NOS ÉTÉS D'ARLES
40 FÊTES DE PHOTOGRAPHIE
- ÉPISODE 7

Exposition de Peter Lindbergh, Eglise des Frères Prêcheurs 2008
ÉTAT DES LIEUX D'ARLES
À Arles, il semble que la photographie soit d’essence éminemment divine. On l’accroche dans des églises, des chapelles, monastères, un couvent et même le palais de l’archevêché. Poursuivant ainsi le parcours de la foi arlésienne, la culture photographique incarnerait-elle le culte dominant du XXI ème siècle ? En tous cas l’image fixe qui exige la contemplation et le recueillement, a investi les lieux de culte avec les Rencontres d’Arles. Il fallait à Lucien Clergue et ses amis Tournier et Rouquette avoir une sacrée foi pour imaginer il y a 40 ans que les photographes du monde entier puissent se rencontrer en Camargue. La première année raconte l’académicien, les Rencontres étaient prévues dans la cour de l’archevêché. Mais les photographes Jean-Claude Gautrand et Jean-Pierre Sudre craignant que personne ne vienne au premier rendez-vous, estimaient le lieu trop grand, Clergue s’est rabattu sur la salle des mariages qu’il a obtenu de la mairie, et qui est immédiatement devenue trop petite… Avec plusieurs centaines de photographes, nous y mourrions de chaleur, se souvient-il.
Puis, peu à peu, toute la ville était conquise par la photographie que l’on retrouve dans d’anciens cinémas ou des succursales de banques. Pour trouver de nouveaux lieux toujours plus étonnant, il fallait aussi les visions de François Hébel qui dès 1986 avait investi une friche industrielle composée d’ateliers abandonnés par la SNCF. Ceux-ci sont devenu aujourd’hui un ensemble de lieux essentiels au Rencontres de la Photographie.

François Hébel & Robert Doisneau © Patrice Bouvier, 1986
LE VISIONNAIRE
Après avoir assisté, puis succédé à Gil Mijangos à la direction des galeries photos de la Fnac, François Hébel est nommé directeur des Rencontres Internationales de la Photographie (les RIP) en 1986 et 87. Bouillant d’énergie, il veut investir toute la ville d’Arles avec la photographie. Les quais du Rhône sont mis à contribution. Puis à la recherche de lieux encore plus vaste qui pourraient accueillir les expositions, il découvre au sud de la ville une vaste friche industrielle abandonnée par la SNCF. Ce sont des anciens magasins et ateliers destinés à l’entretien du matériel ferroviaire. Cherchant les moyens de réhabiliter ces lieux, il parvient à convaincre Raymond H. DeMoulin, le Vice-Président d’Eastman Kodak à s’associer aux RIP d’Arles. Le projet du futur Pôle des Ateliers ne faisait que démarrer ! En attendant ce visionnaire de la photographie aura bel et bien assuré l’avenir des Rencontres et de la Photographie.

François Hebel aux Ateliers, 2003 © Harry Gruyaert

Atelier des Forges 1986 © Patrice Bouvier
GEHRY OR NOT GEHRY ?
La mécène et collectionneuse Maÿa Hoffman a imaginé avec la Fondation Luma qu’elle dirige, un nouvel avenir au Parc des Ateliers. Elle a posé les premières pierres d’un projet culturel et technologique qui intègrerait à la fois le Festival d’Arles, l’École Nationale Supérieure de la Photographie, Actes Sud, etc. déplaçant carrément le centre de gravité culturel de la ville vers le jardin des Alyscamps, l’une des plus belles nécropoles chrétiennes qui entouraient la ville entre le IIIe et le XIIe siècle. Maÿa Hoffman qui propose l’architecte américano-canadien Frank Gehry pour ce projet, assure qu’il sera largement ouvert à la photographie pendant l’été et rappelle qu’entre "la ville d’Arles et la photographie, c’est une histoire d’amour". De retour aux Rencontres photographiques d’Arles 22 ans après la projection de son film sur l’agence Rapho, Frédéric Mitterrand a confirmé sa volonté de créer "le grand Centre Patrimonial de la Photographie à Arles" ajoutant que la ville d’Arles à vocation de devenir une référence véritablement mondiale pour la Photographie. Mais avec quel architecte, la question reste posée car le ministre de la culture et de la communication observe que les bâtiments industriels des Ateliers sont magnifiques et devraient être préservés.

Présentation de la Fondation Luma, Arles 2008 Hervé Schiavetti (Maire d’Arles), Christine Albanel (ancienne ministre de la culture), Frank Gehry (architecte) et Maÿa Hoffman
UNE HISTOIRE DE RENCONTRE
Place du Forum, François Hébel, le Directeur des Rencontres d’Arles, nous raconte comment en 1986, lui jeune fou de photographie et l’archéologue Jean-Maurice Rouquette, ont réussi avec à convaincre Raymond H. DeMoulin, le Vice-Président d’Eastman Kodak de s’associer aux Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles afin de monter des installations photographiques dans la friche industrielle des anciens Ateliers libérés par la SNCF.
>>> Visualisez la vidéo cliquant-ici <<<
|