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Dédié, depuis sa création, à la photographie de voyage, le festival Chroniques nomades s’est efforcé, loin de l’imagerie touristique ou publicitaire, d’approfondir la question du « dépaysement » au sens plein du terme : non un simple exotisme du décor ou des moeurs, mais une expérience de l’Ailleurs et d’abord de l’Autre. Si le portrait y a toujours tenu une place importante, il s’est imposé plus qu’à l’ordinaire, pour cette neuvième édition, comme pratique dominante des photographes-voyageurs. Non le portrait typique, avec sa visée classificatrice mais un portrait lié à la rencontre, au rapport entre deux sujets. Un portrait contemplatif, attentif à faire la part de l’individu et celle de son groupe social. Proches ou lointains, il est autant de voyages que de voyageurs. Et chacun, de retour, saura peut-être quel besoin l’a poussé à quitter sa chambre. Le magazine Photographie.com a rencontré Claude Geiss, directeur du festival Chroniques Nomades. voir la rencontre vidéo...
Signe des temps, la question de l’engagement du photographe est une préoccupation des festivals contemporains. C’est autour de celle-ci que s’est ouvert la première table ronde de la 9ème édition des Chroniques Nomades. En réalité, les photographes présents, Michel Séméniako, Jean Michel Pancin, Anaïta Gabayan (représentant l’iranienne Shadi Ghadirian), et Aline Coquelle, se défendent tous de cette idée. Alors que le premier préfère parler d’implication, Jean Michel Pancin considère son travail moins comme un engagement que comme un relais de la résistance ironique du peuple syrien vis-à-vis de l’image de son chef d’Etat. En ce qui concerne le travail d’Aline Coquelle, sa démarche d’ethnologue, donc scientifique, lui interdit tout engagement. Quant à Shadi Ghadirian, selon Anaïta Gabayan, il ne saurait s’agir d’engagement, mais plutôt d’une transcription symbolique de son quotidien, systématisée par cette série de « portraits » de femmes entièrement voilées, dont l’accessoire ménager se substitue au visage. voir la suite...
Le Prix 2005 Chroniques Nomades / Fujifilm a été attribué à Florence Joubert pour son travail intitulé "Sueño Magallanico,aux rives du monde". La Patagonie Chilienne est perdue entre ciel et mer, passé et présent, entre rêve et réalité… Le voyage dans ces terres a plusieurs facettes : C’est d’abord une véritable aventure, que l’on vit sur mer, sur terre, et dans l’air…Tenter d’accéder à ce bout du monde fait de lambeaux n’est pas une mince affaire. Là-bas, ensuite, ces routes dont on avale les kilomètres, en bus, en stop, à cheval, ou au volant d’une vieille chevrolet rouillée par le sel, semblent s’étirer à l’infini, tandis que les discussions rendent le temps moins long, et nous dévoilent les secrets du pays. C’est aussi un voyage dans le temps, une sorte de pèlerinage vers un lieu qui fascine depuis des centaines d’années…Magellan, Bougainville, Cook, Darwin…Tous ces noms légendaires flottent à la surface du Détroit, et confèrent au lieu une dimension mystique, comme si le Voyage avait vu le jour ici-même. voir la suite...
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