Le boîtier

Minolta a mis en oeuvre une solution technique originale. Un prisme contenant un miroir semi-transparent divise le faisceau lumineux qui traverse l'objectif en deux demi-images et les projette vers deux capteurs distincts de 1,5 millions de photosites chacun. Au final, une image de 2,7 millions de pixels est recomposée à partir de ces deux moitiés d'information.
Cela a un petit coté savant fou mais ça marche. De plus cela permet de construire des boîtiers d'un bon rapport qualité/prix car deux CCD de 1,5 pixels coûtent moins cher qu'un seul de 3 millions de pixels. Par contre, cette option technologique est à l'origine des deux principaux défauts de l'appareil: la plus grande ouverture possible n'est que de 6,7 (la plus petite étant de 22 même si l'objectif peut se fermer mécaniquement à 32) et le traitement de l'image dans l'appareil est très long.
Tout comme Kodak avec le DCS 330, Minolta a choisi d'utiliser un ASP Vectis (le S1) comme base pour leur nouveau boîtier numérique. La démarche de Minolta me semble cependant beaucoup plus cohérente, car (au grand désespoir des photographes munis d'optiques Minolta) il reçoit des optiques Minolta Vectis incompatibles avec les optiques Minolta 135, mais particulièrement bon marché. Le boîtier est annoncé à 27000 F T.T.C. avec le zoom 22-80 (équivalent d'un 33-120 en 135mm). Pour 6990 F de plus on peut s'offrir le 17 mm (équivalent d'un 25 mm) et pour 1990 F. l'objectif 50 mm de macro et avoir ainsi un équipement suffisant pour un grand nombre d'appliquations photographiques.

 Le Vectis S1 et le RD 3000 n'ont qu'un vague air de famille. En raison des contraintes technologiques qui pesaient sur la conception de cet appareil, il ne ressemble à aucun objet connu. Ceux qui apprécient son originalité en font le précurseur d'une nouvelle génération d'appareils qui saura du passé faire table rase, les autres le comparent à une boîte à chaussure munie d'un objectif.

 

La prise en main est plus agréable que ce que son aspect pourrait laisser supposer. Seuls les cadrages verticaux sont un peu difficiles en l'absence de rappel de l'obturateur et de la touche SPOT sur la semelle. Par contre ses grandes surfaces planes permettent d'utiliser facilement tous les éléments de mobilier tels que tables, murs, arbres et autre candélabres fort utiles lorsque l'on a oublié de se munir d'un pied et que la lumière est insuffisante.

