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••• EPISODE 4 •••


Pendant tout l’été, suivez le Festival des Rencontres d’Arles avec SFR Jeunes Talents et le magazine Photographie.com !
Chaque semaine, nous vous révèlerons une anecdote et l’actualité des Rencontres Photo d’Arles dans les colonnes du magazine Photographie.com (Page spéciale Rencontres d’Arles)
À partir du 10 juillet jusqu’au 02 septembre, tentez votre chance pour essayer de gagner toutes les semaines une photographie, signée et numérotée, des artistes lauréats SFR Jeunes Talents Marc Montmeat et Nicola Lo Calzo exposés à Arles cet été et parrainés par le célèbre photoreporter Reza.

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NOS ÉTÉS D'ARLES
40 FÊTES DE PHOTOGRAPHIE
- ÉPISODE 4


Robert Doisneau et Yvette Troispoux, Rencontres Arles 1986 © Patrice Bouvier


Vingt-deux ans après la projection de son film sur l’agence Rapho, berceau des photographes humanistes, Frédéric Mitterrand, est de retour à Arles pour les Rencontres de la Photographie, mais cette fois-ci en tant que ministre de la Culture et de la Communication. Venu pour annoncer le grand Centre Patrimonial de la Photographie à Arles, il retrouve une ville qui tout l’été vibrera avec plus de 80 expositions qui parcourent la ville camarguaise. Une fête de l’image qui célèbre avec faste les quarante années du plus beau festival du monde où le regard humaniste n’a pas disparu. On suit sa trace avec les invités de Robert Delpire, la rétrospective de Willy Ronis; il résonne encore dans les expos de Raed Bawayah, de Rimaldas Viksraitis ou les références de Jacob Aue Sobol.


"Je fais votre histoire" par Chantal Soler,
ex-Directrice adjointe de l’agence Rapho
et Directrice de production du service culturel d’Eyedea


Je suis allée pour la première fois aux Rencontres d’Arles en 1986, quand François Hébel en a pris la direction. Je le connaissais bien, nous avions fait ensemble toutes les expositions de Doisneau quand il dirigeait les galeries de la FNAC. Cette année-là, les Rencontres avaient consacré une soirée aux 10 ans de Contact Press Images. Rien n’avait jamais été fait pour Rapho et je trouvais que l’agence ferait aussi un beau sujet de soirée. François était d’accord, mais il voulait une idée originale. Le nom de Frédéric Mitterrand qui produisait à ce moment-là son émission "Etoiles et toiles" s’est imposé comme une évidence. J’ai contacté son agent, Sylvie Grumbach, du Deuxième Bureau. Elle savait qu’il aimait la photo. Avec François Hébel, nous avons rencontré Frédéric Mitterrand. J’ai parlé de Rapho et de Doisneau, François Hébel a parlé des Rencontres. Frédéric Mitterrand s’est levé : " C’est un gros pari, ça m’intéresse, je fais votre histoire !
On s’est retrouvé deux semaines plus tard chez Rapho avec Raymond Grosset dont j’étais l’adjointe. Raymond Grosset a raconté d’un trait toute l’histoire de Rapho. Frédéric Mitterrand était occupé le jour et ne pouvait travailler que la nuit. Nous lui avons fait faire une clef, il avait toute l’agence pour lui. Pendant six mois, plusieurs fois par semaine, on est venu ouvrir les boîtes de 9 heures du soir à 2 ou 3 heures du matin. Après quoi, je lui ai organisé des rendez-vous avec les photographes, Janine Niepce, Sabine Weiss, Willy Ronis, Edouard Boubat. Curieusement, il avait gardé Doisneau pour la fin, mais ils n’ont pu se rencontrer qu’à Arles. Je cherchais encore un partenaire financier, nous n’avions encore aucun moyen. Frédéric Mitterrand m’a dit Chantal, on avance, on verra l’argent après. Et nous l’avons obtenu avec l’implication du Crédit Foncier et de Pierre Gassmann qui nous a offert tous les tirages. Frédéric Mitterrand avait confié la réalisation à Patrick Jeudy.


Fréréric Mitterrand dans la salle de projection de l’Amphithéatre lors de la soirée consacrée à son film « Rapho, histoire d’une famille » réalisé par Patrick Jeudy. Arles 1987. Photo Graf

Le film qui s’appelait "Rapho, histoire d’une famille" a été achevé l’avant-veille de sa projection à Arles, en juillet 1987. Je l’ai découvert à la Mairie d’Arles en le visionnant avec Françoise Ayxendri, qui devait faire son papier pour Le Matin de Paris. Toutes les deux nous avons reçu un choc. Le film est intégralement en banc-titre, Frédéric Mitterrand à travers 600 photographies racontait une histoire qui pouvait être la sienne liée à celle de l’histoire du monde des années ’40 à 80. Au théâtre antique, il a reçu une ovation. Nous étions 150, photographes, membres de l’agence autour de Raymond Grosset et tout le monde a été appelé sur la scène. À partir de cet événement, on ne regardait plus Rapho de la même façon. Le lendemain, à la conférence de presse qui avait lieu dans l’amphithéâtre de l’Ecole nationale de la photographie, un photographe essayé d’embarrasser Frédéric Mitterrand, par une question obscure, mal formulée. Jean-François Leroy qui était alors rédacteur en chef de Photo Magazine s’est levé pour dire à Frédéric Mitterrand " Ce monsieur essaie de vous demander pourquoi, au lieu de faire long et chiant, vous avez fait court et bien ". Après vingt ans, à Arles, on nous parle encore de ce film ! Actes Sud avait édité un livre, "Tous désirs confondus", qui était le texte écrit par Frédéric Mitterrand, et qui est réédité cette année. Pour la projection, il était prévu que le cinéaste Frédéric Mitterrand puisse descendre, mais c’était avant sa nomination. Il est venu comme ministre de la culture !

