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Thierry Dehesdin dehesdin@easynet.fr

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Olympus 1400 XL

La mission en 72 heures

Ma première expérience avec un appareil numérique commence avec l'euro. Un établissement bancaire me demande de réaliser un reportage photo sur le passage à l'Euro lors du W.E. du 31 décembre 1998.
Pendant les trois jours du réveillon, dans toutes les banques européennes, une partie du personnel a travaillé nuit et jour pour convertir les programmes informatiques à la nouvelle monnaie ou s'assurer que cette conversion avait été correctement réalisée. Les différents intervenants se croisaient sans nécessairement se rencontrer. Chacun avait une tâche très précise à effectuer qui dépendait du travail de ses collègues et sa contribution, tel un maillon dans une chaîne, était nécessaire à la poursuite de la bascule monétaire. Présentée ainsi l'opération semble très simple, mais elle était en fait l'aboutissement de nombreux mois de travail pour la plupart des personnes concernées et elle fut pour les établissements un événement historique sans précédent.
Le projet photographique était simple : Réaliser des portraits des intervenants à leur poste de travail, en restant le plus discret possible pour ne pas les gêner en quoi que ce soit dans leurs tâches. L'exploitation des images était limitée. Il s'agissait de permettre que chaque participant puisse, au travers de l'affichage des photographies réalisées la veille (accompagnées de commentaires sur les étapes qui avaient été franchies) suivre l'avancement des différents travaux. Ainsi chaque participant aurait, en arrivant à la banque, un témoignage visuel des différentes équipes qui s'étaient succédé pour qu'il puisse apporter sa propre pierre à l'édifice commun, et il pourrait garder un souvenir photographique de sa propre contribution à cet instant historique.

Le choix du numérique

La contrainte technique était lourde en raison de la date. Il allait falloir tirer les photographies au fur et à mesure, principalement la nuit (période la moins active) ce qui n'est jamais très évident un 31 décembre... De plus, il était très difficile de savoir avec précision quand j'allais devoir intervenir. Un programme avait été prévu, mais il n'était qu'indicatif puisque chaque intervention dépendait de l'état d'avancement de la bascule à l'Euro.
Le numérique semblait une solution évidente pour contourner la difficulté du tirage des photographies. Certes, le temps d'impression n'est pas négligeable avec une imprimante "qualité photo" (encore que réaliser des tirages unitaires en noir & blanc ou en RA4, c'est aussi très long...), mais surtout il devait être possible, à condition de pouvoir imprimer les photographies sélectionnées sans devoir les retraiter dans un logiciel dédié, d'automatiser totalement les sorties. Je comptais donc installer chez le client mon imprimante EPSON 740 et lancer l'impression pendant que je ferais les prises de vue ou même, pendant la nuit, après mon départ.

Le client ayant pris sa décision le 29 décembre, il me restait très peu de temps pour trouver du matériel professionnel à louer

Le client ayant pris sa décision le 29 décembre, il me restait très peu de temps pour trouver du matériel professionnel à louer et surtout pour être certain de le maîtriser car je n'avais aucune expérience de prises de vue en numérique. Je décidais alors d'acheter un appareil Méga Pixel qui me semblait a priori largement suffisant pour l'exploitation qui avait été prévue pour les images.

Où l'acheter ? un chemin de croix

J'écartais mes fournisseurs habituels en supposant que, pour du matériel amateur, j'aurais plus de choix dans un circuit de distribution grand public que chez un importateur.
Je me rendis d'abord dans une grande enseigne que j'avais déjà fréquentée à maintes reprises pour son rayon livre et qui est également un des principaux acteurs du marché de la photographie en France. Je fus atterré par l'incompétence du vendeur. Il n'avait manifestement manipulé aucun des appareils qu'il prétendait vendre. Ceux qui m'intéressaient étaient d'ailleurs soigneusement enfermés dans une vitrine, sans doute pour être certain que personne n'y touche. Incapable de répondre à mes questions, il finit par me donner une brochure, le "test" réalisé par l'enseigne en question sur les appareils numériques, ce document étant supposé répondre à toutes mes questions.
Je décidai alors d'aller tenter ma chance auprès d'un corsaire spécialisé dans l'informatique. Cette fois-ci, le vendeur était compétent, manipulait les appareils et me permit de faire quelques essais. J'écartais quelques appareils intéressants pour la nature morte ou le paysage, mais dont le temps de réaction entre le moment où j'appuyais sur le déclencheur et celui où la photographie était effectivement réalisée était tel qu'il transformait la photographie de reportage en un accident temporel. Dans la mesure où je voulais un appareil reflex ou en tout cas un appareil avec un vrai viseur optique (on ne change pas si vite ses habitudes), un zoom optique et une synchro externe pour flash, il ne me restait guère à l'époque qu'un choix entre l'OLYMPUS 1400XL et le CANON POWERSHOT PRO 70. Le CANON valait 2000 F. de plus et n'avait pas de flash intégré. Le vendeur qui maîtrisait visiblement peu les flashs externes (le corsaire est un vendeur compétent mais limité dans la mesure où son objet c'est l'informatique) supposait qu'un flash dédié CANON était nécessaire pour faire des fill-in ou utiliser tout autre automatisme usuel sur n'importe quel appareil compact basique. Ne possédant aucun boîtier CANON, et "heureux" possesseur de 5 ou 6 flash MINOLTA qui sont autant d'illustrations des progrès de la technique et du marketing en matière d'éclairage compact depuis 25 ans, l'idée de devoir acheter un nouveau flash pour exploiter pleinement ses possibilités fût rédhibitoire pour le CANON. En y repensant, je me demande si le vendeur avait très envie de me vendre le CANON.

