Martina Bacigalupo. Etre femme

Exposition

Dans les Pays du Sud, les maladies liées à la grossesse et à l’accouchement constituent la deuxième cause de mortalité (après le VIH) chez la femme en âge de procréer. 99% des femmes qui meurent de causes liées à l’accouchement vivent dans les Pays du Sud : la santé maternelle est l’un des domaines où l’écart entre riches et pauvres est le plus flagrant.

(c) Martina Bacigalupo / Agence VU

Quand il ne mène pas au décès de la mère, le manque de soin pendant la grossesse et l’accouchement affecte souvent le nouveau-né : dans le monde, chaque année, 8 millions d’enfants naissent avec des malformations congénitales, dont 95% dans les Pays du Sud. Selon l’OMS, ces malformations sont à 70% évitables et/ ou traitables.

Lauréate de la Bourse Fnac 2011, Martina Bacigalupo s’est rendue entre 2011 et 2012 en République Démocratique du Congo (RDC) et au Vietnam suivre le quotidien de ces femmes et enfants en détresse.

La RDC, malgré ses immenses ressources naturelles, est classée parmi les pays les plus pauvres au monde. Nombreuses sont les circonstances qui placent les femmes congolaises dans une situation de vulnérabilité extrême : manque d’infrastructures, instabilité politique, affrontement entre des groupes rebelles et l’armée, équipes médicales sous-payées ou incompétentes, extrême pauvreté. Mais aussi : le manque de pouvoir décisionnel au sein du foyer qui fait qu’une femme n’est pas libre de se faire soigner quand elle en a besoin.

Quant au Vietnam, il est l’un des dix pays au monde qui a réussi à atteindre l’Objectif du Millénaire sur la santé maternelle (OMD5) défini par les Nations Unies et est sur le point de rejoindre les pays à revenu moyen. Toutefois il existe encore une grande disparité socio-économique entre la majorité ethnique des Kinh et les 53 autres ethnies (10 millions de personnes) qui représentent presque la moitié des pauvres au Vietnam2. C’est au sein de ces minorités que l’on trouve les femmes les plus vulnérables. La pauvreté des ménages, le niveau d’éducation des mères et de leur entourage, la compétence du staff médical souvent médiocredans les zones rurales jouent un rôle clé dans la perpétuation des malformations et dans le décès des enfants. Entre 80 et 120 enfants naissent chaque jour avec des malformations congénitales3 au Vietnam.

Dans les Pays du Sud en général, et encore davantage dans les groupes les plus pauvres et marginalisés de ces pays, les femmes payent cher leur condition et leurs enfants en sont les témoins directs, et les victimes.

Parcours

Martina Bacigalupo est née en 1978 à Gênes. Elle est membre de l’Agence VU’. Ces cinq dernières années, Martina Bacigalupo a travaillé comme photographe au Burundi, dans la Région des Grands Lacs où elle se concentre sur la question des droits de l’homme. Elle a collaboré avec les Nations Unies et des ONG internationales dont Human Right Watch, Amnesty International, Médecins Sans Frontières, Care, Handicap International. Elle a pris part au Joop Swart Masterclass du World Press Photo en 2008 et a été récompensée par le Prix Canon de la Femme Photojournaliste en 2010.

28/01/2013

Exposition, du 1 février 2013 au 15 Avril 2013.
4 Rue Henri Oudin,  86038 Poitiers
tél : +33-549 005 900