Festival Photoreporter : la sélection 2013 dévoilée

Le jury du festival Photoreporter en Baie de Saint Brieuc vient d'annoncer son choix : 13 photographes, dont les travaux seront entièrement financés grâce au fonds de dotation mis en place par les organisateurs, ont été sélectionnés parmi près de 300 candidats de 46 pays différents. Une sélection très internationale pour une deuxième édition du festival qui s'annonce passionnante. 

Le jury composé de Jean-Luc Monterosso (Fondateur et Directeur de la Maison Européenne de la Photographie), Olivier Laurent (Rédacteur en chef adjoint British Journal of Photography), Gary Knight (Photoreporter de la sélection 2012), Alain Genestar (Directeur de la Publication de Polka Magazine) et Annie Boulat (Fondation Boulat) viennent d'annoncer le nom des 13 photographes qui seront présentés lors de la deuxième édition du festival Photoreporter, qui se tiendra du 19 octobre au 11 novembre 2013 en Baie de Saint-Brieuc.

© Robert Simeon

Philip  Blenkinsop (Anglo-australien)

Son projet : Burma before the change (Birmanie)

Du Laos aux guérillas du Timor oriental, le reporter Philip Blenkinsop fait le portrait d’une Asie violente et contrastée. Egalement célèbre pour ses reportages sur les violences ethniques de l’île de Kalimantan, ou sur la rébellion musulmane du sud de la Thaïlande, il a pour ambition de questionner l’éthique et l’esthétique du photojournalisme. Lauréat du prix Scam Roger Pic en 2004, en récompense de son travail sur

les Hmongs, intitulé ‘Laos, la guerre secrète’, l’artiste reçoit la même année le prix Photojournalisme du Concours annuel Amnesty International Medias Awards et le premier prix World Press Photo. Membre de l’Agence VU puis de l’agence Noor en 2008, il s’est aussi vu attribuer le Visa d’or catégorie ‘news’ lors du 20e festival de photojournalisme de Perpignan, en hommage à son reportage sur le séisme de mai 2008 en Chine. Publiés par Paris-Match et Time Magazine, ces clichés témoignent de la réalité de ces régions sinistrées, entre usines désaffectées et villageois intoxiqués. Blenkinsop s’impose alors comme un reporter profondément humain qui, malgré la crudité de ses photographies, rend compte avec douceur et poésie du chaos de l’Asie du sud-est.

Darcy Padilla (USA)

Son projet : Drill Baby Drill, une nouvelle ruée vers l'or noir (USA)

Née il y a 45 ans en Californie, Darcy Padilla photographie les sans-abri, les toxicose, les marginaux. « Commise d’office auprès des pauvres », comme dit Emmanuel Carrère. Après trois mois de stage, le New York Times avait proposé de l’engager. Elle a refusé pour pouvoir faire ce qu’elle voulait. Pendant 18 ans, elle a suivi la vie de Julie ; Julie disparue, elle suit celle de ses enfants. Elle a été surprise par la réaction « enthousiasmante et inattendue » du public, qui a découvert son travail lorsqu’elle a reçu le prix Eugene Smith. Elle vient d’entreprendre un nouveau projet, sur la maladie mentale. Elle vit à San Francisco.


Peter Dench (Angleterre)

Son projet : The British Abroad 

Dench est né et a grandi à Weymouth, Dorset. Il est diplômé de l’Université de Derby avec un diplôme en études photographiques en 1995 et a travaillé comme photojournaliste depuis 1998. Il vit actuellement à Crouch End, Londres.

Dench est surtout connu pour ses dix ans de travaux documentant l’Angleterre. Dench a été membre du Groupe de l’agence photo indépendante du Photographe (IPG) de 2000 jusqu’à la fermeture de l’entreprise en 2005. En Janvier 2012, il rejoint Reportage par Getty Images comme l’un de leurs photographes représentés. Vers 2007, Dench a passé 15 mois à photographier l’histoire cachée du football dans 20 pays pour la FIFA.

A Day Off dans la vie de l’Europe est un autre des projets Dench, dans lequel il a photographié les gens à travers l’Europe pour commémorer les événements d’importance nationale.