Acheter 8000 F. T.T.C., un appareil tout plastique qui, par son aspect comme par ses possibilités photographiques, évoquait plus un compact à moins de 1000 F.

De plus, je dois confesser que c'était Noël, et que dans le prix de l'OLYMPUS était inclue une valise. Acheter 8000 F. T.T.C., un appareil tout plastique qui, par son aspect comme par ses possibilités photographiques, évoquait plus un compact à moins de 1000 F. qu'un boîtier reflex haut de gamme ne suscitait pas chez moi l'excitation consumériste que j'étais légitimement en droit d'attendre d'un chèque de ce montant. À l'usage, la valise de l'OLYMPUS s'est avéré être une bonne affaire, mais sur le moment, c'est son côté gadget qui m'a plu.
L'appareil était livré en standard avec une carte smartmedia de 4M, une liaison RS232 permettant de copier les images depuis l'appareil sur un ordinateur, un chargeur de batteries avec un jeu de piles et trois logiciels : Un pilote TWAIN permettant d'utiliser les images avec tous les programmes de traitement d'images, un logiciel permettant l'indexation des images, facilitant la sortie de planches de contact (de mauvaises qualités) et l'impression des photos, et une version "light" de PHOTOSHOP.
Grâce à la valise, je devins en prime l'heureux possesseur d'une carte smartmedia de 8 Mo, d'un adaptateur secteur, d'un adaptateur pour port PCMIA, d'un jeu de batteries supplémentaires et d'une bonnette macro fabriquée par COKIN.
Cette façon de procéder peut sembler peu professionnelle. D'ailleurs, d'habitude, avant de procéder à un achat de ce type, je prends un minimum de renseignements auprès de mes collègues ou dans des revues spécialisées, mais mes sources traditionnelles d'information n'étaient pas pertinentes pour ce matériel. Mes copains étaient incapables de me conseiller. S'ils étaient passés au numérique, ils n'utilisaient pas ce matériel "amateur". S'ils n'éprouvaient encore que de la méfiance pour les nouvelles technologies, ce n'était certainement pas ce genre d'objet qui allait modifier leurs sentiments. Les revues spécialisées, pour leur part, ne peuvent suivre le rythme des annonces des fabricants. Ce n'est que dans les numéros datés de février et de mars des mensuels consacrés à la photographie ou à l'informatique que sont parus les premiers tests concernant l'OLYMPUS, au moment même où l'arrivée sur le marché des premiers appareils équipés de capteur de 2 M pixels le condamnait à ne plus faire l'actualité. Si ce rythme continue, les appareils seront démodés avant que les circuits de distribution n'aient eu le temps de les mettre en rayon...
Sur Internet, l'information est abondante, mais je l'ignorais à l'époque. Il existe au moins 3 sites de langue anglaise et un site de langue française (que je viens de découvrir) remarquablement bien documentés qui suivent l'actualité des boîtiers numériques au jour le jour et qui comprennent des descriptifs techniques très détaillés de chaque modèle, des forums animés par les utilisateurs des appareils et des informations sur le matériel annoncé et non disponible. Si vous cherchez une fiche technique exhaustive sur l'OLYMPUS ou sur tout autre appareil numérique, rendez-vous sur l'un de ces sites.
megapixel
steve's digicams
Digital Camera
Phil Askey

Sur le terrain :

A peine rentré chez moi, je me suis jeté sur ma petite famille pour tester mon nouveau jouet. L'accueil fut valorisant. Malgré son aspect, l'appareil me valut un certain respect auprès de mes enfants en raison de son caractère numérique. Dès la première image, tout le monde se précipita pour regarder sur l'écran LCD le résultat. Les enfants étaient ravis, moi j'étais plus dubitatif. Je ne sais pas si c'est propre à cet appareil, mais comme contrôle de la prise de vue c'est encore moins fiable qu'un pola. Impossible de juger le point et l'écran LCD réussit à faire croire que des prises de vue fortement surexposées ou sous-exposées sont correctes.

