En
photographie, la part de l'histoire, de la mémoire et du mythe est incontournable.
La stature d'une marque se bâti petit à petit. Il y a les aristocrates
(Leica, Zeiss-Contax, Hasselblad…), les nouveaux "conquistador" (Fuji,
Canon…) et ceux qui doivent concilier la modernité et la tradition, tel
Nikon. Comment satisfaire les fans de numérique et conserver sa clientèle
traditionnelle ? Comment être compétitif sans perdre son âme ? Deux philosophies Malgré
la notoriété de son nom, Nikon n'est pas un géant industriel à l'échelle
du Japon. Rien à voir avec Canon par exemple au niveau de la surface financière.
Mais Nikon a su prendre le virage numérique au bon moment et devenir un
des acteurs majeurs de cette nouvelle technologie.
Jusque
là rien que de très normal, mais quand en plus on a appris que Nikon ressort
un reflex mécanique non-autofocus appelé FM3A
pour venir remplacer le fameux FM2, on se
dit que Nikon a décidé d’assumer sa double nature technologique/historique.
Et cela nous fait bien plaisir d’autant que cette dualité se retrouve
aussi dans les autres nouveautés du mois : trois scanners
Coolscan, un flash mixte nommé SB
50DX et trois objectifs : 28-80mm
gamme G, 300mm f:2,8 gamme AFS et un 45mm f:2,8 gamme "revival".
Les
attentes des photographes pros sont trés diverses, selon que l’on fasse
de la photo d’action ou du studio.
Dans
le détail, le D1H
conserve le capteur CCD 23,7 x 15,6 mm pour 2 740 000 pixels. avec
une mémoire tampon grandement augmentée. Grâce à cette mémoire interne,
le photographe de sport va pouvoir réaliser des séquences de 40 vues à
la cadence de 5 images par seconde. Soit plus qu’avec un film 36
poses !
Passons
maintenant à la version "X" où cette
fois, la résolution atteint les 5,4 Mégapixels. Nikon insiste même
sur le fait qu’il y a bien 3008 x 1960 pixels en sortie à partir d’une
matrice de 4024 x 1324 photosites. En pratique, il n'y a pas interpolation,
ni "vrais-faux pixels" comme avec le Super-CCD mais un redimensionnement
des résolutions horizontale (qui est rognée) et verticale (qui est doublée).
Et bien sûr comme la taille du capteur est restée la même, les pixels
sont "plus petits" et donc moins sensibles. Résultat le D1X affichera
une échelle de sensibilité de 125-800 iso contre 200/1600 ISo pour
le D1 et le D1H. Quant au poids de l'image en mode RVB brut, le fichier
issu d’un D1X fera 18 Mo. A l'opposé des D : le FM3a Tous les photographes ont un jour ou l'autre touché un Nikon FM2.
Ce reflex qui allait fêter ses 20 ans est un semi-auto, non AF, métallique et ultra traditionnel. Son successeur possédera en plus un automatisme à priorité vitesse, une TTL au flash et un codage DX. La
construction sera toujours du même (solide) acabit et malheureusement
la visée ne devrait pas être beaucoup plus claire (même dégagement oculaire
à 14mm, loin des 20mm requis pour les viseurs HP). En revanche bonne nouvelle,
grâce à une mécanique hybride, le FM3A
pourra fonctionner sans pile et sans cellule à toutes les vitesses, jusqu'au
1/4000s. Trois Nikkor très différents
En matière d'objectifs, comme de boîtiers, Nikon manie le paradoxe et le mélange des genres. En effet, le nouveau 28-80mm f:3,3-5,6 G est un premier prix allégé, où la bague des diaphs a disparu. Destiné aux appareils pour débutant, ce zoom n'a qu'une raison commerciale : permettre au kit Nikon F65+28-80mm de descendre de 200 F.
A
l'opposé extrème, Nikon ressort son 300mm
f:2,8 AFS en l'allégeant de 540g. Mais cette fois, il ne
s'agit pas de réaliser des économies (le prix sera de toute façon très
élevée pour ce télé) mais de trouver des nouveaux matériaux (notamment
en alliage de magnésium) pour rendre moins penible le transport de ces
objectifs "pros". Ce 300mm f:2,8 sera évidemment au top-niveau de la technologie
et pèsera 2560g.
Troisième
nouveauté et troisième famille d'objectif : le "revival". En effet pour
accompagner la sortie du FM3A, Nikon ressort son 45mm
f:2,8 extra-plat (sans sa came pour la distance au flash).
En finition Silver uniquement, ce caillou de luxe reprend la formule optique
du célèbre Tessar. Le
fameux Coolscan LS-2000 va disparaître
mais ses descendants semblent extrémement séduisants. On glissera vite
sur le LS-40 qui est
un classique 2800 dpi avec cette fois un port USB (prix possible : 8000
F environ).
En
revanche, l'arrivée de deux Coolscan 4000 dpi fait la Une. D'ailleurs
ils se nomment tous deux Super Coolscan ED (ce suffixe signifie que leur
objectif respectif intègre des verres ED à faible dispersion). Tous les
deux posséderont une interface de type Firewire (IEEE 1394), une dynamique
de densité de 4,2 et un nouveau pilote Nikon Scan 3.0 (que l'on espère
plus convivial et moins complexe que Nikon Scan 2.0). On retrouvera aussi
les trois technologies ICE (Clean Image), ROC (restitution des couleurs,
gestion sous et sur-exposition) et GEM (atténuation du grain). JCB |