Tomas van Houtryve : « La pérennité du crowdfunding dépend de la qualité des projets proposés »

Interview

Photographe belge membre de l’agence VII Photo, Tomas van Houtryve fait partie des photographes qui ont fait appel aux plateformes de crowdfunding pour le financement de leurs reportages. Après un premier succès sur emphas.is avec son projet 21st Century Communism : Laos, il s’exprime ici sur les difficultés du système et sur l’avenir de son métier.    

 © Tomas van Houtryve

 

Photographie.com : Pourquoi avez-vous décidé d'utiliser emphas.is pour financer votre projet ?

Il y a beaucoup de sites de crowdfunding sur internet, mais je pense qu'Emphas.is prend en compte le mieux les besoins spécifiques des photojournalistes. Karim Ben Khelifa et Tina Ahrens ont réussi à créer un système qui leur donne de la crédibilité (grâce à leur commission d'experts), et qui permet au public d'avoir une relation forte avec les photojournalistes (grâce à l'étape making-of).

Photographie.com : A-t-il été très difficile d'obtenir le financement ? Connaissez-vous vos « supporters » ?

Obtenir du financement pour mon premier projet a été très difficile, parce que c'était une sorte de test. Je me rappelle que j'étais très enthousiasmé, mais que j'ai dû faire beaucoup de recherches pour que l’opération soit un succès. J'ai essayé de rendre ma présentation aussi claire que possible, et je l'ai montrée ensuite à mes proches pour avoir leur avis. Je connaissais bien les premières personnes qui ont financé mon projet, mais à la fin l'argent venait des personnes que je n'avais jamais rencontrées.  

Photographie.com : Le crowdfunding fait-il partie de l'avenir du photojournalisme ?

Je suis maintenant en train de chercher du financement pour un deuxième projet sur emphas.is, donc je pense que le crowdfunding reste une manière importante de soutenir des projets photo. Pour que le système persiste, chaque photographe doit gagner la confiance du public, et lui offrir des projets de qualité. Le concept est basé sur ces deux éléments, et je pense que sa pérennité en dépend. 

Propos recueillis par Roxana Traista.

Pour plus d’informations sur Tomas van Houtryve, rendez-vous sur http://www.tomasvanhoutryve.com/