L’émergence internationale des photographes africains doit beaucoup à l’action de collectionneurs passionnés. Ceux-ci étaient présent à Paris Photo sous les verrières du Grand-Palais.
Le cri du cœur d’Agnès B.

© Jean Depara
Passionnée des arts, Agnès B collectionne de nombreuses œuvres d’art et ouvre en 1984 la Galerie du jour à Paris. intimement liée à la photographie, cet espace accueille les images de Martin Parr, Jonas Mekas, ou, plus récemment, celles de Seydou Keïta ou Malick Sidibé. « J’ai une grande tendresse et une grande admiration pour l’Afrique, pour tout ce que l’Afrique nous apprend, nous montre, pour la diversité des pays, j’aime aussi beaucoup le Maghreb. Je ne connais pas du tout l’Afrique, je n’ai jamais eu le temps d’y rester. J’ai toujours eu l’impression que si j’y allait j’aurai du y rester très longtemps. Je la connais plus par la photo et par la musique. Je dis vive l’Afrique et c’est un cri du coeur. »
La collection d’Artur Walther

© Samuel Fosso
Mise à l’honneur par Paris Photo autour du « portrait photographique », elle a été constituée par le commissaire d’origine nigériane Okwui enwezor. il confronte trois générations d’artistes et de photographes africains ( Seydou Keïta, Santu Mofokeng, Samuel Fosso, Zanele Muholi, Malick Sidibé, GuyTillim...)à des photographes allemands d’August Sander à Berni Searle ou Berndet Hilla Becher! Artur Walther a commencé son oeuvre de collectionneur vers la fin des années 1990. en 2010, il ouvre sa collection au public avec l’inauguration de The Walther Collection, un site muséal composé de quatre bâtiments à Neu-ulm en Allemagne. Dédiée à la recherche, l’acquisition, l’exposition et la publication d’art photographique moderne et contemporain, la collection compte plus de 1 200 oeuvres venant de toutes les régions géographiques et couvrant la période qui va de la fin du 19e siècle à nos jours. The Walther Collection représente aujourd’hui l’une des plus importantes collections privées de photographie africaine et asiatique contemporaine.
La Fnac

© Seydou Keita
Elle a joué très tôt un rôle efficace dans la promotion des photographes africains. Laura Serani qui était directrice de la photographie à la fnac, se souvient du désert africain : « quand je suis arrivée à la fnac il n’y avait rien sur l’Afrique. J’ai commencé par acheter des photos de ceux qui aujourd’hui sont devenus les grands noms de la photographie africaine, c’est à dire Malik Sidibé, Seydou Keita qu’à l’époque le public occidental découvrait. J’ai continué par des plus jeunes rencontrés lors des premières éditions de Bamako. C’était Samuel fosso, Santu Mokofeng, Adama Kouyaté, tous des photographes que j’avais exposé à Paris ou ailleurs, et qui étaient venus en europe souvent pour la première fois comme Malik en 95 quand on avait fait l’exposition à la fnac. J’étais dans le sillon des premières éditions des rencontres de Bamako que j’avais soutenu avec beaucoup d’enthousiasme. »
André Magnin

© Malik Nejmi
Il fait également figure de précurseur. Commissaire adjoint des Magiciens de la Terre en 1989 il a été responsable pendant vingt ans de la collection Pigozzi (Contemporary African Art Collection), qu’il a enrichie de plus de 12.000 œuvres. Depuis un an, il a créé sa propre structure, Magnin.A. il défend «les artistes africains [qui] sont de très grands artistes, et les seuls qui soient encore accessibles. les chinois sont déjà très chers, mais les africains pas encore, car il n’y a pas de structures sur le continent, pas de musées, de collectionneurs, ou de galeries. C’est sans doute la raison pour laquelle ils n’ont pas une grande visibilité sur le marché international. »