Prise de température au congrès de l'UPC


Lors de l'ouverture du congrès de l'UPC, nous avons interrogé les participants sur l'actuel état de la photographie ; Zoom sur leur réponses.

La photographie n'a plus de valeur !

Jorge Alvarez, Secrétaire en charge des Affaires Juridiques de l'UPC : Nous aborderons la questions des droits réservés et des oeuvres orphelines. Nous parlerons également des microstock (des photographies bradées sur le net, un abonnement permettant d'acheter des photos à 14 centimes d'euros). Aujourd'hui, les photographes ne vont pas bien, la photographie n'a plus de valeur et l'interprétation du travail du photographe se veut dévalorisante.

Christian Chamourat (SAIF), Frédéric Buxin (UPC) et Jean-Luc Renaud (GNPP)

La responsabilité des photographes

Christian Chamourat, président de l'Agessa et de la SAIF: L'art n'a pas de prix, certaines personnes n'ont pas la reconnaissance de leur travail et le brade. Le geste de Jean-Baptiste Avril est nouveau et intéressant car on ne peut pas travailler et perdre de l'argent ; maintenant le problème provient comme dans toute économie, de l'offre et la demande. Il y a trop d'offres, provenant autant d'amateurs tout droit sortis d'écoles de photographies - plus ou moins compétentes - que de professionnels expérimentés. En France, l'interprétation du travail des photographes est dévalorisé.

Reconnaitre les professionnels

Frédéric Buxin, le Président de l'UPC : l'UPC a lançé l'appel parce que la photographie se porte mal. Manifestement, la presse achète les photographies à un prix qui tend à être de moins en moins élevé, et c'est l'un des problèmes que l'on abordera lors de la table ronde sur les perspectives 2010. Il est évident que le système sur lequel ont été fondé les agences ne correspond plus à ajourd'hui. Certes, nous avons toujours besoin du travail des photographes, et des agences mais selon la nature du marché. Aujourd'hui, la concurrence est déloyale, sur le net il est vendu des photographies à moins d'un euro… La photographie n'est pas traité à sa juste valeur, d'où l'importance de protéger ces droits ; il faut légiférer sur les oeuvres orphelines, entre autres, et nous en discuterons avec le ministère la semaine prochaine lors de notre rendez-vous afin que nous puissions organiser des états généraux de la photographie, ce qui permettra de mettre à plat un certain nombre de choses. L'UPC a des propositions à faire. En tous les cas, les photographes professionnels restent indispensables, il faut maintenant que ce soit reconnu

Une Union des photographes
par François-Marie d'Andrimont

Le Président de l'UPC, Frédéric Buxin, accompagné d'un bureau dynamique aura réussi une mutation de l'organisation représentative des photographes dans une époque particulièrement troublée pour les professionnels de l'image fixe. L'affluence pour le premier jour du Congrès de l'UPC en témoigne. DE nombreux jeunes photographes sont venu suivre des débats constructifs qui ouvrent de nouvelles pistes à leur regard. Pourtant les temps sont lourds pour les photographes et l'horizon reste désespérément bouché dans un monde qui consomme toujours plus d'image mais ne veut pas la payer. Alors l'union fera la force. Freelens a décidé de fusionner avec l'UPC. Les noces seront célébrées lors de la journée de clôture du congrès. Et la nouvelle entité qui s'appellera Union des Photographes Professionnels devrait rencontrer son ministère de tutelle pour présenter les doléances sous la forme des 13526 signatures exigeant des États Généraux de la Photographie.

UPC


La table ronde sur les perspectives
Un métier à réinventer

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Table ronde sur les perspectives photographiques, samedi 30 janvier 2010 aux Studios Canal Pix


La table ronde sur les perspectives photographiques 2010 est annoncée comme un vaste programme par Bernard Perrine, elle réunit les présidents des instances représentatives des métiers de la photographie afin d'évaluer et d'avancer sur l'avenir de la photographie ; les actions produites par ces instances veulent faire du métier, une profession plus reconnue. La présence des instances au Congrès de l'UPC est également importante pour rappeler ou faire connaître les actions déjà menées par ces dernières pour les jeunes photographes en devenir. Comme l'a mentionné Bernard Perrine, qui revient à l'article signé d'Albert Londres en 1910 dans le magazine le Photographe : les questions étaient déjà posées sur le statut du métier et sur la reconnaissance du travail du photographe. Un siècles après, les efforts seront concentrés sur la reconnaissance de l'originalité de l'oeuvre, entre autres, sujet que défendent activement les quatre instances qui tendent aujourd'hui à collaborer de manière solidaire. On les retrouve d'ailleurs unis à la Maison des Photographes, à Paris. Et plus même, puisqu'une fusion de FreeLens et de l'UPC est envisagée. Jean-Luc Renaud, président du Groupement National des Photographes Professionnels (GNNP) instance portée principalement sur la photographie sociale, resitue le travail du groupement en évoquant le passage à une TVA minorée (5,5% à la place de 19,6%) pour les photographes auteurs, ce qui n'est pas totalement acquis pour le métier dans sa globalité. Le GNPP lutte aussi pour le travail illicite qui perturbe fortement le marché de la photographie. Cette lutte est également défendue par FreeLens, l'association des journalistes reporters photographes représentée par Wilfrid Estève, évoque la crise que traverse les médias, qui baissent leurs rémunérations ; mais encore, il exprime la remise en cause de la réutilisation des images par des groupes illégaux.