Le Visa pour l’image festival de photojournalisme de Perpignan, en France, a passé au crible le travail de Dench cinq fois et lui a donné une exposition complète. Dench est un éditeur à part entière de Hungry Eye magazine et directeur de la création de la Galerie tissu blanc à paraître à Leeds. Dench a réalisé des portraits officiels de Tom Jones, Vinnie Jones, Heston Blumenthal, Freddie Flintoff, Alain Ducasse, Jamie Oliver, Vijay Mallya, Zoe Lucker, Tamsin Greig, Ahmet Ertegun, Alicia Silverstone et Dermot Desmond.

© Kosuke Okahara

Agnès Dherbeys (France)

Son projet : Mother (Corée du Sud)

Agnès Dherbeys est une photographe française basée à Paris, après avoir vécu et travaillé 12 ans à Bangkok, en Thaïlande. Elle a obtenu son master de l’IEP de Lyon avec mention et un master 2 Sciences de l’information et Communication, du Celsa à l’université de la Sorbonne Paris IV. Elle a appris la photo lors de son arrivée à Bangkok en 2001. Depuis, elle a principalement travaillé sur la France et L’Asie, avec des parenthèses dans les territoires palestiniens et en Israël.

En novembre 2005, elle a gagné le prix de la Fondation Lagardère pour la photographie, ce qui lui a permis de travailler sur son projet au Timor oriental. Cet essai - « Timor oriental, le rêve fou de l’indépendance » - a été présenté à Visa pour l’image en avril 2008 à FotoFreo, WA, en Australie. Dherbeys a gagné le second prix « spot news story » au concours World press photo 2007, avec son reportage sur le soulèvement du peuple contre le roi Gyanendra au Népal, qui a été présenté aux « Rencontres de Siem Reap », au Cambodge, en 2007. En 2008, elle a été finaliste aux CARE awards et pour le magazine Visa d’Or, avec son projet sur un temple pour séropositifs en Thaïlande pour Visa pour

l’image. Dherbeys était aussi l’un des 12 participants aux « Joop swart masterclass 2008 » du World press photo (balance). Son reportage sur la révolte des Chemises rouges en Thaïlande, en avril et mai 2010, a été présenté au centre culturel et artistique de Bangkok dans une exposition - « Rupture » -, organisée par Olivier Pin Fat.

Avec ce travail, publié dans le New York Times, elle a gagné la médaille d’or du prix Robert Capa de l’OPC en 2011, dans la catégorie « meilleur photoreportage publié à l’étranger nécessitant un courage exceptionnel et de la détermination ». Elle travaille pour la presse internationale, telle que le New York Times, Le Monde, GQ, Harpers, Sunday Times magazine… et bien d’autres. 

Stefano De Luigi (Italie)

Son projet : Reality wedding (Italie)

Stefano De Luigi aime s’immiscer dans les coulisses des images. Le photographe italien, collaborateur de l’agence VII, et qui habite maintenant Milan, a fait ses classes à l’Institut de photographie de Rome. Après s’être intéressé à l’univers de la mode, il se penche sur l’industrie pornographique à travers le monde. Son livre «Pornoland», traduit en Anglais, Français et Italien, a remporté le prix Marco Bastianelli en 2005. «Blindness» est un voyage au coeur de la cécité, dans les hôpitaux et les écoles d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie du

Sud-Est. «Cinema Mundi», est une exploration des studios de cinéma alternatif, loin de la machine hollywoodienne, en Chine, en Russie, en Iran, en Corée… Couleurs vives, visages intenses, décors insolites, ces photographies en Fine Art rappellent les matières de la gravure et jouent avec le réel et l’irréel. Pour ce projet, dans lequel il s’est lancé en 2006 et qu’il alimente toujours, Stefano De Luigi a reçu en 2008 un World Press, catégorie «Art & entertainement».

Marie Dorigny (France)

Son projet : Les femmes paient le prix de la paix (Népal)

Marie Dorigny vit et travaille à Paris. Après avoir commencé dans le journalisme comme rédactrice, elle entame une carrière de photographe, en décembre 1989, avec la révolution roumaine. Elle collabore depuis avec la presse écrite nationale et internationale. Ses photos sur l’esclavage domestique ont été exposées dans le réseau des galeries photo de la Fnac et son travail sur les femmes de banlieue a été présenté au festival Visa pour l’image (Perpignan). Ses clichés sur le travail des enfants dans le monde sont réunis dans le livre « Enfants de l’ombre » paru aux éditions Marval. Elle a également publié, en 2004, aux éditions du Chêne, « Cachemire, le paradis oublié », un projet personnel exposé au Muséum de Lyon et au Centre de Culture Contemporaine de Barcelone dans le cadre de l’exposition thématique

« Frontières » (2007). La Bibliothèque Nationale de France a présenté son travail sur la prostitution et l’immigration clandestine, en 2006, dans le cadre de l’exposition « Pour une photographie engagée ». Marie Dorigny rejoint la maison de photographes Signatures dès sa création, en 2007.

