Fotofever, une foire défricheuse de talents

Pour sa première édition dans la capitale européenne, fotofever rassemble cette année pas moins de 63 galeries du monde entier. Du 4 au 7 octobre, l'événement propose également de nombreuses rencontres, des conférences, des plate-formes de discussion et un espace vidéo. Cécile Schall, fondatrice et directrice, explique les particularités de fotofever.  

Cécile Schall

Photographie.com : Après une première édition de fotofever à Paris, la foire s'installe cette année à Bruxelles...

J'ai lancé la première édition de fotofever à Paris parce que c'est la capitale mondiale de la photographie et ma ville… Dès le lancement à Paris, j'avais décidé d'implanter l'événement à Bruxelles l'année d'après, avec l'ambition de rassembler plus d'exposants, majoritairement européens. À terme, mon rêve est de lancer une fotofever par continent… en commençant par la capitale de l'Europe !

Bruxelles présente énormément d'atouts : elle est à la fois le symbole de l'Europe, un carrefour de collectionneurs, une ville cosmopolite et très accueillante. Et pour couronner le tout, le site de Tour & Taxis qui nous accueille est tout simplement sublime… c'est le "Grand Palais" de Bruxelles ! J'y ai déjà organisé des événements et c'est un lieu connu et apprécié de tous, et qui dépasse les frontières de la Belgique grâce à la très belle foire européenne d'antiquités BRAFA qui y est organisée depuis dix ans.

 

Photographie.com : Fotofever Bruxelles réunit une soixantaine d'exposants autour de quatre sections : galeries, young, vidéo et éditeurs. Quelles sont vos ambitions pour ce nouveau rendez-vous ?

L'ambition est d'offrir une programmation riche et diversifiée, mettant les jeunes à l'honneur : chaque galerie présente au moins un jeune artiste et nous donnons un coup de pouce à 12 jeunes galeries de moins de trois ans en leur offrant l'opportunité de présenter un solo show à des conditions préférentielles. Une petite section édition présente de vrais bijoux à découvrir, et la section vidéo est conçue autour d'une salle de projection vidéo surprenante, véritable oeuvre d'art créée par Galila, collectionneuse belge étonnante, que j'ai rencontrée à fotofever paris en novembre 2011.

En complément des oeuvres de plus de 250 artistes proposés par nos exposants, nous sommes heureux de présenter également une collection privée inédite autour de la thématique de l'oeil "For Galila's Eyes Only", ainsi que l'exposition des trois institutions majeures en Belgique : Bozar de Bruxelles, le Musée de la Photographie de Charleroi et le FoMu Fotomuseum d'Anvers.

Rainer Eistermann-photo studio junior 01-2012- courtesy of artitledl contemporary art 

Photographie.com : Parlez-nous de la sélection 2012. Comment a-t-elle été réalisée ? 

Nous avons sélectionné 67 galeries et éditeurs venant de Belgique, France, Allemagne, Autriche, Pays Bas, Italie, Espagne, Grande-Bretagne, Israël, États-Unis, Luxembourg, Hongrie, Pologne, Maroc et Slovénie. A travers notre programmation, nous voulons faire de fotofever une foire défricheuse de talents et de nouveautés, qui explore les images d’aujourd’hui dans toute leur diversité, des talents les plus reconnus aux créateurs en devenir… Présenter l’art photographique sous toutes ses formes ! Pour vous offrir cette programmation, toute une équipe oeuvre depuis plus d'un an à rencontrer de nombreuses galeries et à étudier leurs dossiers. Tous nos exposants ont ce dénominateur commun : vouloir partager leur passion pour la photographie et développer la fièvre photographique !

 

Photographie.com : Fotofever souhaite "développer de nouvelles vocations de collectionneurs..." 

Fotofever est une belle plateforme de promotion de la photographie qui est avant tout destinée à favoriser les rencontres entre les artistes présentés par les galeries et les amateurs, pour déclencher l'envie d'acquérir l'oeuvre et développer la fièvre du collectionneur… À fotofever, tout est mis en oeuvre pour faire en sorte que nos visiteurs, qu'ils soient collectionneurs confirmés ou non, fassent l'acquisition de l'oeuvre  ou des oeuvres qui les ont touchés. Car tout est affaire de rencontre et de coeur ! Aujourd'hui, le collectionneur est au coeur de toutes les attentions : artistes, galeries, foires, institutions et musées, car c'est lui qui contribue à développer le marché et créer ce cercle vertueux entre lui et l'artiste, au travers de l'oeuvre et par l'intermédiaire de la galerie qui représente l'artiste. Sans collectionneurs, pas d'artistes, pas de galerie et pas de foire ! Il faut donc développer de nouvelles vocations de collectionneurs et je suis convaincue que la photographie, dans le monde d'images dans lequel nous vivons, est un art qui se prête particulièrement à séduire les nouvelles générations de collectionneurs.

 

Frank Gaudlitz - la ruta del sol: maria rodriguez, 76, cesar efrain. Calderon, 73, chillanquer, 2012 - courtesy of rothamel gallery

Photographie.com : Vous introduisez cette année le fotoprize. Quelles sont les spécificités de ce prix et pourquoi avez vous décidé de récompenser le travail de l'artiste Anna Orlowska ?

En créant le fotoprize, je souhaite qu'à chaque édition fotofever serve de tremplin à un jeune artiste européen. Le jury constitué de Basia Embiricos (Galerie Embiricos, Photo District Marais), Nathalie Herschdorfer (curateur), Sophie Gamand (Azart), Michal Janica (lablab) et Elviera Velghe (FoMU, Fotomuseum d'Anvers) a étudié 57 dossiers provenant de plus de 30 écoles d'art en Europe. Le choix du jury s'est porté sur le travail d'Anna Orlowska, jeune Polonaise, dont le travail a séduit pas sa maturité et sa qualité cinématographique. 

Fotofever lui offre un solo show à Bruxelles, les tirages sont produits par notre laboratoire partenaire lalab et notre partenaire Photo District Marais accueillera son exposition dans ses galeries pendant le Mois de la Photo à Paris en novembre prochain. J'espère de tout coeur que grâce à fotofever brussels, Anna prenne son élan et que son talent dépasse les frontières de l'Europe !

 

Photographie.com : Comment voyez-vous Fotofever à l'avenir ?

Je souhaite une belle et longue vie à fotofever, à Bruxelles bien sûr mais aussi à Paris et dans chaque continent, afin de contribuer à faire de la photographie, art tout jeune de moins de 200 ans, un art majeur et à part entière.

 

Propos recueillis par Roxana Traista