Une visite guidée Le boîtier pèse sensiblement le même poids que le DCS 330 (environ 1 kg) et ce sont ses objectifs, plus légers et moins encombrants que leurs équivalents 24x36, qui feront la différence dans la sacoche (et sur le dos) du photographe.
On trouve sur le dessus du boîtier (de droite à gauche):
- Un interrupteur rotatif à quatre positions, PLAY pour afficher les images sur l'écran LCD du boitier et accéder aux commandes numériques de l'appareil (formatter la carte, afficher ou effacer des images etc...); OFF pour éteindre l'appareil; REC pour prendre des photographies; et une dernière position, symbolisée par un rectangle, qui permet d'afficher un court instant la photographie qui vient d'être prise sur l'écran LCD de l'appareil ou sur un moniteur video.
      Cette molette ne dépaysera pas les possesseurs de camedia, mais est beaucoup moins fonctionnelle que la solution adoptée par le DCS 330. On est en présence de deux modes distincts et incompatibles: les paramètres de la prise de vue d'une part, et d'autre part l'affichage des images et les commandes numériques. L'appareil n'est pas multitâche et lorsque, par exemple, une prise de vue s'enregistre, on ne peut pas modifier les paramètres de l'exposition pour la photographie suivante.
-La touche P (Panique ?), commune à tous les Minolta, qui annule tous les règlages personnalisés et initialise l'appareil en un fonctionnement tout automatique.
- Le déclencheur.
- Une molette unique qui en mode REC va commander la vitesse d'obturation et le diaphragme (en association avec une autre touche que l'on doit presser simultanément).
      On s'habitue à la molette unique pour le diaphragme et la vitesse d'obturation, mais c'est beaucoup moins agréable que d'avoir deux molettes distinctes.
- La touche SPOT (2,7%), un peu étroite pour mes gros doigts boudinés, que l'on retrouve sur un grand nombre de Minolta.
      Une pression sur cette touche avec le pouce droit permet de comparer, sans quitter l'oeil du viseur, l'exposition proposée par la cellule avec l'exposition sur un point particulier de l'image, et comme sur les 7000 i et 8000 i, avec un flash, elle permet de passer instantanément en synchro lente et de décider avec quelle intensité lumineuse de la scène photographiée on va équilibrer le flash. Personnellement, j'ai toujours préféré cette approche, un peu rudimentaire face aux mesures sophistiquées telles que la mesure matricielle 3 D. Sur des sujets difficiles, plus le système de mesure est sophistiqué et intègre un grand nombre de paramètres pour calculer l'exposition et moins on sait, au final, quel sera le compromis adopté par l'appareil.
- La griffe porte flash qui n'accepte que les flash munis des contacts spécifiques à Minolta. En l'occurence il faut prévoir d'acheter le 5400 HS et sa recharge rapide. Avec un diaphragme ouvert au maximum à 6,5, il faut de la puissance et des piles...
- L'écran LCD qui affiche les données photographiques concernant l'appareil.
      Placé sur le dessus de l'appareil, il est très bien situé, mais malheureusement difficile à lire lorsque l'éclairage est faible.
- Le plastique blanc qui recouvre la cellule qui permet de faire la balance des blancs automatiquement.
- Un bouton COUNTER qui permet d'afficher le nombre de photographies que l'on peut encore enregistrer sur la carte si l'on conserve le mode d'enregistrement en cours;
- Un bouton WB qui, en association avec la molette permet de modifier la balance des blancs;
- Un bouton DRIVE qui permet de passer du mode vue par vue au mode rafale;
- Un bouton MODE qui permet de choisir son mode d'exposition (P, A, S, M);
- Un bouton QUALITY qui permet de choisir son taux de compression de l'image (Superfine pour TIFF non compressé, fine etc...)
      L'appareil n'a pas de prise pour un déclencheur souple mais possède une télécommande à distance qui associée avec la possibilité d'utiliser un écran video pour visualiser les images peu après la prise de vue devrait permettre à MINOLTA de supplanter définitivement POLAROID sur le marché de la photographie pornographique amateur.(Du WYSIWYF ?)
       Toutes ses commandes s'affichent sur l'écran LCD situé sur le dessus de l'appareil. Ainsi dans la photo ci-dessous on constate que l'écran LCD dédié à l'informatique sert à afficher les images et à paramétrer quelques fonctions informatiques. Le menu (blanc sur fond bleu) est très lisible et en éclairage réduit, la qualité de l'affichage des photographies est excellente, supérieur à ce que j'ai rencontré précédemment.

 Par son ergonomie, le RD 3000 est encore très proche d'un camedia. Il doit être en mode lecture ou en mode prise de vue. Pendant qu'une photographie est en train d'être traitée ou de s'enregistrer sur la carte mémoire, il refuse de répondre à toute commande et on ne peut pas, par exemple, modifier le diaph ou la vitesse pour préparer la photographie suivante. Cependant, MINOLTA a su fabriquer un appareil plus complet et plus facile à manipuler que la plupart des camedia en multipliant les boutons pour arriver à une fonction/un bouton et en écrivant en clair leur destination. Pour les photographes professionnels, le principal reproche que l'on puisse faire à l'appareil à ce stade de l'étude, c'est l'absence d'un mode histogramme pour juger de l'exposition.


Les informations visibles dans le viseur La visée est moins lumineuse que sur le DCS 330. Elle reste cependant confortable et on peut réaliser le point en manuel avec précision. L'exploit technique est impressionnant dans la mesure où les optiques Minolta V ouvrent dans le meilleur des cas à 4,5 (ouverture inexploitable sur le RD 3000 qui ne peut offrir plus de 6,7 à la prise de vue).
      Le viseur est exploité dans son intégralité (95% de l'image réelle) et peut être corrigé de -4 à +2 dioptries.
      Les indications visibles depuis le viseur sont: une icône d'attente (une opération qui immobilise l'appareil est en cours), une icône de mise en service du flash, une icône de charge du flash, un témoin qui indique une correction de l'exposition au flash, un indicateur de mise au point, la vitesse, un témoin qui indique une correction de l'exposition, l'ouverture et le cas échéant l'utilisation de la mesure spot.
      Il manque selon moi au minimum deux informations dans le viseur: un témoin qui rappelerait le règlage adopté pour la balance des blancs et un barregraphe qui, comme sur le DCS 330, indiquerait l'importance de la sur ou de la sous exposition lorsque l'on travaille en manuel. Il m'est arrivé à plusieurs reprises, lors de ce test, de devoir recommencer des photographies parce que j'avais oublié de modifier la balance des blancs en passant, par exemple, de photographies réalisées en extérieur en mode automatique, à des photographies prises au studio avec des flashs électroniques. Le barregraphe du DCS 330 est est bien utile lorsqu'il s'agit d'une sur ou d'une sous-exposition volontaire.

