. Je préfère ce qui s’est passé hier soir."