Robin Hammond (Nouvelle Zélande)

Son projet : Lagos - Rhythms of an African mega-city) 

Robin Hammond, âgé de 37 ans, est un photojournaliste free-lance originaire de Nouvelle-Zélande et membre de l’agence Panos depuis 2007.

Lauréat de quatre Prix du reportage humanitaire d’Amnesty International, il a eu l’occasion de se rendre dans plus de 50 pays depuis le début de sa carrière, la plupart du temps pour rendre compte des dramatiques conditions de vie des hommes à travers le monde ou du non-respect de notre planète.

Après avoir habité au Japon, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, Robin Hammond réside actuellement à Paris. Il avait passé auparavant huit ans au Royaume-Uni, collaborant à de nombreux titres de presse à l’international et se mettant au service de différentes organisations non gouvernementales. En novembre 2011, il reçoit le prix de la fondation Carmignac gestion du photojournalisme pour son reportage intitulé «Le nom de vos plaies sera silence» illustrant la crise humanitaire au Zimbabwe.

Guy Martin (Canada)

Son projet : The rise of the Turkish soft power

Guy Martin vient de la côte anglaise de Cornouailles balayé par le vent et a obtenu un baccalauréat ES arts de première classe (Hons) dans la photographie documentaire de l’Université de Wales, Newport en 2006.

Guy a commencé à poursuivre à long terme des projets de documentaires personnels pendant ses études à Newport, dont l’un, «Le commerce au cours de la Borderline’-une documentation sur la région frontalière entre la Turquie et nord de l’Irak et de ses routes commerciales - lui a valu le Prix Guardian et Observer Hodge pour les jeunes photographes. Inspiré par les régions qui sont en période de transition, il a continué à mener un projet à long terme sur la renaissance du mouvement cosaque et le nationalisme russe dans le sud de la Russie et du Caucase de 2005 à 2007, qui a abouti à la documentation de la Russie/conflit en Géorgie en Août 2008.

De Janvier 2011, il a commencé à documenter les révolutions qui balaient le Moyen-Orient et Afrique du Nord, en photographiant la révolution en Egypte avant de documenter la guerre civile en Libye à l’est de la ville assiégée de Misrata ouest en Avril 2011.

Son travail a été publié dans le Guardian, Observer, Sunday Times, The Daily Telegraph, Der Spiegel, D Magazine, FADER Magazine, Monocle Magazine, Huck Magazine, The British Journal of Photography, ARTWORLD, Le NewStatesman, le Wall Street Journal et le Time. En 2011, il devient membre de l’agence photographique estimés Panos.

En 2012, son travail à partir de l’Egypte et de la Libye a servi de base pour des expositions conjointes au Centre culturel espagnol à New York, Galerie HOST. 

Catalina Martin-Chico (France)

Son projet : Saint-Martin ou les paradoxes du paradis (Les Antilles)

Catalina Martin-Chico est née en 1969 à Madrid puis s’est installée dans le sud-ouest de la France où elle a fait de longues études, loin de la photo. Après avoir travaillé 5 ans à Paris, elle part s’installer à New York pour 5 ans, où elle suit les cours de l’International Center of Photography. Elle voyage avec son Leica un peu partout dans le monde avant de s’installer il y a 4 ans au Yémen pour faire des reportages photo.

Elle a exposé son travail à New York et à Bruxelles et a été publiée dans de grands magazines français et étrangers (Le Monde magazine, le FigaroMagazine, GEO, ELLE,The Guardian, etc.). En Juillet 2011, Catalina gagne le Visa d’Or Humanitaire du CICR pour son travail «La révolution yéménite».

