Le photographe argentin Gustavo Jononovich remporte la bourse de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz

Sélectionné parmi un nombre record de 262 candidatures provenant des cinq continents, le photographe argentin Gustavo Jononovich a été désigné mardi lauréat du Prix de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz pour la photographie et le film documentaires. Doté de 5 000$, ce prix d’envergure internationale vise à financer un projet photographique socio-documentaire (English version below).

© Gustavo Jononovich

Initié en 2008, le projet de M. Jononovich intitulé Richland documente la surexploitation des ressources naturelles en Amérique Latine, et son impact négatif sur la santé humaine et sur l’environnement. Dans le cadre de son projet, le photographe argentin s'est rendu en Amazonie, au Brésil, où il s'est intéressé aux conséquences de la progression des cultures de soja ; au Peru (La Oroya), il a photographié les enfants souffrant de saturnisme ; au Venezuela, il s'est intéressé aux ravages de l'or illégal, et en Équateur, il a suivi les victimes des déchets toxiques déversés dans les forêts vierges du pays. La bourse de la fondation permettra à M. Jononovich de compléter ce projet en couvrant les impacts sociaux et environnementaux de la construction de barrages hydroélectriques dans la Patagonie argentine et chilienne. 

Né en Argentine en 1979, Gustavo Jononovich a commencé sa carrière de photographe en 2002. Pendant plusieurs années, il a travaillé en tant que photographe professionnel au sein de la presse argentine. Son travail a été publié dans plusieurs publications, dont : BURN Magazine, Newsweek Japon, PRIVATE Photo Review, PDFX12, Global Post, Bite and Lunatic Magazine. 

« Le nombre et la grande qualité des travaux qui nous ont été soumis cette année ont rendu le choix très difficile. Conscients de l'importance de la mission de la fondation, les membres du jury ont néanmoins réalisé cette tâche avec beaucoup d’enthousiasme », a déclaré Didier de Faÿs, Directeur de la Fondation. « Nous souhaitons féliciter Gustavo Jononovich pour l'impressionnant travail qu’il a déjà mené sur les conséquences de la surexploitation des ressources naturelles en Amérique latine ».

Le jury chargé de décerner le Prix 2012 de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz s’est réuni à la Maison Européenne de la Photographie, dans le cœur historique de Paris. Il a réuni deux photographes de renom international : le photojournaliste iranien Reza, et le photographe de guerre américain Stanley Greene. Ont fait également partie du jury :

•          Daphné Anglès – Europe Picture Coordinator, The New York Times, Paris

•          Irène Attinger – Responsable de la Bibliothèque à la Maison Européenne de la Photographie

•          Armelle Canitrot - Chef du Service photo de La Croix

•          Michel Mallard - Directeur Artistique du Festival International de Mode & de Photographie d’Hyères

•          Claudine Maugendre -  Directrice Artistique de la Nuit de l’Année, Rencontres d'Arles

•          Echo Duan Yuting -  Directrice Artistique du Festival International de la Photographie de Lianzhou, Chine

« M. Jononovich est un jeune photographe très prometteur, et la fondation est ravie de le soutenir dans la réalisation de son projet Richland », a déclaré Manuel Rivera-Ortiz, Fondateur et Président. « Son travail incarne les objectifs de la fondation, et témoigne des problèmes sociaux et environnementaux actuels en Amérique Latine ».

Début juillet, 12 finalistes ont été sélectionnés à Arles, France pour les projets suivants :

Marie Baronnet (France) : « Crossing the line », une enquête sur les problèmes socio-économiques liés à la migration clandestine entre le Mexique et les États-Unis ;

Stephen Dock (France) : « Être Touareg » pour dévoiler les multiples conséquences sociales découlant du conflit au nord du Mali sur une population étrangère aux intérêts et à l’idéologie des bandes armées ;

Maxim Dondyuk (Ukraine) : Pour poursuivre  un reportage sur les malades atteints de la tuberculose dans tous les pays de l’ancienne URSS ;

Laura El-Tantawy (Royaume-Uni) : « Dans l’ombre des pyramides » pour documenter l’identité égyptienne après la récente révolution ;

