António
Lucas Soares
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Pierre Jean
Balbo
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Bruno
Santos
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Marcelo Duque
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Jean-Pierre
Degas
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Marc-Olivier
Paux
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Patrick Morel
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Ricardo Gomez
Perez
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Sophie Carlier
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Patrick Taberna
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Bernard Tribondeau
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Le 21 Juin 2001
Cher tous,
Impossible de choisir,
à nouveau.
En fait, chaque photo envoyée à quelque chose à
dire ; cest bien pour ça que nous faisons de la photographie,
non ?
Ce que je ressens
dans cet envoi-là, cest de lémotion, et jose
dire ça au risque de paraître démodé
Mais cest ça, la clef de SUDEK, de Diane Arbus, de Trivier.
Et ça, ce ne sera jamais " démodé ".
Dans votre envoi, les émotions de Patrick Taberna (un merveilleux
photographe), en douceur et en demi-teinte, le lit abandonné
par Sophie Carlier, lescalier à Prague dAntonio Soares,
la lumière sur la porte de Pierre J. Balbo, les cheveux de lenfant
de Marcelo Ducque, la silhouette et la porte de Bruno Santos, et aussi
la vie moderne : le personnage dans le cercle dacier de Patrick
Morel, et la personne dans lEspace de Méditation de lUNESCO
de Marc Paux.
La
poésie, on en a besoin, de plus en plus dailleurs
La photographie vit en montrant la vie : merveilleuse image dun
enfant dans sa petite voiture de Ricardo Gomez-Perez, le bruit et lodeur
des grosses vagues Grecques de Bernard Tribondeau (très belle
image), où lon est avec lui, à ses côtés,
on respire les embruns, on est éclaboussé de soleil (la
photographie serait-elle ce qui permet, par la vision, de vivre tous
les autres sens ?
Le relief, le bruit, lodorat ne sont-ils pas inclus dans une bonne
image ?) ; dailleurs le bruit y est aussi dans le triptyque brésilien
des gens de Rio le dimanche de Jean-Pierre Degas ! Sa couleur vive fait
bien déclater tout ça, non ?
Vie, reportage,
poésie, on parle photo, et je vous en envoie deux à ce
sujet : une en Inde (le voyage des voyages), à Jodhpur, trois
chiens, et un oiseau passaient, dans cette rue pas " belle ",
la lumière nétait pas " bonne ", mais
cétait une image, vite, le millième de seconde que
jaime tant, ambiance.
Une autre fois,
et je vais donc vous reparler darchitecture, jétais
à Bordeaux pour photographier lextraordinaire internat
du Lycée Gustave Eiffel de Jacques Hondelatte, boulot commandé
par lI.F.A., et après avoir rôdé autour par
tous les temps, toutes les lumières, toutes les heures, une fois
jen suis reparti en autobus : et là, au loin à droite
dans la rue, le voilà, vite je fais la photo, avec les silhouettes
des passagers du banc arrière, et toute la lumière de
la pluie et de ses gouttes font briller larchitecture de Hondelatte,
en contraste avec les silhouettes des gens du bus ; du coup, jai
lambiance de ce que cest vivre avec cette architecture dans
cette rue, et la photographie offre cette réalité non-statique,
non posée, brute, directe, nerveuse
Je vous salue.
Bernard Plossu

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