A peine rentré chez moi, je me suis jeté sur ma petite famille pour tester mon nouveau jouet.

Dès les premiers essais d'impression, je fus rassuré. Je n'allais pas me couvrir de ridicule auprès de mon client. Avec une EPSON 740, en 15x21, à 720 dpi et sur du papier dit "qualité photo", l'origine numérique était indécelable. En 21x29,7, la pixellisation était à peine sensible (parfois dans les hautes lumières). J'étais également étonné du piqué des sorties, alors que les images n'avaient été l'objet d'aucune manipulation après coup. Sur du papier couché, on n'a pas l'aspect photo du support, mais la qualité est également remarquable.
Par contre, je réalisais aussi que j'allais devoir investir un peu plus que ce que j'avais initialement prévu pour pouvoir utiliser professionnellement mon appareil.
D'une part, le transfert des images par le port RS232 est beaucoup trop lent, surtout dans la mesure où pendant ce temps l'appareil est indisponible. Je décidais donc de m'acheter un adaptateur flashpath qui à l'usage s'est avéré génial et indispensable (690 F. H.T. tout de même). On glisse dedans la carte smartmedia ; on la met dans le lecteur de disquette de son ordinateur (équipé de Windows 98 ou 95, cela ne marche pas avec Windows NT) et dès lors tout se passe comme s'il s'agissait d'une disquette ordinaire. Les fichiers se copient beaucoup plus vite que par le port RS232, et l'opération n'immobilise pas l'appareil. Le logiciel s'installe et se désinstalle à partir d'une disquette en 30 secondes. Je l'ai fait sur 4 ordinateurs différents et je n'ai jamais eu de problème ni à l'installation ni à la désinstallation.
D'autre part en mode "Super Haute Qualité", les fichiers pèsent environ 800 Ko. On ne peut donc espérer mettre plus de 10 photos sur une carte de 8Mo et 5 sur une carte de 4 Mo. Certes l'appareil n'allait plus être immobilisé grâce à l'adaptateur, mais il allait être difficile de m'interrompre toutes les 15 photos pour aller vider mes mémoires. Je dus donc également m'offrir une carte smartmedia de 16 Mo. Depuis, j'ai réalisé la plupart des photos de vacance qui illustrent cet article en mode "Haute Qualité" soit environ 200 Ko, tout en conservant une qualité d'impression étonnante. Cependant, je n'imagine toujours pas utiliser professionnellement un mode autre que le SHQ.
Les photographies pendant le W.E. de la bascule se sont bien passées. Les gens étaient un peu dubitatifs au début en me voyant débarquer dans leur bureau avec cet appareil à l'aspect résolument amateur, mais ils n'avaient plus aucun doute sur l'immensité de mon talent dès qu'il réalisait qu'il s'agissait d'un appareil numérique. Il n'en aurait peut-être pas été de même en milieu industriel, mais là tous avaient, de par leur travail, une grande culture technologique.
J'ai réalisé mes prises de vue comme si j'avais un appareil traditionnel entre les mains et sa spécificité numérique n'aura été ni une gêne ni une aide. L'écran LCD de l'OLYMPUS n'est pas orientable et ne permet pas de prévisualiser les photos avant de déclencher l'obturateur. Il ne s'allume que quelques secondes, lorsque la photo est enregistrée, pour servir de contrôle à posteriori. A deux reprises, j'ai du faire des photos sans viser en tenant l'appareil à bout de bras, et donc là le seul contrôle (non négligeable mais beaucoup moins intéressant que l'écran orientable du CANON) aura été à posteriori. Ce choix du fabricant n'a pas que des inconvénients pour le reportage, car j'ai vu sur Internet que beaucoup d'utilisateurs du numérique considéraient que la gestion des batteries en était un des points faibles. Pour ma part, avec en permanence un jeu en charge et l'autre dans l'appareil, je n'ai eu aucun problème. Par contre, en studio, l'impossibilité de pré-visualiser la prise de vue aurait été pénalisante. En effet, si on peut le commander par logiciel depuis un ordinateur, on retrouve la même limitation sur son écran 19 pouces qu'avec l'écran LCD. La prise de vue ne peut-être affichée avant l'obturation et du coup la commande de l'appareil par ordinateur perd beaucoup de son charme.
L'écran LCD est un accessoire remarquable pour entrer en dialogue avec les personnes que l'on veut photographier. Cet accessoire pourra probablement faciliter considérablement la photographie sociale.
Je n'ai ressenti à aucun moment que le temps d'enregistrement des photographies ralentissait ma cadence de prises de vue. L'OLYMPUS a une mémoire qui lui permet d'avoir jusqu'à 5 photographies en cours d'enregistrement avant de crier grâce. La principale gêne au moment de déclencher aura pris son origine dans l'autofocus, car paradoxalement, c'est la partie purement photographique de l'appareil qui m'en a fait le plus baver
Pourtant, la visée reflex est agréable, même avec des lunettes. On peut également régler aisément à sa vue le viseur en tournant une molette de réglage dioptrique. Le viseur ne donne que deux indications. Un voyant vert qui clignote tant que l'appareil n'a pas réussi à faire le point (le déclenchement est alors impossible) et un voyant orange qui clignote pour conseiller d'utiliser le flash intégré. C'est peu, mais comme de toute façon on ne peut rien contrôler...
Le zoom 3X est l'équivalent d'un 38-100 mm en 24x36 et avec l'aide d'un complément optique (que je n'ai pas testé) peut devenir l'équivalent d'un 28-75. Si j'en crois les réactions que j'ai pu lire sur les forums des sites mentionnés précédemment, tous les compléments optiques ne sont pas égaux, certains suscitant du vignettage. C'est un zoom exclusivement électrique qui n'en est pas moins rapide et précis. La distorsion de l'image n'est pas négligeable.

