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Milia deux, créatif ! Ce lundi 9 février raisonnait satellite et Internet, ou encore
câble : chacun y allant de son avenir meilleur pour nous arroser
de contenu multimédiatique. Lavenir nous dira qui disait vrai
aujourdhui, car il faut être prudent en la matière : les prétendants
à laccès à Internet via le câble à Paris notamment en savent
quelque chose. Il y a eu également le lancement de lEuroPrix
98 MultiMédiaArt par la Commission Européenne DG XIII au travers du programme
INFO2000 , destiné à distinguer les meilleures productions européennes
commercialisables dans les catégories suivantes : Cette dernière catégorie inclut les jeux « spécialement destinés
aux filles » ! Est-ce pour cela que le Milia 98 sest offert un
« point de vue douverture » par Brenda Laurel, vice-présidente
chargée du design de la société Purple Moon (USA), dont la vocation serait de « produire des programmes à
la fois éducatifs et divertissants pour les jeunes filles âgées
de 8 à 12 ans » (dixit le dossier de presse)? La remise des prix
aura lieu à Vienne (Autriche) en décembre 98, autour des dates
du Sommet du Conseil de lEurope. Il y a eu encore le très officiel lancement de « Scala on line »,
soit laccessibilité prochaine au catalogue et à la prévisualisation
du fond dimages Scala, avec rien que du beau monde comme Bob
Stein (sans qui la création en multimédia ne serait rien), Xavier
Roy, Philippe Guttières-Lasry (European Interactive Media Federation),
Bernard Smith (DG XIII), Julien Mitelberg (Studio Grolier) et
Gérard Bonnevay, président de Museums on line , qui nest pas pour rien dans cette histoire. Tous se sont évertués
à parler dans un anglais accentué à un parterre pourtant conquis
et à majorité francophone. Mais le Milia est ainsi, et les events
peut-être aussi. Enfin, il y a eu le pseudo lancement de CultureObs, annoncé
comme « le premier site web francophone, dédié à la culture, mariant
richesse des contenus et qualité des services : programmes télé,
cinéma, musique, livres...», sur le stand Apple, lieu du rendez-vous.
Je ny ai vu que des verres et des petits fours ! Merci quand
même. Le Milia, cest ça aussi, à limage de la conférence de
presse dApple où nous avons pris connaissances des nouveautés...
dil y a quelques mois (on ne leur en veut pas, la gamme G3 est
superbe), excepté la présentation de létonnant QuickTime 3 qui
autorise entre autres la diffusion vidéo en plein écran même,
dit-on, sur des petites machines. Denis Gliksman à son stand je viens au Milia, ma-t-il répondu, parce que cest là où je
rencontre les gens les plus motivés. Cest peut-être leffet du
prix du ticket dentrée : le public ne vient pas ici en touriste.
Lorsque quelquun sintéresse à tes réalisations, tu ne perds
pas ton temps à lui faire une démonstration. Le Milia a cette
densité de gens intéressants. Cette année, je suis sur un endroit totalement stratégique : puisquil
sagit du stand QuickTime 3 (technologie Apple) sur lequel quatre
à cinq démonstrateurs comme moi montrent les différents aspects
de la technologie. Le fait que ce soit des personnes extérieures
à Apple est dailleurs extrêmement intéressant ; car ils arrivent
avec des contenus et que ce sont de véritables utilisateurs venus
non seulement présenter des outils, mais également leurs réalisations.
Pour moi cest loccasion de montrer le potentiel de QuickTime
VR et QuickTime VR 2 (une technologie dimages tournantes voires
panoramiques, démontrée également sur son site) maintenant augmenté par le potentiel nouveau de QuickTime 3. tu sembles être le seul photographe à sexposer au Milia, comment
expliques-tu cela ? Et auparavant, te considères-tu encore comme
photographe? je suis complètement photographe, et cest ma vraie valeur ajoutée.
Je ne cherche pas à appartenir à une normalité. Je fais des trucs
comme je le sens. Il y a cinq à dix ans, jai senti que des choses
allaient bouger. Lorsque jai vu mes premières images sur un écran
en millions de couleurs, jétais certain de ce qui allait se passer.
Je ne savais pas quand, mais je savais quon allait bosser pour
les tubes (image des réseaux). Pour moi, cétait donc naturel
dévoluer avec les outils ; et quand jen ai eu assez (marre)
de faire des diaporamas, cela ma donné envie dy mettre un peu
dinteractivité. Je suis donc passé à Apple Media Tools (logiciel
aujourdhui suspendu), puis à dautres outils comme le QuickTime VR.
Mais pour moi, je continue toujours à penser en terme dimages. Cest un peu comme lorsquon commence jeune photographe avec un
petit appareil quon vous a donné. Ensuite, on achète dautres
boîtiers. Dans mon armoire, jai ainsi un Hasselblad, une Sinar,
du Leica, du Nikon et maintenant un E2, des caméras vidéo : peu
importe le stylo... nas-tu pas peur de perdre l'essence même de la photographie ? non. Cest même clairement ce que les gens viennent chercher.
Actuellement, tout le monde peut acheter les outils que je possède.
Toutes les personnes pour lesquelles je travaille les ont. Elles
réalisent les parties 3D, et viennent me chercher pour la partie
photo. Il ny a pas de mystère : ce que je vois dans les images
me fait trouver des solutions dans les logiciels. Simplement,
plus tu connais les logiciels, plus tu trouves des solutions facilement.
Plus ça va, plus je peux inventer des trucs avec des nouveaux
outils. Je ne me pose donc pas la question de savoir si je fais
de linformatique ou pas. Ce nest pas un problème doutils, cest
un problème de cerveau.
et langoisse du piratage ? personnellement, je ne me préoccupe pas des pirates, je me préoccupe
de mes clients. Plus ça va, plus je montre. Je sais que je suis
pompé partout, mais cest aussi pour cela que jai de gros clients.