L'enregistrement et le traitement des images  L'appareil n'offre qu'un port pour une carte compactflash, ce qui est inférieur à ce qu'offre le DCS 330 mais identique à ce que propose le NIKON D1.
 Quoique beaucoup moins cher que le DCS 330 ou le D1, Minolta se montre beaucoup plus généreux en fournissant 4 accus, un chargeur et une carte mémoire Compactflash de 64 Mo. L'appareil est un grand consommateur d'accus, surtout si on utilise l'écran LCD, mais son alimentation étant identique à la grande majorité des camedias du marché (6 V.), on peut trouver, chez tous les grands distributeurs de matériel photographiques, des batteries externes (à des prix très compétitifs) que l'on branche sur la prise d'alimentation de l'appareil.

96 secondes pour rester zen Le principal défaut du MINOLTA en matière d'enregistrement des données tient au temps que prend le traitement des images. J'ai compté 96 sec. entre le moment où j'appuyais sur le déclencheur et le moment où la diode rouge indiquant un enregistrement en cours s'éteignait pour une image prise au format TIFF. L'utilisation de 2 capteurs ne présente pas que des avantages... Cela se passe un peu mieux en JPEG, mais cet appareil n'est vraiment pas fait pour des photographes sportifs. Son buffer pouvant contenir jusqu'à 5 images, en reportage classique, et si le photographe n'est pas trop nerveux, ce n'est pas trop handicapant. Cependant, il vaut mieux réfléchir avant de déclencher, si on ne veut pas se retrouver en train d'appuyer désespérément sur un déclencheur sourd à toute solicitation pour cause de buffer plein.

Post-traitement Le RD 3000 produit des images Tiff ou Jpeg conforment à la norme et donc il n'y a pas besoin d'utiliser, comme avec le DCS 330, un logiciel spécifique et un pilote Twain pour les ouvrir. Le logiciel fournit avec l'appareil est extrèmement simple. Il s'agit d'un petit logiciel graphique qui permet des opérations élémentaires de recadrage, l'insertion d'un texte sur la photographie, ou la réalisation d'un diaporama minimaliste.
    Il permet également de commander l'appareil à partir d'un port SCSI 2, ou de rapatrier, au travers de cette liaison, les images réalisées avec l'appareil. On peut à partir de l'ordinateur déclencher l'appareil, modifier la vitesse et l'intensité du flash s'il s'agit d'un flash MINOLTA installé sur la griffe porte accessoire. Le port SCSI est bien représenté dans l'univers PC, mais l'utilisation de l'appareil au travers de ce port suppose une grande patience. En effet, après avoir choisi en mode REC la vitesse et le diaphragme de l'appareil, il faut passer en mode PLAY pour se mettre en mode SCSI. On allume ensuite son ordinateur et on peut déclencher l'appareil. Si on travaille en studio avec des générateurs et que l'exposition n'est pas satisfaisante, on ne peut modifier depuis l'ordinateur que la vitesse d'exposition, ce qui dans ce cas là est sans effet sur le résultat final. Il faut donc quitter le mod
e PLAY/SCSI pour revenir au mode REC et pouvoir modifier le diaphragme. Malheureusement, une fois sur deux on plante l'ordinateur et il n'y a plus qu'à essayer de garder son calme. Un lecteur de carte externe est beaucoup plus simple et rapide à utiliser.

La balance des blancs L'appareil comporte tous les modes habituels: auto, la balance est réalisée à partir du capteur situé sur le boîtier, jour (6500 K), flash (5500K), intérieur (3000 K) et un mode manuel qui permet de mémorise une balance réalisée sur une feuille blanche présentée devant l'objectif.
17 mm; 800 asa auto
JPEG redimensionné à 600 pixels de base (35 Ko);   JPEG (375 Ko)

Dimâge RD 3000
Les essais en extérieur et en reportage, en studio
Le boîtier Dimâge RD 3000
Le Dimâge RD 3000 en conclusion