© Sohrab Hura

Kosuke Okahara (Japon)

Son projet : Surviving for the existence Abkhazia, a country that doesn’t exist 

La première histoire qui bouleverse Kosuke Okahara est celle du Kosovo. De là naît le désir du jeune homme de devenir photographe ainsi que son intérêt pour l’«Ibasyo» qui correspond, en japonais, au « lieu de l’existence physique et émotionnelle des individus », à la « paix intérieure des gens ». Né en 1980 au Japon, Kosuke Okahara n’a de cesse d’arpenter le monde, de traquer la souffrance humaine, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud. Cette souffrance fixée à jamais par les images, et ne pouvant plus tomber dans l’oubli, c’est celle des réfugiés du Darfour, des drogués et de leurs dealers en Colombie, des jeunes japonais qui se mutilent, entre autres. Le regard du photographe est empreint d’empathie, mais jamais de pitié. Ce même regard guide son travail en Chine sur la condition des lépreux. « C’était important pour moi de ne pas les montrer comme des victimes. » Pour ce travail, il a reçu la mention honorable au prix Kodak de la Critique Photographique en 2007. Kosuke Okahara devient membre de l’agence Vu’ la même année. Ses photos ont été exposées au Tokyo Metropolitan Museum of Photography, au musée d’Art asiatique de Fukuoka, au Kiyosato Photo Art Museum, à la Nikon Gallery de Tokyo, et au Foreign Correspondents’ Club de Thaïlande. Elles ont fait l’objet de publications au Japon et aux Etats-Unis.


Claude Rives (France)

Son projet : Les envahisseurs de la Loire

Photographe-reporter français spécialisé dans la prise de vue sous-marine, Claude Rives est considéré comme l’un des pionniers de l’image sous-marine. Il a participé depuis de nombreuses années à des expéditions scientifiques se déroulant dans toutes les mers du globe.

Spécialiste des plongéesextrêmes, certaines de ses enquêtes, basées sur des observations à long terme, le mènent à traiter des sujets aussi variés que la mort du corail, les catastrophes pétrolières, les épaves de la Seconde Guerre mondiale ou la gestion de la nature dans les Parcs nationaux. Claude Rives est né à Angers le 11 avril 1947. Très jeune il était déjà passionné par la lecture le voyage et la photographie.

Ces premières photos proposées à Hachette ont illustré un livre de Gaston Rébuffat (expédition du Cervin, deuxième sommet d’Europe), il n’avait que 15 ans. La plongéequ’il découvrit alors le fascina et c’est au CIP des Glénans qu’il fit ses premières photossous-marines. Sa voie était alors tracée, guidée par une passion qui ne le quittera plus, celle du grand reportage. Claude Rives collabore entre autres avec le Muséum d’histoire naturelle, l’Ecole pratique des hautes études, le CNRS ou encore l’UNESCO. Ses reportages sont publiés dans de nombreux magazines en France et à l’étranger, notamment dans National Geographic. Il est également réalisateur de films et tourne régulièrement des sujets pour la télévision. 


JB Russel (USA)

Son projet : Am Iraqi Journey

JB Russell est un photographe basé à Paris et réalisateur multimédia. Il a voyagé et travaillé en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et en Amérique latine en se concentrant sur l’actualité, les conséquences humaines des conflits et les questions liées à la sécurité humaine. Son travail apparaît régulièrement dans les magazines et les journaux, sur Internet, dans les livres et dans des expositions à travers le monde. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont le Prix du public au Concours de la France correspondants de guerre de Bayeux, 1ère place dans la catégorie Histoire Magazine Nouvelles de la compétition et la concurrence POYi American Photo. Son travail a été sélectionné pour la photographie américaine annuelle et a également été exposé et souvent en vedette à Visa pour l’Image, le festival international de photojournalisme à Perpignan, France. Ses images et les films sont aussi régulièrement demandé aux organisations humanitaires telles que le Mines Advisory Group (MAG), Médecins Sans Frontières (MSF), Action Contre La Faim, les Nations Unies et d’autres.

Donald Weber (USA)

Son projet : War Sand (France)

Donald Weber, né en 1973 à Toronto, au Canada. Résidant actuellement en Russie, il a travaillé comme architecte Rem Koolhaas avec le Bureau for Metropolitan Architecture (OMA), à Rotterdam, Pays-Bas, avant de devenir photographe. Il a bénéficié d’une bourse Guggenheim, un prix World Press Photo, et le prix du documentaire Lange-Taylor avec Larry Frolick, entre autres citations. Donald Weber a largement exposé et a travaillé pour des publications internationales, y compris le New York Times, Newsweek, Time, et Stern. Une partie de son travail de Tchernobyl a été inclus dans une exposition itinérante sur la colline du Capitole, à Washington et aux Nations Unies à New York. Il a documenté la vie quotidienne en pays post-soviétiques depuis 2005, dans la perspective d’un skytalets, un vagabond russe traditionnel.

1/03/2013