La principale gêne au moment de déclencher aura pris son origine dans l'autofocus, car paradoxalement, c'est la partie purement photographique de l'appareil qui m'en a fait le plus baver

L'autofocus est, comme avec tous les appareils compacts que j'ai pu manipuler, profondément irritant mais maîtrisable à condition de prendre ses photographies en 5 temps : un je choisis l'élément sur lequel je veux faire le point et j'appuie légèrement sur le déclencheur, deux j'attends que la mise au point veuille bien se faire tout en gardant le doigt sur le déclencheur (mémorisant ainsi le point et l'exposition), trois je cadre, quatre j'attends la bonne expression du sujet et cinq j'écrase le déclencheur en poussant un soupir de soulagement. Pour gagner du temps, l'appareil possède sur son dos trois touches qui permettent de faire le point sur trois paliers préréglés : 40cm, 2,50 m et l'infini. C'est astucieux sur le papier mais, pour réaliser un instantané, cela m'a semblé, à l'usage, encore moins pratique. Il faut à la fois cadrer le sujet, s'interroger sur la profondeur de champ, repérer la bonne touche en conservant l'oeil dans le viseur et appuyer simultanément sur le déclencheur et sur la touche (En plus, dans la mesure où c'est mon oeil gauche qui est mon oeil directeur, j'écrase déjà les touches en question avec mon nez). Par contre, l'idée est intéressante si l'on veut réaliser une succession de photographies d'un sujet à distance relativement constante sans que l'appareil ne refasse le point à chaque fois. Cependant, et même si la surface réduite du capteur assure une relativement grande profondeur de champ, j'émets des réserves sur le point dès lors que l'on travaille à une distance moyenne ou rapprochée surtout avec le zoom.
L'appareil a un mode macro qui donne de bons résultats
(Exemple d'une photographie réalisée avec une bonnette)
et qui permet, après avoir appuyé sur une touche, de s'approcher à 30cm sans adaptateur particulier et de couvrir ainsi un champ 9x11. La bonnette fournie avec la valise est de 4 dioptries. J'ignore s'il existe d'autres modèles, mais je le suppose. La fonction est intéressante, car elle permet d'utiliser l'appareil comme un scanner. Cependant, faire de la macro avec une M.A.P. automatique suppose une grande patience...
La sensibilité du capteur est l'équivalent d'un film 100 asa. L'exposition (mémorisée avec le point) peut être mesurée sur toute la plage ou en mode spot. Elle est totalement frustrante pour un photographe. Non seulement on ne peut choisir ni la vitesse, ni l'ouverture, mais en plus on n'a pas la moindre idée de ce que l'appareil a décidé de faire. Cependant elle est très précise, même dans des conditions difficiles. Lorsque l'on est dans une situation qui piègerait la plupart des cellules, il suffit d'utiliser la mesure spot.
Le gros point noir, c'est l'exposition au flash. Sur le papier, c'est parfait. Le seul reproche que l'on pourrait adresser au flah intégré, ce serait sa portée limitée à 2m50 en mode télé et à 3m60 en mode grand-angle (selon la doc). Je n'ai trouvé qu'une explication à cette étrange différence (mais je suis ouvert à toutes les suggestions) : pour éviter les bougés, le programme doit imposer une vitesse d'obturation plus rapide en télé qu'en grand angle car le flash émet une série d'éclairs.
Avec un capteur dont la sensibilité équivaut à celle d'un film de 100 asa et la puissance limitée du flash intégré, un flash externe est souvent nécessaire en intérieur. L'appareil offre d'ailleurs, sur le papier, toutes les possibilités de gestion des flash : le flash d'appoint intégré peut être mis en déclenchement forcé ou non, il peut être débrayé, et on peut synchroniser un flash extérieur en utilisant ou non le flash d'appoint intégré.
Malheureusement, dans la pratique, l'absence d'information sur les réglages adoptés par l'appareil rend extrêmement périlleuse l'utilisation d'un flash externe qu'il soit utilisé seul ou avec le flash intégré. La mode d'emploi est d'une grande discrétion sur les choix qui ont été adoptés par les ingénieurs japonais qui ont conçu l'outil. Il précise simplement de régler le flash externe à 2,8 en usage normal et à 5,6 en macro. Homme raisonnable par excellence, je n'ai pas essayé de faire de macro dans ces conditions. En utilisation classique, j'ai constaté une nette surexposition (2/3 à 1 diaph) due au flash externe si on le règle sur 2,8 (sur deux flash à computer différents, essayés dans une petite et dans une grande salle pour éviter des erreurs qui proviendraient de l'expérience et non de l'appareil). Le flash intégré seul est plutôt satisfaisant en lumière d'appoint mais on atteint vite sa limite de portée.