Christophe Gin (France) : « Aux portes de l’Eldorado » pour mettre en perspective l’immigration clandestine du Brésil en Guyane Française, le nouvel Eldorado Européen ;

Diego Ibarra (Espagne) : « Le fléau de la folie » pour démontrer les cicatrices invisibles de la guerre en Iraq ;

Samuel James (USA) : « Le delta du Niger » pour aborder la complexité des luttes pour le pouvoir, le pétrole et la terre dans le Delta du Niger au Nigeria, l’une des régions productrice de pétrole les plus polluées du monde ;

Gustavo Jononovich (Argentine) : « The Richland Project » pour documenter la sur-exploitation des ressources naturelles en Amérique Latine, et l’impact négatif sur la santé et l’environnement ;

Jérémie Jung & Virginie Terrasse (France) : « Tasiilaq, une adolescence à Kalaallit Nunaat » pour suivre le quotidien de deux adolescents Inuits au Groenland où le taux de suicides parmi les jeunes Inuits est très élevé;

Sebastian Liste (Espagne) : « Le Far-West brésilien » pour un projet multimédia visant à révéler l’origine de l’inégalité, de la violence au Brésil, tout en documentant les conflits sur la possession des terres ; 

Mário Macilau (Mozambique) : « La saillance de la rue » pour couvrir le destin des enfants des rues victimes des guerres et de l’exploitation dans plusieurs pays africains (Angola, Sierra Leone, Ghana, Kenya et Congo) ;

Antonio Pedrosa (Portugal) : pour un projet sur les effets de la crise économique et sociale affectant la communauté gitane Kalé au Portugal. 

La Fondation Manuel Rivera-Ortiz pour la photographie et le film documentaires est une organisation à but non lucratif visant à promouvoir le discours social positif à propos des communautés marginalisées du monde entier. Elle encourage les photographes émergents ou confirmés à maintenir leur regard fixé sur le sort des pauvres et des plus démunis dans les pays en voie de développement. Basée à New York, avec des bureaux à Paris et Zurich, la fondation est au service de la communauté photographique internationale à travers des expositions, des bourses et d'autres projets de conservation.

Créée en 2010, la Fondation Manuel Rivera-Ortiz vise à encourager une nouvelle génération de photographes - armés uniquement d’un appareil photo et d’une vision d'un monde meilleur -, à parcourir le monde et capturer l'humanité en mouvement. Pour plus d’informations sur la fondation, Gustavo Jononovich et les 12 finalistes, rendez-vous sur : www.mrofoundation.org.

 

 

Argentine Photographer Gustavo Jononovich Awarded Manuel Rivera-Ortiz Foundation Grant

Selected from a record breaking 262 worldwide submissions, The Manuel Rivera-Ortiz Foundation for Documentary Photography & Film announced today that Argentine photographer Gustavo Jononovich has been named the recipient of the Foundation’s 2012 Photography Grant, an international award to fund a social documentary photography project.

© Gustavo Jononovich

Initiated in 2008, Mr. Jononovich’s long-term project, Richland, exposes the ravages of over-exploitation of natural resources across Latin America and the lasting negative effects on the people and the environment. From the plight of Brazil’s Amazon population displaced by the expanding agricultural frontier to children suffering from lead poisoning near smelting operations in La Oroya, Peru, Mr. Jononovich’s submission followed miners of the illegal diamond and gold trade in Venezuela and captured the devastating impact of oil companies dumping toxic wastewater into Ecuador’s rainforest, revealing the toll on the indigenous people afflicted with high rates of cancer and birth defects. The Foundation’s grant will allow Mr. Jononovich to complete this project by covering the social and environmental impact of hydroelectric dam construction in the Patagonia region of Chile.

Gustavo Jononovich was born in Argentina in 1979. He began his studies in photography in 2002. In 2006, he started working as a professional photographer covering local news for the Argentine media. Since 2008, he has focused on long-term projects providing in-depth analysis on various topics. His first book will be based on his Richland work.

