L'Adagp et la Saif dénoncent l'accord signé vendredi entre Google et les éditeurs de presse français en présence de François Hollande. L'accord qui prévoit la création d'un fonds de 60 millions d'euros pour "l'innovation de la presse numérique" est jugé insuffisant par les deux sociétés, qui déplorent que les auteurs des arts visuels n'aient pas été associées à la médiation initiée par le Ministère de la Culture.

Dans un communiqué de presse commun, l'Adage et la Saif "dénoncent un accord commercial qui ne traite pas de la question des droits d’auteur alors même que parmi les contenus de presse indexés par Google figurent de nombreuses images." Les deux organisations soulignent que "ce même moteur de recherche diffuse en intégralité, dans le cadre de son service Google Images, des centaines de millions d’images (peinture, photographie, sculpture, architecture…), sans respecter les droits de leurs auteurs."
Annoncé comme un accord "historique" par Google et comme un "événement mondial" par François Hollande, l'accord prévoit la création d'un fonds de 60 millions d'euros qui vise à faciliter "la transition vers le numérique" des titres français, mais ne résout pas le problème des images utilisées par le groupe américain. L’ADAGP et la SAIF souhaitent "que Google, pour toutes ces exploitations, doit partager de manière équitable la valeur générée par l’indexation et l’exploitation des images. Elles en appellent au gouvernement afin que les droits des auteurs d’images fixes ne soient pas oubliés."
En septembre dernier, Olivier Brillanceau, directeur général de la Saif, rappelait déjà dans une interview accordée à photographie.com que la "rémunération à l'intention des auteurs et des ayants-droit pour l'utilisation par Google des oeuvres protégées ne doit pas seulement concerner la presse et Google Actualités, mais également Google Images. (…) Accessible par tous et totalement gratuite pour l'internaute, Google Images est devenue une "banque mondiale d'images en ligne," ce qui a créé des difficultés pour l'ensemble du métier, et notamment pour les photographes. D'un côté, vous avez un opérateur qui capte la part majeure de la valeur de la chaîne, et de l'autre, un prix de l'image sur internet de plus en plus faible, puisque les internautes mais aussi les professionnels sont habitués à ne pas payer. Tout cela conduit à un déséquilibre économique qu'il convient de rétablir."
Roxana Traista
5/02/2013