Propos recueillis par Hervé Le Goff


Cette photo d’Ergy Landau a beaucoup inspiré Frédéric Mitterrand lors de la création du film sur l’agence Rapho. Elle évoque toutes les facettes de la féminité. © Ergy Landau, Rapho-Eyedea


L’exposition Rimaldas Viksraitis
Viksraitis est un photographe lituanien qui travaille dans et autour de son village, photographiant un mode de vie qui tend à disparaître. Un univers où tous les dysfonctionnements, alimentés par une consommation importante d’alcool fait à la maison, deviennent, du fait de l’euphorie générale, des qualités. Il se rend aux fêtes, boit et discute avec ses sujets. (…) Les images qui en résultent sont à la fois légèrement folles et délicieusement surréalistes. Elles sont également séduisantes : si je parlais le lituanien, j’adorerais me joindre à la fête. Mais grâce à Rimaldas Viksraitis, nous sommes au premier rang pour assister à l’émotion, à l’enivrement et à la folie qui s’ensuit. Martin Parr
Exposition du mardi 07 juillet au dimanche 13 septembre 2009 à la Grande Halle des Ateliers SNCF

L’exposition Raed Bawayah
Raed Bawayah s’est glissé dans la vie quotidienne des tziganes et des gitans, dans ces communautés très soudées entre elles et trop souvent ignorées voire rejetées dans des espaces incertains, repliées sur elles- mêmes et sur leur culture. La roulotte demeure encore trop souvent le symbole de leur propre enfermement, celui qui les protège toutefois, avant de reprendre le chemin du voyage. En quelques images rigoureusement construites, Raed souligne cette tendresse qui unit les membres du clan, la fierté devant leurs traditions, et la mélancolie du départ vers un autre ailleurs. Avec une grande délicatesse, une compassion et une pudeur évidentes, Raed Bawayah dépeint avec subtilité ce quotidien qui lui est si proche et la situation des communautés ou des peuples qui n’ont d’autre choix que de subir leur enfermement.
Extrait du texte d'Agnès de Gouvion Saint-Cyr
Exposition du mardi 07 juillet au dimanche 13 septembre 2009 à la Grande Halle des Ateliers SNCF

L’exposition Jacob Aue Sobol
"J’ai débarqué pour la première fois à Tokyo au printemps 2006. (…) Cherchant désespérément le moyen de rompre ma sensation d’isolement et de solitude, je me suis mis à promener mon appareil photo de poche dans les rues et les parcs. (…) Mes photos sont nées au gré de rencontres fortuites, sans autre guide que ma curiosité, mon humeur du jour et mon sentiment de la ville à mesure que je la découvrais. Autant que possible, j’ai travaillé à l’instinct. Prendre des photos a quelque chose d’un jeu improvisé. Il me semble que plus une photo est spontanée et irréfléchie, plus elle devient vivante, et plus elle passe de l’ordre du montrer à celui de l’exister. "
Exposition du mardi 07 juillet au dimanche 13 septembre 2009 au Magasin Électrique, Parc des Ateliers SNCF





... Retrouvez l'exposition "Marilyn & I"...


Frédéric Mitterrand interprète "Le voleur de bicyclette" lors de sa visite aux Rencontres d’Arles ! Ateliers SNCF © Didier de Faÿs


L’exposition Yury Troptsof : Marilyn & I
Le photographe russe Yury Troptsof fait revivre les souvenirs à sa manière. Son travail Marilyn and I, une œuvre sur le rapport de l’humain à sa propre identité et la permanence des mythes, est un hommage aux admirateurs de Marilyn Monroe. « Le projet Marilyn and I a commencé en 2005, quand un ami collectionneur a acheté aux enchères à Los Angeles une robe authentique de la garde-robe personnelle de Marilyn Monroe. Cette robe en vichy bleu du début des années 1950 évoque tout de suite, par sa forme, l’image universelle de Marilyn qui appartient à notre imaginaire collectif. En commençant mon projet, les questions que je me suis posées étaient « Pourquoi Marilyn, plus de 40 ans après sa mort, fascine-t-elle et intéresse-t-elle toujours autant de gens ? Par quel type de relation ses admirateurs se sont-ils liés à son image ? Pour essayer de répondre à ces questions, j’ai fait appel à ceux qui aiment Marilyn profondément, à ceux pour qui Marilyn représente quelque chose de plus important qu’une célèbre actrice d’Hollywood. Pour ces personnes qui sont devenues mes modèles, la rencontre avec une robe qui à touché le corps de leur idole a provoqué beaucoup d’émotions que j’ai essayé de capter avec mon appareil. C’était le moment où le réel rencontrait l’imaginaire car pour la plupart de mes modèles Marilyn n’existait que sur l’écran de cinéma ou de télévision, dans les livres et, surtout, dans leur imaginaire »
Des personnalités (Frédéric Mitterrand, Patrick Poivre d’Arvor…) mais aussi des inconnus ont posé pour Yury Toroptsov avec la robe de Marilyn…
Exposition du mardi 07 juillet 2009 au dimanche 30 août Galerie SFR Jeunes Talents 35 ter rue du Docteur Fanton, Arles