La série Street talkin’ nous présente des scènes urbaines qui nous sont à priori familières. Sur chaque photo s’inscrivent des mots en toutes lettres, s’imprimant sur celles-ci comme leurs noms avérés. Caution de la temporalité des lieux photographiés selon des hasards manifestes, les images de Street Talkin’ interrogent notre perception, s’insérant entre doute et reconnaissance.
Est-ce le nom ou son territoire qui anime notre discernement dans ces images ?
Au-delà de l’issue des interprétations de ses hasards photographiques, Street Talkin’ se veut à la fois constat et dérision de la surenchère d’information à laquelle nous sommes confrontés quotidiennement dans la ville moderne.
L’illustration d’un déferlement de la signalétique urbaine, laissant parfois paraître un disfonctionnement, une faille dans notre société de consommation ordonnée et la présence d’une forme de droit de réponse de la population usant des mêmes subterfuges pour s’exprimer à son tour.
L’intégration du fait que nous vivons sous un bombardement permanent d’annonces, de recommandations, où tout se vaut, s’égalise mais où subsiste une zone franche permettant de douter des faits établis.
C’est donc cette zone qui est le sujet même de ces images, réalisées sur une dizaine d’années au gré des hasards photographiques saisis dans différentes villes, qu’il faut tenter d’identifier dans Street Talkin’.
Thomas Béhuret