Michel Baverey est passé du statut de libraire à celui d’éditeur depuis quatre ans.
" Le livre est essentiel pour moi ; j’ai toujours voulu travailler dans ce sens. "
D’abord sur Paris, ce jeune homme ambitieux a décidé de quitter la capitale pour venir s’installer à Nantes. Il considère la capitale comme le terrain d’un jeu où un système de mondanité s’opère entre les artistes et les auteurs. Selon lui, les parisiens manquent considérablement de recul, et sont donc finalement très provinciaux. Il est vrai que beaucoup des petites maisons d’éditon intéressantes sont en province. Toutefois, il existe à Paris certains éditeurs faisant des choses très originales et dont le travail est surtout reconnu en province ou à l’étranger. Ainsi, en province nous avons beaucoup plus de temps. Nous ne sommes pas pris par les mêmes contraontes, dans les mêmes angoisses.
" A Paris, on est pris dans le médiatico-politique. Il y a cette urgence permanente. "
" Moi, je ne suis nulle part. "


Depuis son premier livre (avec de la photographie), cet éditeur se cherche et s’ouvre à différents champs de l’édition. En cela, son coffret " Bug ", sorti au mois de novembre dernier a été un véritable déclencheur. Le projet a réuni autour d’un travail sur l’identité, la conscience de soi et des autres, de nombreux artistes, différents dans leurs centres d’intérêt et dans leurs modes d’esxpression ( photographes, plasticienne, romancière, essayiste, philosophe).
Il pourrait aussi ne faire que des livres d’art où chaque livre serait une idée en soi, mais il est obligé de faire des concessions au niveau commercial.

" Ma maison d’édition est un laboratoire. "
" Je cherche à aboutir sur un travail pertinent pour moi-même et pour le public "

Quand un artiste vient le voir, il cherche avec lui la forme la plus adéquate à son travail ; celle qui répond le mieux à sa façon d’aborder le questionnement esthétique. Tant qu’il n’est pas arrivé à cette alchimie, un livre ne vaut pas la peine d’être publié.

" J’expérimente mes trucs ", alors forcément, on lui reproche parfois de partir dans tous les sens.
" J’interviens sur le livre et je revendique ma part de création en tant qu’éditeur. Je suis un artiste, ou un artisan plutôt. "

Cet éditeur était très présent sur le salon avec l’un de ses auteurs Romain Slocombe, puisqu’ils participaient vendredi à un débat sur le champ de la photographie, et aussi parce qu’il projetait samedi soir à l’atelier, trois vidéos sur les performances de Romain Slocombe.



Emmanuel Hermange, Sylvain Maresca et Romain Slocombe (aux éditions Michel Baverey)

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