Porter un regard sur plus d'un an de VU’ Workshop, c'est naturellement se retourner sur un passé tout récent. Qu'est ce qu'on y trouve ? Le plaisir de voir chaque fois un enseignement différent approcher des publics nouveaux. Avec quelques constantes fortes : le format dense d'un long week-end, un programme composé à parts égales de prises de vue, lectures et analyses critiques des travaux des participants, le tout dispensé en petits groupes avec pour épicentre l'hôtel Paul Delaroche, siège de l'agence et la galerie VU'.

Clôture du VU' Workshop de JC Bourcat , avril 2011© S. Pennec
Quoi d'autre encore ? Le plus simple est de citer les intitulés des premiers VU' Workshops à la manière d'un cadavre exquis : "Portrait environnemental" ; "Aller de l'avant" ; "In situ" ; "Huis clos". Chaque proposition de workshop appelle le stage suivant. Alors de tout cela, que reste-t-il ?
De Vanessa Winship, beaucoup. Avec "Environmental Portrait", workshop qu'elle donne à la suite de son exposition à la galerie VU', elle a codifié une constante de ces stages : proposer à parts égales lectures des travaux et prises de vues.
De JC Bourcart et "Aller de l'avant", beaucoup également. Il est le premier qui s'est emparé de l'ensemble de l'Hôtel Paul Delaroche, de la galerie aux combles du bâtiment, pour y organiser des performances avec les participants tour à tour photographes et modèles. Très vite, on réalise la différence radicale de point de vue de part et d'autre de l'appareil photo.
Françoise Huguier (alors en pleine organisation de Photoquai, une exposition en extérieur de jeunes photographes venant des quatre continents), a proposé un contrepoint total, "Huis clos", et a enfermé un temps les participants de son stage dans la galerie VU'. Un exercice qui s'avère passionnant et riche en propositions photographiques.

VU' Workshop de Serge Picard, mars 2012 © Anne-Lore Mesnage
L'hôtel particulier Paul Delaroche, personnage central du week-end, est au coeur du développement de ces workshops, parce qu'ils sont souvent en lien avec la programmation de la galerie VU' et tout simplement aussi parce qu'on travaille bien dans ce lieu extraordinairement calme (salle de projection, galerie, bibliothèque, jardin). Une centralité géographique qui permet de s'emparer d'événements parisiens : Claudine Doury fut le premier maître de stage à mêler le thème de son workshop intitulé "Autofiction" à une actualité cultuelle parisienne, "Les Nuits Blanches". Souvenir d'un participant talentueux, si absorbé par ses prises de vue d'une installation d'artiste, qu'il ne réalisa pas l'arrivée puis la présence du maire de Paris à ses côtés pendant une dizaine de minutes. Pas plus son départ.

VU' Workshop de Serge Picard, mars 2012 © Anne-Lore Mesnage
Alors aujourd'hui, de A pour Ackerman à W pour Winship, on garde tout de ce qui a déjà été fait et l'on ne s'interdit pas de développer de nouveaux champs photographiques : "image fixe contre image animée", un workshop à venir de Philippe Brault, cohabitera avec la classique thématique du "portrait", tout prochain workshop de Denis Dailleux en avril, ou encore "Livres de photographie" un stage que Nicolas Comment propose en mai à l'occasion de la publication de son livre "Mexico City Waltz" de son exposition éponyme à la Galerie VU'.
Une somme de projets individuels qui portent en eux l'addition des expériences précédentes : la marque de l'identité de VU' qui cultive la singularité de ses auteurs et la conscience d'une continuité entre tous.
Thomas Doubliez