Je suis très inquiet quant à mon activité de photographe ! J'ai connu des temps bien meilleurs, bien plus solidaires. Aujourd'hui le numérique et les mentalités ont fait évoluer ce métier très négativement. Les jeunes, qui entrent sur le marché, ont peu de chances d'en vivre correctement. À cause de nous ! Nous avons laissé aller les choses trop loin avec l'acceptation des tarifs au rabais, des correspondants qui "travaillent" pour rien et qui torpillent le concept même du métier de photographe. Nous avons, nous-même, scié la branche sur laquelle nous étions assis, déjà très inconfortablement. Mon chiffre, si l'on peut parler de chiffre, est au ras des paquerettes et si je devais payer un loyer et avoir encore ma fille à la maison, je serai sans doute SDF ou pourri de dettes, ou encore les deux.
Je ne change pourtant (presque) rien à mon activité multimédia. Je reste photographe, mais je suis devenu éditeur et j'édite mes propres travaux (livres illustrés avec mes archives sur des thèmes précis).
Pour terminer, je suis heureux de voir qu'il y a encore des gens, comme vous, qui tentent de redonner de l'espoir à ceux dont le moral est un peu dans les chaussettes et qui ont décidé de se battre. Moi, à mon niveau, ici en Alsace, j'ai un peu de mal. Les confrères ne sont pas très coopératifs, c'est un doux euphémisme et la tendance est de piquer le client au collègue, quitte à baisser, dans un premier temps, les prix ... le reste vient peu après hélas et toute la profession en paye les conséquences, du moins ici.
Pierre Dolivet / Mulhouse, photographe