“The high volume and superior quality of submissions made for a challenging decision-making process. But jury members approached their task with enthusiasm and great interest, acknowledging the importance of the Foundation’s grant program,” said Didier de Faÿs, Foundation Director and Board of Trustees member. “In the end, we are pleased to acknowledge Gustavo Jononovich for the amazing collection of images already captured on the environmental and human ravages of over-exploitation of natural resources across Latin America.“ 

Judging took place at the Maison Européenne de la Photographie in the historic heart of Paris. Joining this year's international jury were two highly respected documentary photographers – renowned photojournalist Reza and conflict photographer Stanley Greene. Also joining Didier de Faÿs and Foundation President, Manuel Rivera-Ortiz, in the selection process was an esteemed panel of photography experts and critics including:

•          Daphné Anglès – Europe Picture Coordinator, The New York Times, Paris

•          Irène Attinger – Library Director of the Maison Européenne de la Photographie

•          Armelle Canitrot - Photography Critic for La Croix in Paris

•          Michel Mallard - Art Director of the International Festival of Fashion and Photography in Hyères

•          Claudine Maugendre - Art Director of la Nuit de l’Année, Rencontres d'Arles

•          Echo Duan Yuting - Art Director of the Lianzhou International Photo Festival in China

"Gustavo is a very promising young photographer, and the Foundation is thrilled to support him in the completion of the Richland project," said Manuel Rivera-Ortiz, Founder and President. “Gustavo’s work perfectly exemplifies the goals of the Foundation grant. It allows us to witness and reflect on current social and environmental issues in Latin America.”

Earlier this month in Arles, France, the following twelve projects were selected as finalists for the Paris round of judging:

Marie Baronnet (France): “Crossing the Line” to explore social and political issues around the clandestine crossing of the border separating the USA from Mexico;

Stephen Dock (France): “Being Touareg” to reveal the nomadic life of the Touareg in northern Mali, their traditions, and socio-economic difficulties;

Maxim Dondyuk (Ukraine): To document patients suffering from tuberculosis in the former countries of the USSR;

Laura El-Tantawy (United Kingdom): “In the Shadow of the Pyramids” to explore the essence of Egyptian identity in a time when Egypt is searching for itself;

Christophe Gin (France): “The Gateway of the Eldorado” to track the clandestine immigration from Brazil to French Guiana, the new European Eldorado;

Diego Ibarra (Spain): “The Curse of Insanity” to unveil the invisible wounds of war and the mental health crisis in Iraq;

Samuel James (USA): “Niger Delta” to provide an intimate and nuanced visual narrative of the ongoing struggle for power, land and oil in Nigeria’s Niger Delta, Africa’s largest and most polluted oil-producing region;

Gustavo Jononovich (Argentina): “Richland Project” to depict over-exploitation of natural resources in Latin America and the resulting long-term negative effects, both human and environmental;

Jérémie Jung & Virginie Terrasse (France): “Tasiilaq: An Adolesence in Kalaallit Nunaat” to follow two Inuit teenagers in Greenland in their daily lives while exploring the high suicidal rate of young Inuit;

Sebastian Liste (Spain): “The Brazilian Far West” to create a visual map of the origin of inequality and violence in Brazil documenting violent disputes over land;

Mário Macilau (Mozambique): “The Salience of Street” to cover the destiny of street children in various African countries (Angola, Sierra Leone, Ghana, Kenya and Congo) who work as domestic servants in homes, laboring behind walls of workshops, hidden from view in plantations;

Antonio Pedrosa (Portugal): To show the effects of the economic and social crisis on the Kalé gypsy community in Portugal

About the Foundation: The Manuel Rivera-Ortiz Foundation for Documentary Photography & Film is a 501(c)(3) Not-for-Profit Organization committed to positive social discourse in underrepresented communities throughout the world by encouraging emerging and established photographers working in developing nations to keep their lenses fixed on the plight of the poor and disenfranchised. Headquartered in New York, with a presence in Paris and Zurich, the Foundation is a charitable trust serving the international photographic community through exhibitions, grants, and other curatorial projects.

Established in 2010, the Foundation aims to encourage a new generation of photographers, armed with only a camera and a vision of a better world, to take to the streets every day and document humanity on the move. For additional information on the Foundation, on Gustavo Jononovich and on the twelve finalists, please visit www.mrofoundation.org.