Il ne faut pas avoir peur de montrer que tu es le meilleur et
que tu as toujours une idée en plus... Il ne faut pas être mesquin
de ses idées, ni de ses envies. est-ce que les photographes auraient intérêt à investir le Milia ? je nen sais rien. À mon niveau, cest intéressant dy être
dans les conditions où jy suis. Mais je ne sais pas si jaurais
pris un stand en le payant au plein tarif et en étant dans un
coin tout seul. Ce qui est clair, cest quil faut faire des actions
intelligentes. Lannée dernière, jétais avec un partenaire qui
était Nikon. Cette année, je suis avec Apple. Je dis vraiment
partenaire parce queux me donnent un emplacement, et moi jamène
un contenu. Lun sans lautre ne fonctionne pas. Borderline Borderline Pour terminer la journée, je suis allé faire un tour du côté du
club des jeunes créateurs (infos sur le site du Milia) . Il sagit dun espace bleuté où lalibi culturel et philanthrope
du Milia expose ses uvres. La créativité y règne. Lambiance
est bon enfant ; et chacun rêve avec plus ou moins de bonheur
(car il y aurait des parrainages indirects) dapercevoir enfin
la fée éditrice qui pourtant ne viendra pas ; ou tout du moins
pas sous cette forme. Borderline Le second projet part « sur les tracks de la Big net... » et se
dénomme « Dead Beat Clubbing ». Il a été conçu par Soraya Zerroug
(au premier plan sur la photo) et Mickaël Batard (devant la machine),
et développé également par Julien Alma. « Dead Beat Clubbing »
reprend le concept du papier découpé rendu interactif par la machine
(les gommettes dantan ne sont pas si loin). Il nous promène dans
un étrange univers riche de rencontres icônigrapiques produisant
des sens et des événements dans un décor 2D sans fin, ou tout
du moins sans représentation logique. La tentation fut donc grande
de leur poser également quelques questions : vous utilisez dans vos projets des photographies. À votre avis,
quelle conception le multimédia se fait-il de la photographie ? Laurent Hart : cela dépend du type dutilisation ; chacun se fait une utilisation
particulière de la photographie. Dans Borderline, nous récupérons
des images, que nous réalisons nous-mêmes pour les assembler et
les détourner. Pour moi, cest encore des photographies ; parce
quune image dune voiture reste une voiture. Il y a beaucoup
de catalogues de photographies. Les mettre sur CD est simplement
changer de support. Il ny a pas à se poser de questions. Julien Alma : est-ce encore de la photographie ? Je pense que oui. Tirée sur
papier, ou imprimée dans un catalogue, cest encore une photographie.
Nous lutilisons comme un moyen réaliste dacquisition de la réalité,
pour éviter le graphisme et le dessin. Nous cherchons à faire
une acquisition la plus neutre possible de la réalité, quitte
à faire du collage, mais sans passer par une utilisation personnelle
de la photographie. Pour eux, il ny a dailleurs pas de différence notoire entre
une image photographie et une image fixe extraite dune vidéo. Soraya Zerroug : pour moi, cela devient plus des objets à partir du moment où il
est possible de les manipuler ; du moins dans le contexte où nous
les avons utilisées (voir les illustrations de « dead beat clubbing »).
Elles ne sont plus vraiment des photos, mais des signes, des icônes. Dead beat clubbing Dead beat clubbing partant du principe que la photographie revendique une position
dauteur, en tiens-tu compte ? (S.Z.) oui, tout à fait. comment lintègres-tu dans ton travail ? (S.Z.) il y a deux solutions : soit on lintègre dans son travail telle
quelle, soit on essaie que ça ne ressemble plus à ce que cétait
avant, cest-à-dire comme la photographie a été produite au départ. Dead beat clubbing Julien Alma : du moment quelle est éditée, une photographie devient un produit. Mickaël Batard : nous nous approprions ce quà fait lauteur. Nous sommes également
auteurs, même si nous ne faisons que découper. Quand on est dans
une pratique de collage, limage nest plus ce quelle était auparavant.
Cest une réappropriation, une transformation. Le signe reste
le même, mais il est posé sur un autre fond : ce nest donc plus
la même photo. Je marrête là et je ne me pose pas trois milliards
de questions pour savoir à qui elle appartient. Nous non plus
nous ne sommes pas à labri de se faire piquer et redétourner ;
et ça devrait marcher comme ça ; et puis voilà.
Mickaël Batard en présentation Borderline Soraya Zerroug : dans labsolu, si une image nest pas réutilisée au bout dun
certain temps, il y a arrêt : tu ne peux plus rien faire. Ce nest
quen réutilisant, en remachinant, en redécoupant ou en redétourant
que lon peut évoluer et arriver à des choses nouvelles. Borderline Julien Alma : tout le monde fait des photographies. Qui nen a jamais faites ?
Néanmoins, quand nous photographions nos fonds, nous avons une
démarche technique (respecter un gabarit pour que nos personnages
touchent le sol). Je trouve ça beaucoup plus amusant de faire
des photos dans un contexte technique, dans une démarche qui permette
de les réutiliser ; plutôt que comme une création.
Scala « Riche de son catalogue de 55.000 images numérisées dart, SCALA
leader dans le licensing dimages et membre fondateur du Milia
utilisera ce salon pour annoncer le décollage du premier site
web complètement dédié aux beaux-arts, qui réunira des informations
sur les événements, le merchandising dobjets et, surtout, le
licensing professionnel (en gras dans le texte dorigine) de
plus de 30.000 images dart, pour commencer » (...)
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