De nombreux photographes sont protégés par la Société des Auteurs des arts visuels et de l'Image Fixe (SAIF) présidé par Christian Chamourat qui prône la défense des professionnels pour tous les droits d'auteur à faire gérer, car aujourd'hui précise Christian Chamourat, "la photographie se défend seule, elle perdure tout en étant de plus en plus intéressante". Le problème d'aujourd'hui reste très orienté sur la reconnaissance du travail du photographe "Il faut moraliser les professions, les contrats par la création de lois protectrice pour les photographes et leur travail". La SAIF est une société d'auteur qui est composée d'associés (qui sont les membres, qui font parti du capital variable) qui fait respecter la rémunération des droits d'auteur - droits qui ne sont pas les droits primaires des photographes, comme les droits dit collectifs. Pour l'Union des Photographes Créateurs (UPC), qui fédère l'ensemble des photographes, c'est notamment par la loi du 3 juillet 1985 - loi relative aux droits d'auteur et aux droits des artistes-interprètes, des producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes et des entreprises de communication audiovisuelle - que le statut de la photographie a évoluée. Frédéric Buxin, président de l'UPC, a récemment lançé l'appel Sauvons la photographie - signé par plus de 13 000 concernés - à cause de "l'état dramatique de la photographie du à la dévalorisation de la photograhie de par les fameux Droits Reservés et les contrats libre de droits". Il rappele que la France a tout de même été, en plus d'avoir inventé la photographie "une plaque tournante de celle-ci durant les années 1950 à 1990, avec notamment la création des premières agences". Ces agences qui depuis peu d'années déposent le bilan, ce qui exprime aussi le malaise dans la profession.

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Jean-Baptiste Avril et Frédéric Buxin

Un corps de métier qui est de moins en moins bien rémunéré ; comme l'a évoqué de manière violente le photographe Jean-Baptiste Avril alors qu'il avait décidé de brûler ses négatifs le 11 janvier 2010 pour revendiquer le droit d'être payé pour un travail diffusé. Le photographe présenté aujourd'hui son mea culpa aux photographes pour avoir été faible "J'ai cédé aux sirènes" des personnes qui lui ont fait mirroiter une belle collaboration en acceptant d'être publié "pour pas grand chose". Il dénonce alors le paradoxe entre les promesses et les rémunérations de tout ceux qui n'ont pas de budget à consacrer aux photographes, pour Jean-Baptiste Avril, il s'agit là "d'utiliser le travail sans aucune reconnaissance". L'avancement du monde photographique de cette année sera commandée par le travail effectué par les instances présentes au congrès de l'UPC, qui feront valoir, comme ils l'ont toujours fait, les droits du métier. L'avenir est proche et sera ponctuée de rendez-vous. Etats généraux qui ont commencé ce weekend et se poursuivent dès la semaine prochaine entre l'UPC et le Ministère de la Culture pour un rendez-vous très attendu pour développer l'état actuel de la photographie. Aujourd'hui, le métier du photographe évolue comme le souligne Wilfrid Estève, la profession se marie à l'audiovisuel et tend à travailler en alliant la vidéo pour créer des courts-métrages photographiques, aussi appelés Petites Oeuvres Multimédia (POM). Il faudra s'adapter à cette évolution, tout en continuant de défendre cette reconnaissance de l'originalité de l'oeuvre, sujet qui fera également l'objet d'un colloque organisé par l'UPC en mai. Le programme s'annonce donc chargé cette année, mais pour la bonne cause.


Prise de température au congrès de l'UPC

Des craintes pour 2010

Baudoin Prové, Président du Sipec : Globalement, l'ensemble des intervenants est plutôt optimiste ; mais le paradoxe est que nous avons vécu une année 2009 contraire aux attentes, nous nous attendions à une année difficile alors que pour la photographie, 2009 n'a pas été si diificile que cela. En 2010, nous risquons d'être impactés sur la macro-économique ; en France, on nous annonce tout de même que 500 000 demandeurs d'emploi vont arriver en fin de droit, alors qu'aujourd'hui déjà ils ont un pouvoir d'achat relativement reservé.

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Hélène Lagrange

Quel photojournalisme demain ?

Selon Hélène Lagrange,le photojournaliste de demain est indépendant et opportuniste, il aura besoin d'avoir son premier cercle, autrement dit son réseau ; ce sera nécessairement un journaliste qui trouve ses sujets qu'il mettra en forme. Idéalement, il maîtrisera l'anglais. Finalement, ce sera un genre d'homme orchestre.

Les points forts du congrès
Quel avenir pour les photographes ?

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Jean-Bernard Debreux

Après la rencontre d'exception avec Lucien Clergue, l'UPC ouvre le bal des conférences avec la première du weekend à 11h30, pendant laquelle Jean-Bernard Debreux, drecteur des systèmes d'information d'Astuce Prduction nous emmène vers la problématique du photoréalisme à la 3D interactive. Un sujet porté sur l'avenir technique, avec l'augmentation de la réalité via le 3D en temps réel.

Le congrès de l'UPC a repris les sessions en début d'après-midi en maintenant le ton sur les perspectives à venir. Bernard Perrine, journaliste et conseiller éditorial anime la table ronde "Perspectives de la photographie en 2010".

Parler d'avenir, c'est aussi évoquer les générations prochaines ; à 15h30, l'UPC aprésenté les lauréats du concours UPC Dupon découverte. Une projection de leurs travaux et une remise de diplôme a été faite.

Pour l'avenir, il est important de connaître le sort des photographies ; La table ronde "fonds photographique et secteur public, enrichissement, conservation et valorisation" s'est tenue à 16h30.

Une seconde rencontre d'exception cloture cette première journée , celle de Reza. Finalement, le samedi se terminera par une fête pour la nuit des pros.