22 février, une journée sans informations

Un an après la disparition de Rémi Ochlik et Marie Colvin en Syrie, un collectif issu du secteur des médias et du photojournalisme lancera le 22 février une nouvelle campagne destinée à mieux faire connaitre les risques affrontés au quotidien par les journalistes et les photojournalistes dans les zones de conflit. Menée par Aidan Sullivan, Vice-Président chez Getty Images et fondateur de la bourse Ian Parry Scholarship, la campagne vise également à faire pression sur les gouvernements et les tribunaux afin qu'ils poursuivent en justice ceux qui portent atteinte aux membres des médias d'information.

Évoquée pour la première fois en septembre dernier lors du festival Visa pour l'Image (voir l'article), l'idée d'organiser Une journée sans informations (A day without news?) pour sensibiliser le public et les gouvernements aux risques auxquels sont confrontés les journalistes et les photojournalistes dans les zones de guerre a fait son chemin. Menée par Aidan Sullivan et soutenue par des photojournalistes célèbres dont Don McCullin, Christiane Amanpour (correspondante CNN) ou Brent Stirton (Reportage by Getty Images), la campagne soulève des questions importantes concernant la liberté de la presse dans le monde, et le regard que le public porte sur le travail des journalistes et des photojournalistes. 

"En incitant les gens à partager le lien vers www.adaywithoutnews.com à travers les réseaux sociaux, ainsi qu'à montrer leur soutien de la cause en ajoutant leur nom à la liste de sympathisants, il est à espérer que l'initiative sensibilisera le public sur le rôle vital que jouent les correspondants et les photojournalistes, et sur les risques auxquels ils font face lors d'un reportage en zone de guerre," affirment les organisateurs de la campagne dans un communiqué de presse. "Le collectif espère également changer les priorités institutionnelles et juridiques afin d'éviter que les journalistes soient pris pour cibles, et cherche à réunir des preuves pour appuyer les poursuites et obtenir justice pour ces morts."

Au cours des dix dernières années, 945 photojournalistes et correspondants ont été tués en couvrant des zones de conflit, dont 583 sans que des poursuites aient été entamées pour crimes de guerre. L'année dernière, 90 journalistes - dont Marie Colvin et Rémi Ochlik -, ont été tués lors d'un reportage dans des zones de guerre.

Pour Aidan Sullivan, qui affirmait il y a un an la nécessité de considérer le meurtre d'un journaliste comme un crime de guerre (voir article), "il est inacceptable que ceux qui sont volontaires pour couvrir objectivement des zones de conflit dans le monde soit délibérément désignés, ciblés et assassinés en toute impunité, et que les personnes responsables de leur mort ne subissent aucune conséquence. Sans ces journalistes qui se portent témoins, les atrocités commises pendant la guerre passeraient inaperçues et il est tout aussi cruel que leur décès n'obtienne pas justice. C'est une situation qui doit changer. Bientôt, il sera trop dangereux pour les journalistes de pénétrer dans une zone de guerre ou d'y faire un reportage."

Roxana Traista

21/02/2013

Aidan Sullivan (c) Getty Images

 

Vendredi 22 février 2013, contribuez à faire connaître l'initiative A Day Without News? en tweetant l'un des textes suivants :


·       Support #adaywithoutnews http://bit.ly/11KiVma 

·       971 journalists killed since 1992. Imagine #adaywithoutnews http://bit.ly/11KiVma 

·       In memory of Marie Colvin and Remi Ochlik, support #adaywithoutnews http://bit.ly/11KiVma 

·       What would it be like if we had #adaywithoutnews? http://bit.ly/11KiVma 

·       90 journalists killed in 2012, will there soon be #adaywithoutnews? http://bit.ly/11KiVma 

(c) John Moore, Lybia Frontline