Mon travail photographique s'articule autour de la mise en abîme de la représentation d'un espace et de la frontière entre fictif et réel. Ces dernières années, je me suis interressée aux formes de reconstitution artificielle de la nature dans des espaces clos. J'interroge le rapport de l'homme à la nature en photographiant les différentes formes de scénographies mises en place dans les muséums d'histoire naturelles, les jardins zoologiques, les espaces de loisirs à vocation scientifique, ou les parcs botaniques.
La série « Edens » est une recherche sur la « mise en paysage » de la nature dans des espaces clos. Il s’agit d’une nature refaite. Ciels peints, faux rochers, trompe l'oeil, plantes artificielles ou plantes cultivés pour être regardées.
Ce qui m'a fasciné dans ces décors, c’est qu’ils font ressentir l'enfermement, la cloison, la nature morte au double sens du terme, et, en même temps, l’ouverture vers la liberté que promet le dessin d'une nature infinie. Et parfaite. En écho à ces espaces, un enfant apparaît dans la nature avec des masques d'animaux.
Il est aussi bien une ponctuation qu'une mise en perspective. A travers la photographie, je recherche l'équilibre fragile qui ferait basculer l'image vers l'étrangeté et pose la question de la réalité de la chose photographiée : est-ce un décor, un vrai paysage, un espace fictionnel ou même une peinture ? L'image que je prends devient une mise en abîme de cette représenation fictive de la nature.
Dune Varela