Association de promotion pour la photographie émergente, Fetart est devenue, en à peine cinq ans, un passage presque obligatoire pour les jeunes artistes en quête de visibilité. À l'occasion de la deuxième édition du festival Circulation(s) dédié à la jeune photographie européenne, nous avons rencontré Marion Hislen, présidente et commissaire de l'événement.

© Chassary Belarbi
Photographie.com : Fetart soutient la photographie émergente depuis beaucoup de temps...
Le but de Fetart lors de sa création en 2005 était de faire des expositions de photographies. Très vite nous avons compris combien il était compliqué pour un jeune artiste de faire ses preuves - au même titre qu'un jeune diplômé qui ne trouve pas d'emploi car il n'a pas d'expérience. Un jeune photographe qui démarre n'est pas très 'rentable' pour le marché de l'art, il fait donc ses premiers pas avec nous. Comme nous sommes une association, nous ne pensons pas en termes de retour sur investissement.
C’est devenu notre engagement et notre force.
Photographie.com : Quel est pour vous le visage de la photo émergente ? Y-a-il un fil conducteur entre les visions photographiques des différents jeunes artistes ?
Le visage de la photo émergente est aussi vaste que le champ photographique le permet aujourd’hui. Je ne crois pas à la vision unique ou à un fil conducteur. Grace au web les jeunes artistes sont très informés et très éduqués. Ils doivent trouver leur voie et leur écriture, ce n’est pas facile avec autant d’informations autour de soi ! Ils commencent tous en faisant le même travail que… et finissent par s’en détacher ou pas…
J’ai tendance à penser qu’il y un certain classicisme et que j’aimerais être plus souvent étonnée : ils sortent rarement de la forme ‘la photo au mur’, les plasticiens sont plus inventifs.

© Fischer Julie
Photographie.com : Y-a-il des forces qui s'opposent à la photographie émergente ?
Oui, c’est compliqué de démarrer car le monde de la photographie est petit et un peu vieillissant. Les décideurs sont souvent les mêmes et les institutions très institutions. Il y a le premier cercle, et le reste du monde… Un élève du Fresnoy est sûr de voir son travail rapidement exposé, souvent même avant de sortir de l'école ; quand vous êtes autodidacte, c'est beaucoup plus difficile.
Il ya peu d’organismes ou de structures parallèles qui permettent aux photographes de présenter leur travail au public. C’est peut-être une des raisons de la création constante de collectifs : le besoin d’être ensemble pour s’entre-aider, pour initier des projets.

© Moseid Geir
Photographie.com : Quelles sont pour vous les meilleures façons d'aider la photographie émergente ?
Sans aucun doute les exposer et faire venir le plus de professionnels possible au sein de l’exposition. Nous faisons un vrai travail d’accompagnement pour les aider à présenter leur travail - qu'il s'agisse de l'editing, du choix des formats, de la numérotation - et à savoir parler de leur travail. Le réseau que nous avons constitué au fil des ans nous permet aussi de leur faire suivre régulièrement de nouvelles opportunités d'exposition notamment dans d'autres festivals. La suite c’est leur histoire.
Propos recueillis par Roxana Traista
Le festival Circulation(s) aura lieu du 25 février jusqu'au 1er mars 2012, à la Galerie Côté Seine & Trianon, Parc de Bagatelle, Paris 16e.