Si la lumière ambiante est très faible, les résultats sont plus agréables en règlant la température de couleur du boîtier sur 6500 °K. Il émet une lumière très dure, peu flatteuse pour les modèles, si elle n'est pas atténuée par une autre source lumineuse.
Dans la pratique, j'avais fixé une barrette qui supportait un flash à computer sous le boîtier et je me déplaçais avec un pied très léger pour pouvoir travailler en ambiance ou avec le flash intégré en direct et le flash externe en indirect. A la fin de la journée, le pas de vis sous l'appareil était mort vendre 8000 F. un appareil avec un pas de vis en plastique c'est scandaleux). Je décidais de travailler le lendemain en utilisant le plus possible la lumière d'ambiance, car les résultats du flash externe étaient trop irréguliers, et de revendre l'appareil (et sa valise) le plus vite possible.
Je réalise moi-même depuis de nombreuses années mes tirages noir & blanc et une bonne partie de mes tirages couleur. C'est un processus long et douloureux le plus souvent, car lorsque je sèche mon tirage (noir & blanc ou couleur), j'ai toujours le sentiment que j'aurais pu aller plus loin, qu'il est encore perfectible.
Pour l'instant, ma relation avec les épreuves numériques est toute différente et appartient plutôt au domaine de la magie. Je n'en reviens toujours pas d'arriver à imprimer sans effort quelque chose qui ressemble à une photographie et qui est très proche (sous Windows 98 et avec du papier EPSON) de ce que j'ai vu à l'écran.
Lorsque j'ai installé mon imprimante chez le client, je me suis retrouvé avec un affichage à l'écran qui n'avait rien à voir avec les sorties et un papier qu'au moins 10 points de Magenta séparait du mien. Sur le moment j'étais affolé, j'ai essayé de modifier les réglages de l'écran (en vain) puis ceux de l'imprimante pour au moins obtenir les mêmes résultats quel que soit le papier, et puis finalement je n'ai modifié aucune photographie (mais j'en ai éliminé) avant de les imprimer.
Au départ, c'était parce que j'étais pris par le temps, mais très vite j'en ai retiré une profonde satisfaction. Je suppose que lorsque je serai plus expérimenté, j'éprouverai le besoin de retravailler toutes les images avant de les éditer. Pour l'instant, avec les prises de vue numériques, c'est comme si je n'avais plus de référence colorimétrique fondée sur l'expérience ou sur le goût. L'affichage à l'écran me semble toujours intéressant (ou alors j'élimine purement et simplement l'image) et sa sortie imprimée satisfaisante.

Thierry Dehesdin

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