Le Comité Exécutif du Prix HSBC pour la Photographie a tranché : Cerise Doucède et Noémie Goudal sont les deux lauréates de l’édition 2013, sélectionnées parmi les dix nominés proposés par Emmanuelle de l’Ecotais, conseillère artistique. Depuis 1995, ce prix soutient la photographie contemporaine et permet à ses lauréats de publier leur première monographie aux éditions Actes Sud.

(c) Cerise Doucède
Pour cette édition 2013 du Prix HSBC pour la photographie, c'est l'historienne de l'art Emmanuelle de l’Ecotais qui a eu la lourde tâche d'examiner les plus de 780 dossiers reçus (contre 500 l'année dernière), et de sélectionner les dix finalistes du prix. "L’examen de l’ensemble des dossiers reçus cette année a permis de noter l’intérêt toujours aussi vivace des photographes pour les genres classiques du portrait, du paysage ou de la nature morte," a déclaré Emmanuelle de l’Ecotais dans un communiqué de presse. "Par ailleurs, l’impact de la technique est de plus en plus significatif, avec par exemple le développement de Photoshop, qui permet de prolonger le questionnement de la représentation du réel, caractéristique du médium dès ses origines. On remarque d’autre part la recrudescence des travaux mêlant installation et photographie, et qui rend plus évident encore le mélange des genres propre à l’art contemporain. Enfin, la poésie, le merveilleux, l’enfance, la mémoire et l’intime sont également des thèmes récurrents dans la photographie “plasticienne”, tout comme les réalités sociales, les catastrophes naturelles et les guerres le sont dans le domaine documentaire."

(c) Cerise Doucède
Particulièrement représentatifs des tendances actuelles en matière de photographie, les travaux de Cerise Doucède et Noémie Goudal, les deux lauréates 2013 du prix HSBC, se sont imposés par leur force et par leur cohérence artistique. La première a réalisé une oeuvre basée sur l'installation et le portrait, créant des "environnements qui foisonnent d’objets suspendus dans l’espace, comme autant de pensées virevoltantes, propres à exprimer une part de la personnalité de chacun", comme le précise Emmanuelle de l’Ecotais. L'artiste née à Toulon en 1987 donne ainsi sa vision de l'être humain, vu par le prisme des petits objets qui l'entourent et des moments ordinaires de la vie.

(c) Noémie Goudal
Noémie Goudal (née à Paris en 1984) utilise quant à elle l'art de l'installation pour transformer "grottes, usines désaffectées, forêts et mer sans fin, en scènes de théâtre étranges, où tout peut se jouer, y compris les scènes les plus absurdes," affirme la conseillère artistique. "Elle crée des fenêtres morcelées qui ouvrent sur un extérieur qui apparaît dès lors comme fabriqué et fragile, susceptible de disparaître au moindre souffle du vent." Onirique et inquiétant, l'univers de la photographe nous invite à réfléchir à notre rapport à la nature, et à imaginer l'avenir.
Les oeuvres des deux artistes lauréates feront l'objet d'une monographie publiée aux éditions Actes Sud, et d'une exposition itinérante dans quatre lieux culturels. L'exposition débutera cette année à la Galerie Seine 51 à Paris le 16 mai 2013.
Roxana Traista
14/02/2013

(c) Noémie Goudal